Reléguée, l’Ovalie Caennaise veut « miser sur la formation »

17 juin 2017 Ecrit par  Léa Quinio

Rugby féminin. Le mois dernier, l'Ovalie Caennaise jouait les phases de qualification du rugby seven au pays de la moutarde, à Dijon. Grâce à leur sixième place, les Normandes se sont qualifiées pour la poule « élite », qui se déroulera ce week-end du 17 et 18 Juin 2017 à Albi. Elles retrouveront les meilleures équipes de l'Hexagone, souvent représentées par les formations de Top 8 à XV qu'elles ont rencontrées cette saison. L'occasion de faire un bilan avec les coachs avant de partir...

La relégation en Armelle Auclair laisse quelques regrets

 

Dans l'élite depuis sa création, l'Ovalie Caennaise ne s'attendait pas à un tel scénario en fin de saison. Avec l'objectif de se maintenir dans ce qui se fait de mieux dans le rugby féminin, les protégées de Gilles Rabier et Jean-François Mouton ont raté le coche, mais manquent de stabilité. « Elles ont connu trois entraîneurs différents depuis trois ans à part Gilles Rabier, ce n'est pas toujours facile », souligne « Jeff » (Jean-François Mouton, ndlr). De la frustration et des regrets, voici les mots qui définissent au mieux la saison 2016-2017. L'Ovalie Caennaise jouait effectivement son maintien en Top 8 lors du dernier match face à Romagnat, une rencontre à quitte ou double...

 

Gilles Rabier explique : « Ce qui est dommage, c'est d'aller jouer sa saison sur le dernier match à Romagnat. On aurait dû sauver la saison bien avant et y aller sereinement. Les filles avaient trop de pression là-bas ». Forcément déçus par la prestation des filles « totalement apeurées et sur la réserve » lors de la dernière rencontre, les techniciens caennais semblent pourtant être fiers de leur troupe. « On était largement capable de se maintenir en Top 8. On fait un très beau match contre Bobigny et Montpellier. Il y a deux victoires qu'il faut quand même noter après une saison difficile l'année dernière. Les filles ne méritaient pas ça. Mais il faut relativiser dans le sens où on a un groupe jeune, qui se reconstruit petit à petit. C'est dommage au vu des efforts fournis toute l'année », relève Jean-François Mouton.

 

Le seven : « Un "plus" sérieux »

Cette descente du Top 8 vers l'Armelle Auclair a été un véritable coup dur pour les joueuses de l'Ovalie Caennaise et leur staff. Mais pas totalement abattues, elles ont disputé les phases qualificatives du seven le 27 et 28 mai dernier à Dijon, dans lesquelles elles ont terminé à une belle sixième place sur 16 équipes engagées. « On était arrivé avec l'envie de se faire plaisir et de terminer correctement la saison. Les filles sont montées en puissance tout au long du tournoi et ont montré de belles choses », retient Jean-François Mouton. « On n'a pas eu besoin de les motiver car les filles sont suffisamment compétitives pour tout donner. Elles n'aiment pas perdre », ajoute Gilles Rabier.

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Bien différent du rugby à XV, le seven se joue à 7 contre 7 sur tout terrain avec deux périodes de 7 minutes. « Replaces-toi ! On enchaîne très vite et ça repart ! Reviens dans l'espace ! De la réactivité, allez ! » telles étaient les consignes des deux entraîneurs caennais lors de la préparation du tournoi seven. Pas de blague, les joueuses de l'Ovalie Caennaise ont donc un double objectif ce week-end pour les phases finales : « se faire plaisir mais aussi rester parmi les meilleures équipes de France », selon Jean-François Mouton. Il ajoute « Le seven est un plus sérieux car il y a quand même un objectif sportif. C'est toujours un moyen de pouvoir garder notre effectif et de travailler en fin de saison. Je suis convaincu que le seven peut apporter au XV, notamment sur des phases classiques comme le plaquage. Si tu es capable de plaquer en seven, tu le fais facilement en rugby à XV ». Dans une approche différente, la préparation du seven, qualifié de jeu « en couloir » permet également d'intégrer de jeunes cadettes en fin de saison.

 

« On mise sur la formation »

Dans une situation géographique difficile, le club de l'Ovalie Caennaise a pour objectif principal de miser sur la formation des jeunes. Là où Caen ne constitue pas une terre de rugby, il est difficile d'imaginer la venue de joueuses de grands clubs du sud par exemple. Sandra Rabier, internationale française et ex-capitaine de l'Ovalie, explique : « Caen n'est pas une terre du rugby. Ce n'est pas facile d'attirer des joueuses car on n'a pas de club masculin en Top 14. Dans le sud, les filles ont un nom associé, ont une certaine image. Nous ici, c'est un club familial ».

 

Dans un bassin caennais peu attractif en terme de rugby féminin, le club de l'Ovalie Caennaise doit choisir une autre alternative que les grands clubs de l'hexagone comme Montpellier, Toulouse ou Bobigny par exemple. En ligne de mire, la formation des jeunes cadettes permettra à terme de retrouver le haut niveau. « Nous devons former toutes ces jeunes en passant par l'Elite 2 Armelle Auclair, car il y a un palier énorme entre les deux. L'objectif c'est de rester dans le haut niveau et montrer que tout le travail entrepris pendant toutes ces années continuera les années prochaines ».

 

Nouvelle aventure pour Deshayes et Gincourt

Sans nouvelle recrue annoncée, cinq joueuses ne feront plus partie de l'effectif de l'Ovalie Caennaise la saison prochaine. Laura Briel repartira dans sa région d'origine en Alsace, où elle a pu trouver du travail. Voulant découvrir le haut niveau à Caen cette saison, elle évoluait précédemment à Nancy. De la même manière, Barbara Sineux ne pourra pas assurer un engagement total en compétition pour raisons professionnelles.

 

La jeune Ophélie Gincourt, qui compte à son actif plusieurs sélections en Equipe de France -23 ans, a officialisé son départ à Romagnat (Top 8), près de Clermont-Ferrand, pour se rapprocher de sa famille. À son tour, Anaëlle Deshayes, jeune internationale française s'en va à Rouen, club que retrouvera Caen la saison prochaine dans un derby normand à fort enjeu « Ce sera un derby normand à saveur et ambiance particulière. On ne jouera pas avec Anaëlle mais contre elle, mais ça sera toujours un plaisir de partager ce moment. Cela permet aussi de grandir, car se côtoyer et avoir une certaine animosité c'est bien pour les filles », raconte Jean-François Mouton. Quant à Stéphanie Provost, demi de mêlée de l'Ovalie Caennaise au palmarès impressionnant, elle met un terme à sa carrière.

 

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Dans cette mesure, le club compte à présent sur son effectif jeune pour prendre la relève. « Le groupe a envie de travailler et d'évoluer. Il faut reconstruire en se basant sur les jeunes et le fait d'être en division inférieure va peut être nous permettre d'effacer les petits défauts et parasites qui nous ont handicapés cette année », conclut Jean-François Mouton.

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