Johanna Lelong (Ovalie Caennaise) : « Remonter le plus vite possible »

05 septembre 2017 Ecrit par 

L’Ovalie Caennaise a repris l’entraînement collectif la semaine dernière, près de quatre mois après avoir concédé une défaite fatale à Romagnat. Reléguées en Armelle Auclair, la deuxième division française, les Caennaises ont quitté l’élite après plusieurs décennies de présence ininterrompue. Leur capitaine Johanna Lelong aborde le challenge de la remontée immédiate avec une envie retrouvée.

 

 

Johanna, quelques mois après votre descente en Armelle Auclair, l’état d’esprit a-t-il changé à l’Ovalie Caennaise ?

Oui, je l’ai ressenti dès la préparation individuelle. Les filles sont très frustrées de ce qui s’est passé, et j’ai l’impression qu’elles sont reparties avec un mental d’acier. On a toutes hâte que le championnat débute, d’abord pour savoir à quel niveau on a à faire, même si le championnat pourrait être hétérogène. On a surtout envie de gagner des matchs et d’engranger le maximum de points pour aller le plus loin possible dans la compétition. Clairement, notre objectif est de remonter le plus vite possible en élite.

 

La défaite à Romagnat lors de la dernière journée de championnat la saison dernière a provoqué votre descente en Armelle Auclair. Il vous a fallu du temps pour panser cette plaie ?

Oh oui, la déception a été énorme. Les filles ont eu besoin de beaucoup de temps pour digérer. Mais aujourd’hui encore, il y a beaucoup de frustration. C’est un sujet qu’on ne veut même plus aborder. À chaque fois qu’on en parle, les visages se ferment totalement. Heureusement qu’il y a eu les vacances pour reposer les esprits et revenir de la meilleure des manières.

 

Cela faisait plusieurs années que vous étiez dans une dynamique négative. Est-ce que, pour parler familièrement, cette relégation vous pendait au nez ?

Clairement, oui. Néanmoins, on ne se doutait pas du tout qu’on allait perdre à Romagnat sachant qu’on les avait battues au match aller. On était parties à Clermont presque vainqueurs. On avait eu le soutien des autres équipes de Top 8. On partait favorites mais cela s’est retourné contre nous. Romagnat a joué son jeu, nous nous n’étions pas dedans. Cela fait mal, bien sûr, mais on peut penser que c’est un mal pour un bien. Cela faisait plusieurs années qu’on était en bas de tableau. Le fait d’arriver en Armelle Auclair va nous permettre d’évaluer notre niveau réel : si on peut encore accéder en Top 8 et qu’on a le niveau prétendu pour y rester, ou si notre niveau correspond davantage à Armelle Auclair.

 

« Tout le monde voudra nous taper »

 

Avez-vous aussi dans un coin de votre tête l’idée de reprendre du plaisir après avoir essuyé beaucoup de défaites ces dernières années ?

Oui, tout à fait. La saison à venir va nous faire du bien de ce point de vue. Cette fois-ci, on compte mettre des points, ramener des victoires, aller marquer des essais. On verra tout ce suite que cela marchera mieux au niveau du groupe. On ira s’entraîner avec la banane, peut-être avec plus de concentration aussi. Cela fera du bien à toutes les filles. Beaucoup de filles sont arrivées au club pour jouer en Top 8 et n’ont gagné que très peu de matchs. Certaines sont là depuis deux ans et n’ont gagné que deux matchs. Avec tous les sacrifices qu’on fait, on peut vite perdre l’envie de faire ces efforts quand les défaites s’enchaînent. Je pense que cela va changer.

 

Savez-vous à quoi vous attendre dans ce championnat Armelle Auclair ?

On le sait plus ou moins. On connaît à peu près les équipes, on suit les résultats. Il y a quelques équipes qu’on a affrontées au seven (championnat de France à 7, ndlr) et qu’on a vues jouer là-bas. Maintenant, c’est très différent du quinze. Il y en a aussi qu’on a jouées quand elles étaient en Top 8. À chaque début de saison, on avait par ailleurs l’habitude de faire un match de préparation contre l’ASRUC (Rouen). À côté de ça, il y a des équipes qui nous sont totalement inconnues. Il va falloir se méfier de tout le monde. On verra sur le tas et on progressera comme ça.

 

Mais vous partirez forcément favorites…

Forcément tout le monde voudra taper l’équipe qui vient du Top 8. Après, il n’y a pas que nous. On a vu de très bonnes équipes arriver jusqu’en phase finale, notamment Sassenage, finaliste la saison dernière face à Bayonne. Elles ont perdu et elles ont probablement la rage (sic). On ne peut pas se cacher pour autant, évidemment nos adversaires voudront taper une équipe qui a passé des décennies en Top 8.

 

« À nous de faire en sorte que les gens ne nous oublient pas »

 

On connaît effectivement le glorieux passé du club. Sentez-vous cette responsabilité de devoir le faire remonter au plus vite ?

On a conscience d’avoir fait échouer quelque chose dans le club. On se sent toutes responsables, que ce soit collectivement ou individuellement. Chacune se dit "si j’avais fait ça, ça aurait peut-être été différent". On sent aussi ce poids vis-à-vis des cadettes qui vont monter avec nous. Elles espéraient découvrir le haut niveau avec nous, on ne leur offre pas cette chance. Cela fait mal aussi pour ça. Tout s’écroule aussi pour elles. Moi aussi j’avais ces rêves de jeune fille, à leur âge. Elles sont restées avec nous, c’est aussi avec elles qu’on doit remonter la pente.

 

Tout le monde connaît l’Ovalie Caennaise à Caen. Le challenge est-il aussi de faire en sorte de ne pas disparaitre de la circulation avec cette descente ? On sait, dans le sport féminin, que c’est toujours plus difficile d’exister quand on n’évolue pas au meilleur niveau…

Oui, c’est vrai. On était connues parce qu’on jouait en élite. Il y avait une certaine médiatisation. On espère qu’elle va perdurer même au niveau inférieur et que les spectateurs continueront de venir nous voir jouer. C’est aussi à nous de faire le boulot, en jouant bien et en ramenant des victoires, pour que les gens ne nous oublient pas.

 

Vous avez connu un superbe été avec votre périple en Irlande, une vingtaine de joueuses sont allées suivre la Coupe du Monde. Cela forge un groupe !

C’était des vacances géniales. On a passé vingt jours extraordinaires en Irlande, pour suivre notamment Julie (Duval, internationale française, ndlr). Cela nous a beaucoup rapprochées. Quand on part à vingt personnes, H24 ensemble, avec chacune son caractère, ça peut ne pas toujours être facile à vivre. Cela n’a pas du tout été le cas. On se connaît toutes bien et ce voyage n’a fait que renforcer les liens existants. Cela s’est vu aussi sur le terrain. On a eu l’opportunité de disputer un tournoi là-bas, on l’a remporté. Au retour à l’entraînement, on avait toutes la banane. La bonne énergie qu’il y a eue pendant les vacances se répercute sur le terrain. On peut remercier Maïlys, qui a organisé le voyage. Si c’était à refaire, je repartirais les yeux fermés avec ces filles !

 

Cette Coupe du Monde peut-elle avoir des répercussions pour l’Ovalie et le rugby féminin en général ?

On a beaucoup entendu parler de l’équipe de France, vu qu’elles ont fait un très, très beau parcours. On espère que ça ramènera du monde dans tous les clubs, pas qu’à Caen. L’objectif est de médiatiser le rugby féminin dans son ensemble. Il faut qu’il y ait plus de filles dans les clubs, il faut sortir des clichés sur le rugby féminin. On espère forcément que ça ramènera des jeunes filles au club de l’Ovalie Caennaise !

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