Mathilde Ruel : « J'ai pris confiance »

14 mars 2017 Ecrit par  Léa Quinio

Dans l'effectif de Colombelles, c'est une de celles qui montent en puissance. Nous vous proposons de partir à la rencontre de Mathilde Ruel, jeune ailière du CLCH. Passée par les -18 ans France, le CREF, le CA Lisieux, la jeune colombelloise de 19 ans continue de gravir les échelons. N3, N2, puis N1, Mathilde s'affirme de plus en plus...

 

En quelques mots, peux-tu te présenter ?

Je m'appelle Mathilde Ruel, j'ai 19 ans. Je viens de l'Orne, près de Putanges. J'ai commencé le hand en 6ème, car en CM2 je faisais des petits tournois avec mon école. C'est ce qui m'a donné envie d'en faire. J'ai joué deux ans à Putanges en -13ans mixte. Après, j'ai fait deux ans à Falaise, puis deux ans en -18 ans France à Courseulles pour partir ensuite à Lisieux. J'ai donc joué en N3 en arrivant là-bas à la mi-saison, et on est montées en N2. Depuis cette année, je joue à Colombelles en N1.

 

Et au niveau scolaire ?

Scolairement, j'ai fait mes années collège à Putanges, sauf la 3ème où je suis partie à Caen, à Jacques Monod, pour être dans la section sportive. J'étais à l'internat. Je m’entraînais trois fois par semaine. Concernant le lycée, j'ai fait un BAC S au lycée Laplace, et je faisais partie du CREF (Centre Régional d'Entraînement et de Formation) où je m’entraînais cinq fois par semaine avec Romain Capelle et Jean-Baptiste Martin (son coach actuel, ndlr). On avait un emploi du temps aménagé, pour pouvoir s'entraîner le matin le mardi et le jeudi, et certains soirs de la semaine. Maintenant je suis en STAPS, pour ma deuxième année. J'aimerais devenir ergonome.

 

Comment allies-tu ta scolarité et le haut niveau ?

Au premier semestre c'était un peu compliqué de tout gérer entre le hand et les cours, car on s'entraînait cinq à six fois par semaine dont le mardi et le jeudi midi, car Oana (Stan) pouvait s'entraîner le midi. Mais là, au deuxième semestre ça va un peu mieux avec quatre entraînements par semaine. Après, j'ai toujours été habituée à gérer un rythme entre les cours et le handball.

 

Arrivée cette année à Colombelles, pourquoi es-tu venue ici ?

D'une part, pour la route. C'est plus facile que d'aller à Lisieux, étant donné que je fais mes études sur Caen. Et d'autre part, pour le niveau. À Lisieux je tournais autour de six buts par match et je me suis dit « pourquoi pas voir plus haut ? », comme je suis encore jeune et étudiante. Venir ici me permet aussi de retrouver le rythme du CREF en m'entraînant plus qu'à Lisieux car je m'entraînais que deux fois par semaine là-bas.

Il y a Octeville qui m'avait appelée aussi, sauf qu'il n'y a pas de STAPS là bas. Donc il aurait fallu que je fasse la route entre Caen et Octeville, ce n'était pas possible. Et comme disent mes parents ; « d'abord les études ! » (Rires).

 

Tu fais partie des plus jeunes de l'équipe, comment s'est passée ton intégration au sein du groupe ?

Je suis arrivée à Colombelles avec six autres jeunes que je connaissais donc c'était plus facile. Et les anciennes sont super sympas donc ça s'est bien passé. Et je pense qu'à un certain niveau, c'est plus facile de s'intégrer dans un groupe. Après, on a forcément nos petits groupes habituels à l'échauffement par exemple. Personnellement, comme je suis la plus vieille des jeunes, ça se passe bien avec toutes les filles. Le fait d'être plus souvent dans le sept de départ te donne confiance vis-à-vis des anciennes, à la fois dans le groupe et sur le terrain.

 

« En début de saison, je suis un peu timide »

 

Peux-tu nous en dire un peu plus sur le poste d'ailière ?

J'ai vraiment commencé à jouer à l'aile en -18 France. Et puis parfois je joue pivot, ou demi-centre ça m'arrive. Ce qui est cool quand on est à l'aile, ce sont les contre-attaques. Sinon, une des spécificités du poste est de devoir compter beaucoup sur les décalages. Ce n'est pas toi qui crées le jeu en tant qu'ailière. Tu prends les tirs quand tu as les décalages. Tu peux lancer les actions, mais c'est surtout toi qui est à la finition et il ne faut pas se louper face à la gardienne.

 

Performante face à Landi-Lampaul, et en forme depuis début 2017, tu montes en puissance ?

Oui, je pense. Au début de l'année, JB (Martin) me changeait souvent de poste, je ne savais pas trop où me trouver. Là, quand on me dit « tu joues à l'aile gauche », ça me donne confiance car j'ai beaucoup de repères à ce poste. Je fais mes spé à l'aile depuis le CREF donc ça change la donne.

Mais en fait, quand j'arrive dans n'importe quel club, au début de la saison, je suis un peu timide. Une fois que je suis en confiance dans l'équipe, j'arrive à me libérer. Contre Landi-Lanpaul, j'ai eu beaucoup de décalages et ça a joué. On a jamais eu autant de tirs à l'aile dans un match.

 

Les blessures incessantes tout au long de la saison vous ont-elles vraiment handicapées ?

Je pense qu'il y a des côtés positifs et négatifs. Par exemple, la blessure de Marie Cénédésé nous a handicapées car c'est elle qui marquait quand même la majorité des buts. Mais cela a permis à certaines filles de prendre des responsabilités sur le terrain, en se reposant moins sur elle. Elle nous donnait vachement de conseils sur le banc, c'était aussi un plus. Ce qui était difficile, c'est qu'on apprenait les nouvelles une par une. Dans les têtes c'était compliqué pour nous.

 

Comment imagines-tu la suite?

J'espère vraiment qu'on va se maintenir. De toute manière, on n'a pas le choix. En ce moment, je pense qu'on est en puissance, on est dans une bonne dynamique. Loïc, notre préparateur physique, nous aide aussi beaucoup que ce soit sur le physique mais aussi sur la cohésion et l'esprit d'équipe, en complément de JB. Physiquement on est prêtes, c'est plutôt en attaque que l'on a encore des choses à travailler.

On a moyen d'accrocher encore des équipes de haut de tableau. On perd souvent sur des petits détails, ça se joue à pas grand-chose. Je suis confiante pour la fin de saison mais il faut qu'on reste dans une bonne dynamique et qu'on ne lève le pied quand on a des semaines sans match.

 

 

Pour sortir un peu du cadre...

 

Ton plus gros coup de gueule :

J'étais au CREF. J'avais accumulé plein de choses, les entraînements ça n'allait pas... Et j'avais pété un câble à l'entraînement, j'étais partie de la salle. Je m'étais mise à pleurer car j'étais fatiguée. Je m'étais ensuite excusée devant toutes les filles, la honte ! (rires)

 

Ton plus beau souvenir :

La montée en N2 à Lisieux il y a 3 ans. On jouait notre dernier match à l'extérieur, du coup on avait fêté notre montée une semaine avant. Les dirigeants avaient apporté le champagne dans les vestiaires, etc., c'était du n'importe quoi ! (rires)

 

Ton pire souvenir :

Quand j'étais en -16 ans à Falaise, en finale de coupe de Normandie, ma meilleure amie s'est fait les croisés.

 

La coéquipière la plus forte avec qui tu as joué :

Esther Durand, la pivot de Lisieux.

 

Ton joueur/joueuse préféré :

Luc Abalo à l'aile !

 

Ton premier autographe :

J'avais 17 ou 18 ans, à Lisieux je crois, sur le ballon d'un enfant. J'étais trop gênée !

 

Un rituel ?

Non pas forcément. Mais si je loupe des buts à l'échauffement, je prends mon ballon, je le sers et je dis « Allez allez allez !» dans ma tête. J'essaie de me mettre dans ma bulle.

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