Luc Chauvel (HC Caen) : « Je me remets en cause tous les jours »

01 novembre 2017 Ecrit par 

Le Hockey Club de Caen a concédé mardi soir sa cinquième défaite de la saison, dès la septième journée de Division 1, devant Annecy (0-3). Les Drakkars, dominateurs inefficaces, ont encaissé un but au milieu de chaque période. Leur entraîneur Luc Chauvel assumait ses responsabilités à l’issue de ce nouvel échec.

 

 

Autopsie d’une cinquième défaite

 

« On a plutôt la possession du palet mais on n’est pas suffisamment dangereux, on ne marque pas sur les occasions qu’on a. Dans le deuxième tiers, on fait une erreur, une perte de palet, et c’est but. Dans le troisième tiers, ils viennent quasiment une fois dans notre zone, et c’est but. Quand on est dans une spirale comme celle-là, c’est compliqué. On ne marque pas, donc on ne peut pas gagner de match. Je l’ai dit depuis le début qu’il n’y avait pas de petites équipes. On le voit avec Annecy, ils se battent bec et ongle. Ils jouent leur chance à fond, ils ont la réussite qu’il faut. C’est ce qui ne vient pas de notre côté. Il va falloir gérer cette situation-là. »

 

 

Un but marqué en 120 minutes

 

« On n’attaque pas suffisamment la cage. On contrôle le palet en bas, on n’arrive pas à mettre cette pression sur le gardien. Il faut cette faim de marquer. Malheureusement, plus les minutes passent, plus il y a de la crispation et moins le bon choix est évident. On part dans des problèmes de tête. Mentalement, c’est la période la plus compliqué. Le but est gros comme un dé à coudre pour nous, et pour l’adversaire on a l’impression que c’est un but de foot. Il faut réussir à changer cette tendance-là pour espérer recréer quelque chose. Déjà, recréer de l’offensive et de la confiance au niveau des joueurs. »

 

 

Des leaders offensifs qui se font désirer

 

« Le but [dans la construction de l’équipe] était de répartir les forces sur l’offensive. Malheureusement, il n’y a pas un qui arrive à prendre ses responsabilités. Il n’y a pas suffisamment d’actions par attaquant pour qu’il puisse se dire « je manque de réussite ». L’idée était d’avoir 10-12 buts par joueur pour que le danger vienne de partout. Aujourd’hui, ça ne fonctionne pas. Il n’y a pas une bouffée d’oxygène qui arrive de quelqu’un qui prend un peu plus de responsabilités, un peu plus son jeu à son compte dans des moments importants. Dans ce genre de situation, c’est un peu compliqué. Avec la perte de confiance, on pense toujours que l’autre est mieux placé. On contrôle le palet dans les coins mais on n’arrive pas à revenir rapidement devant le but pour créer ce danger-là. »

 

 

Une situation de crise

 

« Crise parce que les résultats ne sont pas là, les joueurs n’arrivent pas à s’exprimer pleinement. On joue avec une chape de béton sur le dos et ça va être de plus en plus vrai. Quand la nervosité et la non-confiance se mettent en place, on ne fait pas le geste juste. Les joueurs ont envie de bien faire, ils n’y arrivent pas. Quand on perd confiance, c’est compliqué. Il faut continuer à travailler. Il n’y a que comme ça que ça passe. Moi, c’est sûr, je ne baisserai pas les bras. Les discussions avec les dirigeants se font. On travaille sur un livre ouvert entre nous, je suis très honnête également sur ma situation. Les mauvais résultats, je les assume pleinement. Je ne vais pas baisser les bras et faire mon Caliméro. Il faut que je trouve une solution. Il faut reprendre les basiques, refaire chaque jour les choses un peu mieux. On part de très loin. On s’est mis très en difficulté en terme de jeu. On voit que cette équipe n’a pas confiance en elle. Aujourd’hui, si on ne marque pas les premiers, ça ne se termine pas bien pour nous. Ce n’est pas comme s’il n’y avait pas de potentiel dans l’équipe. Il faut juste que mentalement tout le monde arrive à se remettre dans le droit chemin. C’est un travail très, très long. Perdre la confiance se fait en trois matchs. La regagner va mettre beaucoup de temps. »

 

 

Luc Chauvel ne se défile pas

 

 

« J’assume. J’ai changé pas mal de joueurs mais on arrive toujours dans le même style de problématique. Je me remets en cause tous les jours par rapport à ce que je peux mettre en place, le discours que je peux tenir aux joueurs, ma manière d’être vis-à-vis d’eux. Ce sont des discussions qu’on a régulièrement avec les dirigeants. On a un projet, je ferai tout pour le défendre. Il faut trouver des solutions. La saison ne va pas comme on veut. Quand on met cinq buts, on en prend six. Quand on n’en met pas, on prend un but sur une action de l’adversaire. Comme je l’ai dit aux garçons, ce sont des moments difficiles. Il faut qu’on assume tous, moi le premier. Il faut trouver des solutions. On aura des discussions avec les dirigeants. Je ne me suis jamais caché derrière quoi que ce soit. Je sais que les résultats sont liés en grande partie au travail mis en place au quotidien par le coach. Je ne me désengage pas du tout de cela. Après, je ne peux pas mettre les patins, je ne peux pas en faire plus. Mais c’est à moi de trouver les solutions pour que cette équipe puisse repartir de l’avant. C’est en assumant ces moments-là [qu’on va pouvoir s’en sortir]. »

Qui sommes-nous ?

Lancé en novembre 2009 par Aline Chatel, Sport à Caen est animé par une équipe de passionnés.

Rejoindre l'équipe

Vous êtes passionné(e) de sport et souhaitez rejoindre l'équipe rédactionnelle de Sport à Caen ?

Contactez-nous : recrutement@sportacaen.fr

Nous contacter

Une demande de renseignement, une question, un commentaire, des idées à partager ? N'hésitez pas à prendre contact avec nous !

contact@sportacaen.fr