Bruno Massot et Daria Popova rêvent de Jeux Olympiques

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Les Masters de patinage artistique, qui donnent le coup d'envoi de la saison en France et constituent une étape majeure du calendrier, ont débuté ce jeudi matin à Orléans. Parmi les participants, qui représentent l'élite nationale de la glace, figure le couple caennais composé de Bruno Massot et Daria Popova. Pour leur première compétition officielle, le Français et la Russe visent la médaille d'or. En toile de fond : les Jeux Olympiques.



Le patinage en couple ressemble au parent pauvre du patinage artistique français. Il suffit de voir le nombre de paires exerçant au haut niveau pour s'en faire une idée : il y en a trois aux Masters d'Orléans. Difficile, face à une telle pénurie, de trouver le bon partenaire. Bruno Massot s'est retrouvé seul quand sa collaboration avec Anne-Laure Letscher a pris fin, en février 2011. Son chemin a alors croisé celui de Daria Popova, jeune Russe de quatre ans sa cadette. « Elle cherchait un partenaire depuis longtemps et m'avait contacté il y a un an. Après ma séparation avec Anne-Laure, je lui ai envoyé un message. La semaine suivante, elle était à Caen pour faire un essai. » Le test se révéla concluant. Daria Popova quitta l'Allemagne, où elle s'entraînait sous les ordres du maître mondial du couple, pour débarquer dans la capitale bas-normande. « Caen, c'est petit mais je m'y plais bien, dit-elle. La Russie ne me manque pas vraiment, ma famille davantage, mais elle vit en Espagne. »


La Moscovite a donné un nouveau tournant à sa jeune carrière l'hiver dernier. Partie tôt de son pays, pour les Etats-Unis, où elle a débuté le couple en 2009, puis pour l'Allemagne, où elle se classa troisième du championnat junior en individuel, elle peut déjà se prévaloir d'une certaine expérience à l'échelle internationale. Cette jolie brune au sourire facile mais au caractère bien trempé a l'habitude de voyager et de concourir. « Elle peut être une très bonne compétitrice, estime son partenaire. Elle bosse énormément à l'entraînement. » À Orléans, Daria dispute cependant sa première compétition en couple, elle qui a dû, auparavant, se contenter de galas avec Bruno Massot. « Je suis un peu stressée, c'est normal, confiait-elle mardi à la sortie de l'entraînement. Mais quand on est sur la glace et que la musique commence, on oublie tout. »


« Sotchi 2014 dans notre tête à chaque entraînement »


Daria Popova est prête à en découdre, « ready to fight » dit-elle en souriant. Bruno Massot partage le même enthousiasme. « Je suis impatient de faire nos preuves, de montrer ce qu'on sait faire, confie-t-il. On a vraiment bien travaillé. » Trois fois champion de France junior, plusieurs fois deuxième dans la catégorie sénior, présent à deux championnats du Monde, le Caennais de 22 ans est une référence dans le couple français. Il consacre pas loin de 30 heures par semaine à sa passion (sans être rémunéré), à côté du Brevet d'Etat qu'il prépare. Si des incompatibilités de caractère l'ont empêché d'aller plus loin avec ses précédentes partenaires, il nourrit des projets au long court avec Daria. « Pour faire un bon couple, il ne faut pas seulement deux bons patineurs. Il faut qu'ils s'accordent. Daria et moi, on va bien ensemble. Je sens que c'est la bonne. Dès le premier entraînement ça marchait très bien. »


Dans un premier temps, l'objectif est de remporter ces Masters d'Orléans, où toute la crème du patinage français est représentée. C'est cette première compétition qui donne le ton de la saison à venir. Mais le couple franco-russe a d'autres idées en tête. « Mon objectif a toujours été les Jeux Olympiques, avance l'élève de Jean-François Ballester, son entraîneur de toujours à Caen. C'est le rêve. Par rapport à notre âge, on peut espérer participer à deux olympiades : la première pour découvrir, la deuxième pour se classer. Sotchi 2014, c'est l'objectif qu'on a dans la tête à chacun de nos entraînements. »


Pour l'heure, le chemin à parcourir reste conséquent, pas seulement sur la glace puisque Daria Popova, qui comprend le français mais ne le parle pas, doit acquérir la nationalité allemande avant de devenir française. « Ça peut aller très vite », indique Bruno Massot. L'histoire est en marche, elle peut être belle.


* Anne-Laure Letscher participe également aux Masters avec un Russe, Artem Patlasov. Eux aussi s'entraînent à Caen.




Le patinage en couple, qu'il ne faut pas confondre avec la danse sur glace, est sans doute la discipline la plus exigeante du patinage artistique. C'est sans doute pour cela qu'il y a si peu d'adeptes en France. « Beaucoup ont peur, ils trouvent ça trop difficile, explique Bruno Massot. On manque un peu de couples. » Les femmes, généralement petite et menues, peinent à trouver un partenaire masculin. « L'homme doit être fort et technique », expose Bruno Massot.

Le patinage artistique en couple ou le patinage artistique en individuel sont deux choses bien différentes. « Ce ne sont pas du tout les mêmes efforts. Il y a beaucoup plus de choses à travailler. Sur les portés, on doit faire attention à énormément de choses. C'est très fatiguant au niveau mental. Au-delà du sportif, le couple demande d'abord une confiance totale l'un en l'autre car la moindre chose de travers et c'est l'accident, qui peut être grave. La gestion du stress est différente, on la gère à deux. Je suis là pour rassurer, accompagner. Il y a des couples qui ne s'entendent pas, ce n'est pas bon. »

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