Alisson Breysacher : « C’est un truc de fou ! »

31 mai 2017 Ecrit par 

Alisson Breysacher a été un des grands artisans de la victoire de Douvres en Coupe de France départementale. L’ancienne demi-centre et capitaine de Colombelles a inscrit 11 buts samedi dernier en finale contre Lucq-de-Béarn (29-23). Une anecdote tant l’essentiel était ailleurs pour celle qui évoque avec nous le « meilleur souvenir de sa carrière ».

 

Photos FFHB

 

« Je n’avais pas rejoué au hand depuis mon départ de Colombelles (en 2014, ndlr). En septembre, quand on a lancé ce pari d’aller ensemble à Bercy, on a toutes eu des doutes sur nos capacités. On a alors commencé à s’entraîner une fois par semaine. Mais le week-end, sans vouloir manquer de respect à nos adversaires, on mettait des grosses tôles. Et puis l’hiver est arrivé et nous n’avons plus eu le courage de sortir. On essayait juste de courir et d’aller à la muscul’ de temps en temps. Ce n’est que depuis avril qu’on fait de vrais entraînements pour se maintenir. Et c’est justement en allant courir il y a trois semaines que je me suis pété le mollet. Je n’ai alors plus fait que de la musculation du haut du corps pour éviter les blessures et les courbatures. »

 

« À la place des entraînements, on a privilégié les matchs amicaux. C’était important de retrouver des automatismes. En fait, on voit les choses comme avant, mais on n’a plus la même vitesse d’exécution. On est moins rapides ! Les automatismes reviennent vite quand même. En finale, on a mis un 6-0 en deuxième mi-temps avec quelques enclenchements vus dans l’année. Cela nous a servi. »

 

douvres fete bercy 17

 

« J’étais tellement contente d’être sur le terrain ! »

 

« Ça n’a pas été si simple. Moi j’avais le mollet pété, alors qu’il y avait énormément de solutions sur les tirs de loin. Sandrine (Ratel Bacri) s’est tordu la cheville au bout de dix minutes. Elle a fait un strap mais elle ne pouvait plus trop sauter. On est quand même des vieilles ! Néanmoins, nos adversaires étaient en surrégime à un certain moment et ont fini par exploser physiquement. Nous, on a joué à l’ancienne. On a gagné sur notre rythme et notre expérience. Ce n’était pas évident. Aucune de nous n’a été pro, contrairement à ce qu’elles ont dit dans la presse, et on ne s’entraîne plus. Elles avaient des joueuses passées par la Nationale 3 et les -18 France, ayant eu une vraie formation. Il y avait de bonnes joueuses en face. »

 

« J’ai fait énormément de kiné en trois semaines pour être à tout prix au match. Ça s’est plutôt bien passé à l’échauffement, mais ça a tenu quinze minutes en match. J’ai ensuite ressenti une grosse gène. Comme je voulais absolument continuer de jouer, je me suis placée pivot. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, les ballons m’arrivaient dans les mains alors que je n’ai rien fait de spécial. C’était mental ! Ça a tenu. J’étais tellement contente d’être sur le terrain ! J’étais même prête à aller au but s’il le fallait ! C’est génial d’avoir pu jouer tout le match. Je remercie mon kiné, le mari de Marion (Le Gal) ! Heureusement que je me débrouille encore (Alisson Breysacher a inscrit 11 buts en finale, ndlr). Le handball, on ne l’a pas tellement perdu de toute façon. Je ne pensais pas qu’on le retrouverait aussi vite. »

 

douvres clapping bercy 17

 

« Un truc de fou »

 

« C’est un pari réussi. On a eu quelques doutes sur certains matchs. Seule Baba (Muller) croyait en nous depuis le début. L’objectif qu’on s’était fixé était d’être en finale. On l’a revu à la hausse après notre qualification. C’est un truc de fou ! Des copains garçons avaient fait la Coupe de France régionale, perdue en finale. On avait aussi vu Blainville aller très loin. On savait qu’il fallait qu’on s’inscrive au niveau départemental parce que physiquement, on avait perdu. Marion (Le Gal) n’avait plus rejoué depuis dix ans ! D’ailleurs, les deux matchs par jour lors des deux dernières journées de qualification avaient été difficiles à gérer. Arriver au bout dès la première année, c’est top. »

 

« On est resté à Bercy jusqu’à 22h00, samedi, dans une chaleur de fou. On est l’équipe qui a passé le plus de temps sur le terrain après le match. On a dû se faire virer du terrrain, puis du vestiaire. On a profité à fond de l’aventure. C’est un truc de fou ! J’ai quand même joué dans de belles salles en D2 mais je n’avais jamais vécu ça. On a eu le même traitement que les pros, les mêmes protocoles – sauf le contrôle antidopage, la presse, un délégué qui nous suivait partout et avec qui on a sympathisé… Quand on est rentrées à l’hôtel, nous étions tellement fatiguées que nous ne sommes pas ressorties. On est resté boire le champagne sur place. On va faire une vraie soirée pour fêter ça parce qu’on a été beaucoup plus soft après cette victoire qu’on le fut d’autres fois ! Il y a des choses prévues dans les semaines à venir, on va beaucoup se revoir. C’est après que ça va faire bizarre. »

 

douvres coupe bercy 17

 

« On ne réalise pas vraiment »

 

« J’ai connu des montées en N1 et D2, mais c’est le meilleur moment de ma carrière. Gagner la Coupe de France avec des copines que je connais depuis quinze ans, c’est magique. On a des petites étoiles dans les yeux mais on ne réalise pas vraiment. Dans le bus du retour, on se demandait déjà ce qu’on allait faire maintenant ! Probablement pas de la natation synchronisée, on n’en a pas envie. Certaines se posent la question de continuer avec une autre bande de copines, ou dans un autre sport. Un sport co, bien sûr. Moi je suis en pleine réflexion. D’autres copines m’ont proposé de jouer, quelques clubs m’appellent chaque été. Il faut d’abord que je soigne correctement mon mollet, qui a été blessé en septembre, en décembre et là. Je vais d’abord savourer cette aventure. On a eu raison de se lancer là-dedans ! »

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