Roller-hockey. Le sacre tant attendu pour Antoine Rage

12 septembre 2017 Ecrit par 

L’équipe de France de roller-hockey est devenue championne du monde samedi dernier en dominant l’Italie 3-2. Une consécration pour cette discipline encore peu médiatisée en France qui n’avait jamais décroché l’or. Un sacre d’autant plus savoureux pour Antoine Rage, le Caennais qui a tout connu avec les Bleus.

 

 

Antoine Rage a séché la petite larme, mais l’émotion est encore palpable. À 10 000 kilomètres de sa ville natale, le Caennais commence à réaliser doucement l’exploit accompli par son équipe deux jours plus tôt à Nanjing. « C’est complètement fou. C’est le premier titre de l’équipe de France après 22 championnats du monde. C’est exceptionnel ! » Il y a trois ans, les Bleus étaient tellement passés à côté de leur Mondial, organisé à domicile, qu’ils avaient été rétrogradés en deuxième division. La prise de conscience avait été directe. « Depuis trois ans, on est en mission. On cherche le moindre détail, on fait des heures et des heures de vidéo, on travaille énormément. » Cette année, les roller-hockeyeurs français, tout amateurs qu’ils soient, ont passé cinquante jours ensemble. Ils ont d’abord préparé les World Games, échouant en finale contre leur bête noire de République Tchèque, puis ces Roller Games dans lesquels était fondu le championnat du monde.

 

Le rival italien en finale

 

La France n’avait qu’une idée en tête : l’or. Dans le décorum magnifique mais vide de Nanjing, où aucune place n’avait été vendue aux Chinois, les Bleus ont débuté timidement. Leur phase de poule s’est révélée bien plus accrochée que prévu. L’Italie, renforcée par trois joueurs supplémentaires en comparaison à sa précédente compétition en Pologne, leur a mené la vie dure. Même l’Argentine et la Suisse ont fait souffrir des français en proie au « doute » durant cette première partie de compétition. « On a gagné plus sur l’expérience que sur notre niveau de jeu, reconnaît Antoine Rage. Cela nous a permis de nous remettre en question. » En quart de finale, là où tout se joue, la France a maîtrisé l’Espagne de main de maître, réalisant « un match exceptionnel » (4-2). La dynamique naissante s’est confirmée face au Canada en demi-finale, même si le score final (6-0) ne reflète pas la physionomie des débats.

 

 

Samedi, l’équipe de France était là où elle voulait être. En finale. Prête à prendre sa revanche sur toutes ces années où le titre lui avait échappé pour pas grand-chose. En face, ce n’était pas la République Tchèque attendue, mais le voisin italien. Qu’importe, la tension était la même au coup d’envoi. « Il y a une grosse rivalité avec l’Italie », précise Antoine Rage. Devant d’un but à la mi-temps (1-0), les Bleus n’étaient toutefois pas totalement sereins. « Les Italiens ont réussi à nous mettre à leur rythme, assez lent. On n’arrivait pas à les agresser comme il le fallait. » Alors à l’égalisation ritale, la France « n’en menait pas large. On pensait que ça allait être compliqué de sortir du momentum italien. » Mais là encore, la rage et l’expérience ont tout changé. Les Bleus ont inscrit deux buts coup sur coup et tenu bon ensuite, malgré la réduction du score italienne dans le money time. « Ça a quand même été très tendu jusqu’au bout. Ce fut un match très compliqué. »

 

« C’est assez perturbant »

 

Félicités par des Tchèques troisièmes et beaux joueurs, les Bleus ont pu savourer leur historique réussite. « On est en train de se rendre compte de ce qu’on a fait. C’est assez perturbant mais surtout très plaisant ! Ce titre arrive comme une consécration, ça ne pouvait pas être mieux. » Un constat qui vaut également sur le plan personnel, puisque le Caennais est sorti « très satisfait » de sa compétition. Moins buteur que par le passé, puisqu’il n’a trouvé le chemin des filets qu’en phase de poule, il a en revanche été plus performant défensivement. Antoine Rage a aussi porté haut les couleurs de Caen, lui qui œuvre depuis tant d’années pour le développement de son sport dans sa ville d’origine, malgré une parenthèse angevine. « Si notre titre peut servir de levier, ce sera un beau bonus. » Les quatre caennais champions du monde (Antoine Rage, donc, mais aussi Thoé Fontanille, Clément Belot et le petit nouveau Baptiste Bouchut) ont en tout cas de beaux jours devant eux au sein de cette équipe de France qui se renouvellera partiellement dans les mois à venir. Et avec trois autres juniors champions du monde juste avant eux (Enzo Renou, Valentin Gonzalez et Lucas Discazaux), les Conquérants n’ont jamais été si bien représentés au sommet de leur sport.

 

 

 

Mais le retour à une autre réalité a déjà sonné. Demain matin, Antoine Rage sera de retour au travail auréolé d’un titre mondial mais également pourvu d’un planning bien rempli. « J’ai déjà beaucoup de réunions planifiées », sourit-il. Et nul doute que le nouveau champion du monde sera beaucoup plus sollicité… 

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