Romane Silvestre : « Quand on a mal partout, on sait pourquoi ! »

15 octobre 2017 Ecrit par 

L'Ovalie Caennaise se rendra à Chilly-Mazarin, cet après-midi (13h30) avec la double ambition de poursuivre sa série de victoires et de progresser dans la qualité de jeu proposée. La troisième ligne Romane Silvestre sera de nouveau un atout majeur du collectif caennais, elle dont le début de saison constitue une grosse satisfaction. La jeune chambérienne, internationale U20, avait tout quitté il y a un peu plus de deux ans pour venir pratiquer sa passion en Normandie.

 

Vous avez joué deux matchs en Armelle Auclair, avec deux victoires bonifiées. Qu'en retenez-vous ?

On répond au job. La commande est de ramener cinq points à chaque fois, c'est ce qu'on a fait. On répond à la demande, mais pas avec la manière. À la fin des matchs, on n'a pas envie de sauter de joie et de montrer qu'on est fières de nous. Il y a encore des tonnes de gros détails qui nous frustrent à la fin. On est conscientes qu'on peut bien mieux faire. On en garde sous la semelle.

 

Vous avez commencé par des adversaires qui ne sont pas attendus parmi les grosses équipes...

On sait qu'on commence par le bas du championnat. Il faut que tout soit en place pour le moment où on affrontera les grosses équipes. On peut se permettre actuellement des erreurs qu'on ne pourra plus se permettre dans le futur.

 

« On ne peut pas se comparer à Grenoble »

 

Vous affrontez dimanche une équipe qui a lourdement perdu lors de son dernier match. Plus que la victoire, l'objectif est-il de mettre la manière ?

Non, non, l'objectif est la victoire en premier lieu ! J'espère qu'on ramènera cinq points ! Le reste, on verra.

 

Grenoble, le dernier adversaire de Chilly-Mazarin, réalise un gros début de saison et confirme les impressions à son sujet.

Je pense qu'on ne peut pas se comparer à Grenoble. Elles ont une façon de jouer qui leur permet de mettre beaucoup plus de points que nous. Il faut qu'on joue comme l'Ovalie Caennaise joue, et qu'on ramène cinq points par match. C'est de cette manière qu'on aura le sentiment de remplir le contrat et donc qu'on pourra se faire plaisir.

 

Quelle est l'identité de jeu de l'Ovalie Caennaise ?

On joue très collectivement, on a très peu d'individualités ou de filles qui vont percer. Notre force, c'est le groupe, la solidarité et notre capacité à se donner pour la copine.

 

La hiérarchie semble se dessiner dans ce championnat avec vous, Grenoble et Rouen en tête.

Les filles de Grenoble sont fidèles à elles-mêmes. Elles avaient déjà fait un gros début de saison l'an passé. On va les jouer, on peut très bien les battre et repasser devant. J'ai confiance en l'équipe. Je pense qu'on peut très bien battre Grenoble et Rouen. On va pouvoir prendre nos marques avant de les affronter.

 

« Moins l'impression de perdre une épaule à chaque plaquage »

 

Comment la dynamique de groupe se ressent-elle du nouveau contexte de victoires ?

Le lundi, quand on arrive à la gestuelle et qu'on a mal partout, on sait pourquoi ! Quand on a mal partout et qu'on a pris soixante pions, on a le moral dans les chaussettes. Là, on sait qu'on a donné et qu'on en a été récompensées. C'est plus agréable de pouvoir discuter de choses positives, pouvoir aller boire un verre avec les copines après un match en fêtant une victoire. Ça donne envie de travailler encore plus, parce qu'on se dit que le travail paye. C'est moins frustrant.

 

 

Quelles sont tes premières impressions sur le championnat ?

Je trouve que les contacts sont moins costauds qu'en Top 8. On a moins l'impression de perdre une épaule à chaque plaquage (sourire). Mais il y a quand même un bon niveau et je pense qu'il ne faut pas s'endormir parce qu'on pourrait vite se faire surprendre. Il faut qu'on s'oblige à garder les exigences qu'on avait en Top 8 et ne surtout pas se mettre au niveau des adversaires.

 

C'est le risque naturel, que vous avez peut-être subi lors des deux premiers matchs ?

Oui, c'est notre plus gros défaut. On a tendance à se mettre au niveau de l'adversaire. Du coup, on se fait peut toutes seules alors qu'on est capable de beaucoup mieux.

 

Avez-vous conservé la rigueur du haut niveau malgré la relégation ?

Oui. La préparation physique a été la même qu'en Top 8. En plus, j'ai l'impression que tout le monde l'a faite assez sérieusement, c'est agréable. Tout le monde est investi de la même manière aux entraînements, que ce soit au niveau physique ou dans les oppositions. On a aussi gardé le même nombre d'entraînements. On ne va pas baisser la garde. Plus l'entraînement est difficile, plus le match est facile.

 

« Je ne pouvais pas partir sur une descente »

 

Tu es venue de Chambéry pour le rugby. As-tu hésité à repartir suite à la relégation en Armelle Auclair ?

Je me suis posé la question. On va jouer contre Grenoble, qui est à 45 minutes de chez moi (sourire). Plusieurs facteurs m'ont incitée à rester au moins un an. D'abord, il fallait que je termine ma licence. En outre, j'avais l'impression de ne pas avoir vécu tout ce que j'avais à vivre avec l'Ovalie. Je ne pouvais pas finir sur une descente, je me suis dit qu'il y avait autre chose à aller chercher. Avec des filles comme ça, on pouvait faire beaucoup de choses. Intriguée par ce que je pouvais trouver, je suis restée.

 

 

Pourquoi avais-tu choisi l'Ovalie il y a un peu plus de deux ans maintenant ?

Je jouais en cadettes avec Ophélie (Gincourt, qui a quitté Caen en fin de saison dernière pour Romagnat, ndlr). Elle est partie à Caen un an avant moi. Je pensais aller à Grenoble, mais elle m'a dit que le Top 8, c'était énorme. Elle m'a encouragée à venir faire un entraînement à Caen. Au début, j'étais un peu méfiante. J'ai fait un entraînement et ils m'ont dit qu'ils me prenaient dans l'équipe. Je me suis dit que ça valait le coup de tenter en pensant que l'occasion ne se représenterait peut-être pas. Du coup, je suis partie !

 

Tu as tout quitté pour le rugby, un sport amateur chez les filles...

Je pouvais faire mes études ici, ça remplissait le critère principal. Je me suis dit que j'étais jeune et que j'avais encore peu d'attachements. Si je ne l'avais pas fait, j'aurais eu des regrets. Là, je ne regrette pas du tout d'avoir essayé.

 

Ton choix t'a ouvert des portes puisque tu as été appelée en équipe de France U20. Où en es-tu à ce sujet ?

J'ai été appelée pour un match la première année, contre l'Angleterre, et trois fois la seconde. C'était une belle expérience.

 

Une expérience qui ouvre l'appétit ?

Oui, mais je vais me concentrer sur le travail qui me reste à faire avant de rêver de monter en A. La marche est très, très haute.

 

« Gilles (Rabier) dit que j'étais un poulet sans tête »

 

Tu mets beaucoup d'essais en ce début de saison, comment juges-tu ta progression ?

Le fait de plus réfléchir m'aide (sourire). Gilles (Rabier) dit que je suis un poulet sans tête. Cette année, j'ai décidé de jouer avec mon cerveau. Je pense que ça m'apporte. Je ne cours plus après le ballon comme un chien fou. J'essaye de me proposer aux endroits où je suis le plus utile.

 

Cela tient probablement de la maturité et de l'expérience...

Oui, ça en fait partie. C'est plus facile de se concentrer sur la vision du jeu quand on n'a plus à se concentrer sur le reste, au niveau technique ou physique.

 

Comment envisages-tu ton avenir rugbystique ?

Pour l'instant, je n'en sais rien du tout. Je me laisse jusqu'à février pour prendre une décision. J'avais fait pareil l'année dernière. Si l'Ovalie remonte, ça peut changer la donne. Si j'arrive à me faire appeler par un club du Top 8, ça peut changer la donne aussi. Je verrai.

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