Bathilde Diligeon à cheval entre rugby et équitation

30 novembre 2017 Ecrit par 

Cavalière de longue date, Bathilde Diligeon est aussi rugbywoman depuis un peu plus de trois ans. La joueuse de l'Ovalie Caennaise alterne les deux activités avec un sens de l'organisation parfois aigu. Spécialiste du hunter, discipline où le saut d'obstacle va de pair avec une notation, elle s'est découvert une autre passion pour le ballon ovale.

 

Bathilde Diligeon n'a pas peur des grands écarts. Issue d'une lignée de cavaliers, « mise à cheval dès [sa] naissance », la jeune femme de 26 ans n'a eu de cesse de consacrer une bonne partie de son temps libre à sa passion première. Avec sa fidèle monture Jerk, plus connue sous le surnom de Jojo, Bathilde Diligeon a très tôt sillonné les CSO (sauts d’obstacles), concours complets puis hunter, discipline qui « consiste à enchaîner un parcours d’obstacles avec la plus grande harmonie possible », selon la description qui en est faite sur le site de la Fédération française d'équitation. Cette ingénieure en agriculture, fraîchement diplômée, a même choisi de poursuivre son cursus professionnel dans le milieu équin. Pourtant, il y a trois ans, la rencontre avec un ballon ovale allait chambouler pas mal de choses.

 

En 2014, Bathilde Diligeon est étudiante à l'École supérieure de l'agriculture, basée à Angers. Plutôt sportive de nature, cette parisienne de naissance arrivée enfant en Normandie se laisse convaincre par une amie de la rejoindre au rugby, « puisqu'on n'avait plus de terrain pour faire du hand ». L'essai est rapidement transformé. L'ESA constitue une équipe et profite d'une succession de forfaits pour atterrir, un peu par hasard, en finale régionale. « On a perdu le seul match qu'on a joué, c'était assez marrant de se retrouver en finale. Mais autant dire qu'on s'est fait exploser lors de la finale. » Qu'importe, une petite graine est plantée. De retour chez elle près de Caen pour une demi-année sabbatique, Bathilde Diligeon est bien décidée à poursuivre ses efforts. Elle prend une licence à l'Ovalie Caennaise. « J'avais aussi peur de m'ennuyer puisque je n'avais cours que de février à mai. Je pensais arrêter le rugby en février quand je retournerais à Angers. » Seulement, les résultats l'incitent à revoir ses plans. L'équipe B de l'Ovalie se qualifie jusqu'en phases finales du championnat de France. Bathilde Diligeon, à nouveau, ne se voit pas arrêter en si bon chemin.

 

 

« Le calendrier se goupille super bien »

 

En janvier 2016, après six mois passés en Argentine – « j'ai retrouvé une équipe de rugby là-bas », la cavalière est intégrée à l'équipe première de l'Ovalie Caennaise. Toujours à Angers la semaine, elle part plus tôt le vendredi soir pour participer au dernier entraînement collectif à Caen. Le reste du temps, c'est à l'école qu'elle s'exerce. « C'était galère, se souvient-elle. C'était ma première expérience à XV et je n'avais au final qu'une année de rugby dans les pattes. Il m'a fallu beaucoup de volonté et d'envie pour m'accrocher. » Bathilde Diligeon a vu son abnégation récompensée par un rôle de plus en plus important dans le collectif caennais, en Top 8 d'abord puis dans la division inférieure suite à la relégation du club au printemps dernier. Le rugby, un vrai coup de cœur. « Le jeu m'a beaucoup plu. En cheval, il faut toujours être dans la maîtrise de soi, la concentration, la minutie. Au rugby, on peut être beaucoup plus bourrin. Moi, je suis assez sanguine et énergique, ça fait du bien de temps en temps de pouvoir s'exprimer. Et à l'Ovalie, il y a un côté famille prépondérant. C'est une bande de copines. En équitation, un sport très individuel, ça me manque beaucoup... »

 

Bathilde Diligeon n'a rien perdu de sa passion pour les chevaux, mais elle a trouvé une complémentarité nouvelle. Sa vie sportive est un équilibre permanent entre les deux activités qui la guident. « Le calendrier se goupille super bien, apprécie-t-elle. Le rugby, c'est essentiellement de septembre à mars, et le cheval de mars à septembre. Les plus gros concours s'étendent de mai à août. Je passe ma vie en compétition ! » L'été dernier, Bathilde Diligeon a enchaîné championnat de France à sept, ballon en main, et championnat de France de hunter, rênes en mains. « Le hunter est un saut d'obstacles où l'attitude du cheval et du cavalier est notée, décrit-elle. J'ai commencé par le concours complet avec Jojo, mais j'ai dû arrêter en 2013 parce qu'il était allergique. Quand on a réglé le souci, j'ai décidé de le préserver et de faire du saut d’obstacles. Je suis ensuite passée au hunter, où il y a moins de participants donc plus de chances d'obtenir des résultats. » De fait, Bathilde Diligeon a été championne de Normandie et finaliste sur la scène nationale en juillet dernier.

 

 

Un esprit de compétition précieux dans les deux sports

 

Au quotidien, l'alternance est de mise également. L'élève de Nicolas Duprez, entraîneur à Saint-Julien-sur-Calonne près de Pont-L'Évêque, travaille essentiellement le week-end avec Jerk. L'été, elle ajoute des sorties le soir. Parfois, les entraînements équestre et rugbystique se succèdent. « Bathilde est très bien organisée », souligne Nicolas Duprez. Et bien qu'équitation et rugby n'ont pas grand-chose à voir, Bathilde Diligeon a fait de la pratique des deux un atout réciproque. « Le fait d'être cavalière lui permet d'avoir un gainage solide, ce qui la rend forte à l'impact », précise Aude Béhague, sa demie d'ouverture. « C'est vrai que le cheval m'apporte des abdos, sourit l’intéressée. Au-delà de ça, je me sers beaucoup de l'un pour transvaser vers l'autre. Au cheval, par exemple, on n'échauffe pas les cavaliers. J'ai changé certaines choses à ce sujet et ça m'a aidée, parce que je manquais de tonicité. Inversement, la préparation mentale – pour visualiser le parcours et s'imaginer le réussir – est importante en équitation. Je me dis qu'il faut que je le fasse aussi au rugby. » La complémentarité ne s'arrête pas là. « Quand ça ne va pas très bien, je monte et ça va mieux. Quand je suis énervée, il vaut mieux que j'aille au rugby ! »

 

Entre équitation et rugby, quelques points de convergence existent, en particulier dans l'aspect mental. Jean-François Mouton et Nicolas Duprez n'ont pas besoin de se consulter pour souligner « l'esprit de compétition » de la jeune femme. « Elle a un très gros mental, précise le rugbyman. Je l'appelle la guerrière. Elle joue jusqu'au bout et donne toujours le maximum. » Décrite comme « consciencieuse, appliquée et sérieuse » par Nicolas Duprez, Bathilde Diligeon est surtout appréciée pour ses qualités de vitesse et de défense sur l'autre pré vert. « Usain Bolt doit se méfier parce qu'elle est très rapide balle en main, malgré quelques en-avants en bout de ligne, ajoute Aude Béhague. Elle a bien progressé depuis deux ans, surtout en termes de compréhension et logique du jeu. » Pas étonnant si on en croit les propos de Nicolas Duprez. « C'est une cavalière très cérébrale. Elle réfléchit beaucoup. Ce doit être aussi utile au rugby pour s'adapter quand il le faut... » Dans la vie professionnelle, Bathilde Diligeon aspire d'abord à faire valoir ses qualités de compétitrice. « Le cheval, c'est toute mon histoire. J'ai vraiment envie de travailler avec cette espèce-là. Tout le monde me dit que c'est compliqué, mais je veux essayer. » De quoi donner écho au « tempérament de gagnante » souligné par Jean-François Mouton.

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