craf2s sportacaen v2 4

Paul et Grégoire Lecolley, frères jumeaux et arbitres prometteurs

18 mars 2016 Ecrit par 

Inséparables dans la vie, « fusionnels », comme admet l'un d'eux, Paul et Grégoire Lecolley font aussi la paire sur le terrain. Ces frères jumeaux constituent l'un des binômes d'arbitrage les plus prometteurs de la Ligue de Normandie de Handball. Âgés de bientôt 19 ans, les deux étudiants ont un bel avenir qui s'ouvre à eux...

 

Si vous avez pleinement confiance en vos qualités de physionomiste, alors peut-être parviendrez-vous à les distinguer. « Ils sont faux jumeaux », assure leur grande sœur, Élise. Vrai que Grégoire et Paul ont, à bien y regarder, quelques traits différents. Mais pour savoir lequel est lequel, mieux vaut encore se fier à leur meilleure stratégie. Devant eux, n'hésitez pas à baisser la tête. « Les chaussures bleues pour Paul, les chaussures orange pour Grégoire ! », s'amusent-ils. Les frères Lecolley, nés le 1er avril 1997, forment un des binômes d'arbitrage les plus prometteurs de la région. « On est devenus arbitres pour répondre aux obligations du club, explique Grégoire. Un nombre de JA (jeunes arbitres) est imposé selon le nombre d'équipes jeunes. Mon club (le Handball Caen Venoix) m'a d'abord demandé d'arbitrer. J'ai fait une saison tout seul. Je n'étais pas à fond, mais j'avais envie de continuer. J'ai alors demandé à Paul de me rejoindre. Pierre Naillon et Jean-Pierre Bechet nous ont mis le pied à l'étrier. » En juin 2014, le duo se constitue. Très proches dans la vie, coéquipiers sur le terrain, les frangins ajoutent un nouveau chapitre à leur histoire commune. Et l'essai est vite transformé. « On a tout de suite eu de bonnes sensations, poursuit Paul. On était bien coordonnés. On n'avait pas besoin de se parler, un regard suffisait pour se comprendre. »

 

Une ascension rapide

 

L'aventure pouvait commencer. Le premier stage départemental révèle déjà « un petit potentiel », lequel appelle un deuxième stage, des tests, une formation... « Une fois qu'on est dans le train, ça va assez vite. » En mai 2015, les frères Lecolley sont sélectionnés parmi les meilleurs JA du département. Promus en ligue quelques mois plus tôt, ils arbitrent à des niveaux de plus en plus relevés. Et l'ascension ne s'arrête pas là, puisque le binôme officie aux interpôles -15 et en championnat de France scolaire au printemps dernier. L'étape suivante, c'est le championnat de France -18 féminin, qu'ils ont découvert au travers du HBF14 il y a quelques semaines. La porte d'entrée vers le niveau national, entrouverte avec succès. « Plus on monte de niveau, plus c'est facile d'arbitrer, soutient Paul. Plus c'est plaisant, aussi. » Les contacts sont plus francs, les fautes plus flagrantes. Paul et Grégoire Lecolley se retrouvent au cœur de matchs auxquels ils « ne pourraient pas participer en tant que joueurs ». Quand les jeunes hommes enfilent le maillot du Caen Venoix Handball, c'est pour jouer au niveau départemental. « On a commencé il y a quatre-cinq ans dans une équipe de copains, témoignent-ils. Si on a de l'avenir dans le handball, c'est seulement dans l'arbitrage. » Lucides, les frangins ont encore du mal à franchir le cap. « Généralement, on sacrifie l'arbitrage quand on a deux matchs en même temps. » Un frein à leur progression, estime le responsable des jeunes arbitres normands Alain Duclos, mais une manière de conserver la vision du jeu dans la peau de ceux qu'ils arbitrent. Et, surtout, de s'amuser entre potes.

 

lecolley

 

« On aide au bon déroulement du match. »

 

Le sifflet autour du poignet, le plaisir est différent, mais bien présent. « Quand ils se sont mis à l'arbitrage, ils ont été très vite enthousiastes, commente Élise Lecolley, elle aussi arbitre... de foot. Ils ne parlaient que de ça ! Grégoire avait déjà un caractère assez autoritaire, et grâce à l'arbitrage, il a pu bien l’utiliser. Quant à Paul, c'est l’inverse, il a pu s'affirmer grâce à l'arbitrage. Et on voit bien qu’ils s'épanouissent dans ce qu'ils font. » Leur complicité totale n'est pas le moindre de leurs atouts dans la jeune carrière qu'ils mènent. « On est toujours d'accord, soulignent-ils. On est parfois pris pour un seul arbitre ! » Cela aide quand ils détaillent leur vision de l'arbitrage, à commencer par le point central : « être cohérent ». « Si on ne siffle pas la même choses des deux côtés, on va se faire siffler. Après, on fait des erreurs à tous les matchs. On apprend comme ça. On aime bien laisser jouer, privilégier le jeu. S'il faut revenir sur la faute après, on le fait. » Mais l'aspect réglementaire, qui passe aussi par la répartition des tâches – l'arbitre de zone gère tout ce qui se situe aux abords, notamment le jeu sans ballon, tandis que l'arbitre de champ s'occupe du reste, n'est qu'une partie du job. « On aime bien parler aux joueurs et aux joueuses. Il faut créer un lien, ne pas se faire considérer comme le méchant. On aide au bon déroulement du match. Il faut être acteur, présent, ne pas subir le jeu. Montrer qu'on est là, ça passe aussi par le sifflet, les gestes, l'attitude. »

 

Les seniors d'ici « un ou deux ans »

 

Et les critiques, les vociférations, les railleries qui, si souvent, accompagnent la vie d'un arbitre ? « Humainement, ça se passe bien avec les joueurs. Généralement, ce sont plus les coachs qui sont embêtants. Certains sont compréhensifs, mais à côté de ça on est parfois obligés de mettre des cartons. On essaie de dialoguer. Les entraîneurs doivent contribuer à notre apprentissage, ils connaissent bien le jeu. » Et si les sifflets du public « n'affectent pas du tout » le tandem, les accrochages avec les entraîneurs sont « plus délicats ». Néanmoins, eux aussi font partie de la formation, qui n'en est finalement qu'à ses débuts. Paul et Grégoire Lecolley n'arbitrent encore que des jeunes joueurs. Le passage chez les grands est prévu « d'ici un an ou deux », selon Alain Duclos. « Ils vont commencer à arbitrer en -18 France garçons sur la fin de saison, indique le Monsieur JA de Normandie. Ils sont en progrès, ils réalisent une bonne saison, et ils sont motivés. S'ils ne font qu'arbitrer la saison prochaine, comme ils semblent en prendre la direction, ce sera encore plus facile de les faire évoluer. » Le cap des seniors constituera un virage crucial. Il pourra mener les deux frères jusqu'en Pré-Nationale, dans un premier temps, avant de mener l'opération R1 pour accéder au niveau national. Le chemin est tracé, reste désormais à le parcourir. Une aventure que la fratrie vit maintenant à trois. Devenue récemment arbitre officielle, Élise n'arpente plus seulement les terrains de foot comme joueuse. Cela lui vaut d'être observée attentivement par ceux qui l'ont précédée dans cette trajectoire. « Ils ne peuvent s’empêcher de me donner toujours des conseils ! C’est drôle, touchant, mais ils sont aussi très exigeants ! Qui l’aurait cru ? »

Qui sommes-nous ?

Lancé en novembre 2009 par Aline Chatel, Sport à Caen est animé par une équipe de passionnés. Retrouvez bientôt le trombinoscope. 

Rejoindre l'équipe

Vous êtes passionné(e) de sport et souhaitez rejoindre l'équipe rédactionnelle de Sport à Caen ?

Contactez-nous : recrutement@sportacaen.fr

Devenir Annonceur

Vous êtes une entreprise et vous souhaitez communiquer sur le site Sport à Caen ?

Contactez-nous : commercial@sportacaen.fr

Nous contacter

Une demande de renseignement, une question, un commentaire, des idées à partager ? N'hésitez pas à prendre contact avec nous !

contact@sportacaen.fr