Jean-François Mouton : « Rester sur notre lancée »

08 décembre 2016 Ecrit par 

L'Ovalie Caennaise a réalisé une jolie performance dimanche dernier en obtenant le point du bonus défensif contre Montpellier (18-22). Balayées au match aller, les Caennaises ont offert cette fois une belle résistance, confirmant les progrès accomplis dernièrement. Leur entraîneur Jean-François Mouton, arrivé cette saison au club, affiche sa fierté.

 

Jean-François, j'imagine qu'il y a à la fois de la déception d'échouer si près du but contre Montpellier, et la satisfaction d'avoir tenu tête à l'une des grosses équipes de ce championnat.

Il y a de la déception parce qu'on paye cash nos erreurs individuelles. Face à des équipes comme Montpellier, un placage raté, un mauvais positionnement sur la ligne de défense, et ça va à l'essai. Mais à côté de ça, c'est une grosse satisfaction parce que les filles travaillent, s'acharnent, et que sur ce match on tient 80 minutes, on va chercher des essais en bout de ligne avec les avants. C'est complètement dans le thème qu'on travaille en ce moment, mieux répartir les joueuses, avoir une circulation du ballon intéressante. C'est ce qu'elles ont réussi. Je suis très fier d'elles parce qu'elles s'envoient, et ce n'est que du plaisir de les voir jouer. Ça progresse, on est sur la bonne voie. Il y a d'autres victoires qui vont suivre. Ce genre de match permet d'envisager un avenir un peu meilleur quand on va recevoir des équipes comme Rennes et Bobigny, plus à notre portée. Mais on a montré qu'on pouvait le faire même face aux grosses écuries.

 

Finalement, il y avait presque plus de frustration après votre victoire contre Romagnat, que les filles espéraient plus éclatante. On imagine qu'elle a toutefois été très bénéfique dans une dynamique de défaites...

L'Ovalie Caennaise a connu une saison difficile l'année dernière. Elle s'est maintenue en Top 8 parce que Perpignan a fait forfait général. Les filles ont enchaîné les défaites, ce n'est pas simple à vivre mentalement. Je ne sais pas si beaucoup de garçons auraient réagi comme elles ont réagi. Mettre un coup d'arrêt à cette succession de revers était hyper-important. On aurait préféré mieux, mais Romagnat était venu dans l'idée de nous embêter jusqu'au bout pour espérer nous passer devant. On s'est mis en défaut, on aurait préféré une victoire bonifiée, mais ce point, on l'a pris contre Montpellier. C'est intéressant. On est sur une bonne dynamique. Les filles se disent : "on n'est pas seulement une équipe qui perd, on est aussi une équipe qui gagne, qui peut marquer des essais et qui peut tenir tête à d'autres équipes."

 

mouton montpellier 1617

 

Les points pris contre Romagnat et Montpellier éloignent-ils la menace de la relégation ?

Romagnat est un petit peu décroché, mais un exercice se termine au coup de sifflet final. Il va falloir aller jusqu'au bout. Comme je leur ai dit en début de saison, on est parti pour quatorze missions. On a attaqué la huitième. On fera les comptes à la fin. Ces points amènent de la sérénité dans le travail, un petit peu plus de confort, mais il ne faut pas se voiler la face. Il faudra aller gagner à Romagnat. On doit rester sérieux, concentré, et garder dans le coin de la tête que ce n'est pas fini. J'aimerais continuer sur notre lancée. Il y aura Rennes, Bobigny, il y a des choses à faire. On doit confirmer sur notre lancée.

 

On connaît la jeunesse de l'effectif de l'Ovalie, mais on voit quelques joueuses se distinguer avec deux internationales seniors et trois jeunes filles convoquées avec les U20. La preuve qu'il y a de la qualité à haut niveau et une formation qui fonctionne toujours ?

Bien sûr. Il y a de la qualité individuelle, il y a aussi énormément de travail dans ce club. Je découvre l'Ovalie Caennaise depuis cette année. Tout le travail qui a été mis en place sur les plus jeunes, sur les cadettes, commence à payer. Annaëlle était en Pôle France et a intégré l'équipe de France sur la tournée d'automne. Souhaitons-lui une belle carrière comme l'ont pu avoir toutes ses grandes sœurs. L'Ovalie Caennaise est, dans le rugby français, un club qui a toujours formé des joueuses à très haut niveau. Le palmarès, on le connaît. Il y a eu les Stéphanie (Provost), les Sandra (Rabier), les Julie (Duval), et j'en passe. Cela prouve que le rugby existe en Normandie, que lorsqu'on s'applique, qu'on met les bons objectifs et la bonne méthode, on peut jouer à haut niveau. Elles le méritent.

 

mouton jeff2 1616

 

Comment vous êtes-vous retrouvé entraîneur de cette équipe ?

Mon prédécesseur a fait le choix d'arrêter de manière assez subite, puisque ce n'était pas prévu au départ. La présidente de l'époque, Nadège (Labbey), est venue me demander si j'étais intéressé, étant donné que je quittais le Rugby Ouest Cotentin où j'avais passé cinq ans. C'était peut-être un choix de l'Ovalie de travailler avec un entraîneur qui avait déjà eu un groupe de filles. J'avais entraîné le Rugby Ouest Cotentin à l'époque où elles jouaient à 12. Le rugby féminin, c'est un rugby différent, c'est une autre façon de penser, une autre façon de voir. Je préfère le rugby féminin au rugby masculin. Les dirigeants ont dû penser que ça serait plus simple de remettre la machine en marche.

 

Quelle est la suite du programme en championnat ?

On va à Saint-Orens dimanche prochain. Ce sera un autre match difficile, mais un autre match qui nous permettra de préparer dans les meilleures conditions la réception de Bobigny avant la trêve hivernale.

Qui sommes-nous ?

Lancé en novembre 2009 par Aline Chatel, Sport à Caen est animé par une équipe de passionnés.

Rejoindre l'équipe

Vous êtes passionné(e) de sport et souhaitez rejoindre l'équipe rédactionnelle de Sport à Caen ?

Contactez-nous : recrutement@sportacaen.fr

Nous contacter

Une demande de renseignement, une question, un commentaire, des idées à partager ? N'hésitez pas à prendre contact avec nous !

contact@sportacaen.fr