Rémi Colotti : « Je joue avec le cœur »

08 août 2017 Ecrit par 

Le Hockey Club de Caen a repris l’entraînement hier pour les premiers arrivés, encore peu nombreux. Rémi Colotti faisait partie des rares recrues présentes à la patinoire de Caen-la-Mer. Le défenseur de 26 ans sort de trois années à Neuilly-sur-Marne. Il arrive avec la volonté de s’inscrire pleinement dans l’ambition projet caennais.

 

 

Qu’est-ce qui t’a amené jusqu’à Caen ?

J’avais entendu parler du club par mon frère (Fabien, ndlr), qui jouait là l’année dernière. De mon côté, j’arrivais à la fin d’un projet avec Neuilly. J’avais envie de nouveaux défis à relever et besoin d’une bonne remise en question. La saison dernière n’a pas été très bonne pour l’équipe. J’ai vu que Cane avait un beau projet, une organisation sympa, tout ce qu’il faut pour bien travailler, avec la patinoire, une petite salle de muscu, un bon préparateur physique (Johann Franchequin, ndlr)… Luc (Chauvel) a beaucoup aidé mon frère l’an dernier quand il a eu une mauvaise période. Je cherchais un coach – c’est important de nos jours – qui sache manager les joueurs. J’ai besoin de communiquer, savoir ce que le coach veut de moi. C’était important pour moi de tomber sur un coach comme ça. J’ai passé quelques années plutôt difficiles de ce point de vue-là à Épinal.

 

Tu ne serais jamais venu ici si ton frère ne t’avait pas précédé ?

Si, si, je serais venu ici quand même. Je n’avais pas entendu parler du club que par mon frère. Je connaissais déjà Lucas Normandon (entraîneur des gardiens, ndlr). En outre, le cadre de vie est très agréable ici, on ne va pas se le cacher. C’est une des villes de France où il fait bon vivre. Chaque petite pierre mis bout à bout a fait son édifice pour que je vienne jouer ici.

 

Tu es encore jeune (26 ans), mais tu as une certaine expérience. Seras-tu attendu comme un cadre, en tant que français, dans cette équipe ?

Je l’espère. En tout cas, je viens ici avec un petit peu d’expérience. J’ai parlé avec Luc cet été, nous sommes une équipe assez jeune et je suis un des français les plus expérimentés. Je vais apporter une certaine expérience dans le jeu comme en-dehors, dans l’encadrement. Je vais pouvoir apporter mon point de vue, parler dans le vestiaire. C’est important qu’en France, les français aient leur mot à dire. Pour ma part, j’estime que ce championnat est trop étranger. Ce n’est pas forcément le cas ici ou dans d’autres clubs, je ne fais pas de généralité, mais je considère qu’il est important que les français puissent s’imposer de plus en plus pour faire évoluer le niveau français. Personnellement, j’ai évolué un peu en Ligue Magnus il y a quelques années, sans avoir énormément de temps de jeu. En revanche, j’ai vu à peu près toutes les phases de jeu en D1, sur les power-plays ou en cinq contre cinq. Je dois me servir de cette expérience.

 

« Si on se qualifie pour les playoffs, l’objectif sera plus ou moins atteint »

 

Le club a bâti un nouveau projet avec l’ambition de monter en Ligue Magnus en terme. ta venue s’inscrit-elle dans cette volonté, et dans la perspective d’y participer ?

Exactement. Si j’étais venu à 20 ans, je n’aurais pas les mêmes objectifs que maintenant. J’ai 26 ans, bientôt 27, et je viens pour construire quelque chose avec le club sur plusieurs années. Chaque sportif a l’ambition de jouer plus haut et j’espère y arriver avec Caen. Le club a un projet sympa. Il ne faut pas brûler les étapes, mais faire évoluer tout le monde pour pouvoir y arriver avec le plus de joueurs possible. C’est important parce que ça permet de monter une éthique de travail, une discipline, au sein d’un noyau. Il faut construire tout cela et ça prend du temps. L’équipe est jeune, il faut attendre plusieurs années pour qu’elle arrive à maturité. J’aimerais vraiment entrer à plus long terme dans ce projet.

 

Depuis la relégation de Caen en D1, le club semblait sur une pente descendante. Est-ce que ça aurait pu te faire réfléchir ?

Luc et moi nous sommes parlé tôt. Je voulais savoir s’il comptait sur moi et quelles étaient ses ambitions. À partir de là, je me suis dit que c’était un beau projet. Cette année, on visera les playoffs. Si on s’y qualifie, l’objectif sera plus ou moins atteint. Ensuite, une fois en playoffs, tout peut se passer. Je suis venu ici pour aller le plus loin possible dans une compétition. Luc m’a très bien fait comprendre qu’il n’avait pas de frein. Je sais que nous allons avoir des hauts et des bas, notamment par notre jeunesse, mais cette équipe est à construire. On sait qu’on va y arriver en travaillant ensemble. C’est le mot-clé.

 

Tu as commencé ta carrière à Grenoble…

J’ai commencé le hockey dès l’âge de 3 ans, car j’allais sur mes 4 ans. On avait une génération sympa, ce qui m’a poussé à jouer au hockey. Grenoble est un gros centre de formation avec un entraîneur qui nous a beaucoup aidés, Romain Carry. Il a été un Monsieur important dans ma petite carrière. J’ai fait un an à Lyon quand mes parents ont trouvé du travail là-bas, après la carrière de cycliste professionnel qu’a eue mon père. Je suis ensuite retourné à Grenoble, j’ai eu la chance d’y être champion deux fois chez les juniors. J’ai intégré le groupe pro là-bas. Je n’ai pas énormément joué là-bas. Par contre, j’ai évolué avec des gros joueurs. Leur contact a permis aux jeunes de bien progresser.

 

Je suis ensuite parti à Épinal. Au début, le coach jouait à deux lignes. J’ai joué au début, puis à la fin de la saison avec le nouveau coach. J’ai eu un petit ras-le-bol à la fin de cette saison. Je me suis remis en question au niveau du hockey. J’avais créé une société de menuiserie avec mon père. J’en suis très fier. Je continue de travailler l’été avec lui. Il fallait donc que je me rapproche de la région. Je suis allé à Annecy, où j’ai passé une super année. C’est un super club convivial. Je suis ensuite parti à Neuilly. La première année s’est super bien passée. J’ai tout vécu à Neuilly, des gros temps forts et des gros questionnements. Je me suis parfois demandé ce que j’allais faire dans le hockey. C’est avant tout une passion pour moi, et la notion de plaisir est très importante. Je suis un peu « tiraillé », comme diraient les Québécois, au sujet de Neuilly, mais j’ai passé de bons moments là-bas.

 

Cette année, j’arrive à Caen et je suis très fier de porter les couleurs des Drakkars. J’ai hâte de commencer la saison.

 

« Un joueur de caractère »

 

Quel joueur doit-on s’attendre à voir sur la glace ?

Je suis un joueur de caractère. Je ne suis pas le joueur le plus talentueux, je suis un gros bosseur. J’ai du talent, mais ce n’est pas ma force. Je suis obligé d’apporter du jeu physique pour être dans mon match. J’aime bien aussi parler à l’adversaire. J’emmène énormément d’envie, j’essaie de tirer les gars vers moi et de rester le plus positif possible même si j’ai une grosse remise en question après chaque match. Comme je suis assez strict envers moi-même, je le suis parfois aussi à l’égard de mes coéquipiers, mais ce n’est jamais méchant. J’essaie d’apporter du positif. Je suis un joueur qui joue avec le cœur. C’était important pour moi de jouer dans une équipe comme ça.

 

Tu as joué quelques années en Ligue Magnus, ça reste dans un coin de ta tête ?

Bien sûr, qu’il s’agisse de la Ligue Magnus ou de l’étranger. Chaque compétiteur veut évoluer au plus haut niveau possible. Maintenant, il ne faut pas renier la D1. C’est un championnat que j’ai vu évoluer en quatre ans. Il commence à y avoir un gros niveau. Je retrouve un peu le niveau Magnus en D1 sur certaines phases. Je ne compare pas les deux championnats actuels, mais de l’époque où j’ai joué en Magnus. Les grosses équipes de D1 peuvent jouer en Magnus.

 

Fabien peut-il être amené à jouer avec toi à Caen cette saison ?

Il a une licence bleue, donc théoriquement oui. Après, ça va dépendre de lui, de son utilisation par le coach de Rouen, de sa fatigue, etc. Apparemment, on pourrait quand même jouer sous les mêmes couleurs. Pour moi, c’est un peu un rêve. On a quand même six ans d’écart, et je ne pensais pas qu’un jour on se croiserait dans la même équipe. Il a eu une grosse progression depuis ses 16 ans. Si on a l’opportunité de jouer ensemble, on croquera ça à pleines dents. 

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