Handball. Pourquoi Caen démarre-t-il si bien ?

17 octobre 2017 Ecrit par 

Après cinq journées de championnat, le Caen Handball pointe à la troisième place du classement de Proligue à une petite longueur du duo Chartres – Pontault et avec deux points d’avance sur ses premiers poursuivants. Les Vikings, renouvelés de manière conséquente à l’intersaison, n’étaient pas attendus à pareille fête.

 

Dans le top 6 de Proligue, une équipe n’est pas loin de faire sensation. Le Caen Hanbdall, premier non-relégable la saison dernière, compte déjà huit points à son actif. Il avait attendu quatorze matchs en 2016-2017 pour les obtenir. Les quatre succès d’ores et déjà enregistrés constituent par ailleurs les deux tiers de son précédent total. Caen, dont le grand ménage de l’été (onze départs) laissait certains circonspects, réalise un début de saison convaincant. Sa victoire sur Vernon vendredi dernier (31-28) n’a fait que le confirmer. Un départ prometteur qui puise son explication dans plusieurs paramètres…

 

 

Une bonne dynamique collective

 

Le nouveau groupe du Caen Handball, presque totalement reconstitué à l’intersaison, ne pouvait pas espérer meilleur ciment que des victoires pour se souder. Dans ce contexte de nouveau départ, la notion si importante de dynamique prend un sens tout particulier. Elle doit tout aux deux victoires initiales à Créteil et Istres, prétendants affirmés à la montée, et dominés tour à tour d’un but par les Vikings. L’effet de surprise, en cette rentrée des classes, a certainement joué son rôle. Les Vikings ont en tout cas pu s’appuyer dessus pour commencer à construire leur capital confiance. « On ne s’y attendait pas, reconnaît Alexandre Aguilar. Ces deux bonus-là nous font du bien et nous permettent de ne pas être au pied du mur tout de suite. » Les effets sont directs sur le plan du jeu. « Quand on joue relâché, on joue mieux, souligne Thomas Lamora. Il y a moins de crispation, moins de stress. Je préfère me demander quand on va redescendre vers le milieu de tableau qu’être dixième et me demander quand on va décrocher la zone de relégation. »

 

 

Des individualités qui mènent la barque…

 

Le début de saison du Caen Handball est indissociable de celui réalisé par Denis Serdarevic. Le gardien caennais a atteint un nouveau degré de performance, comme en attestent les seize arrêts réalisés à Nice il y a dix jours, ou même sa moyenne de 38 % d’arrêts par match. Il en était à 31 % la saison dernière. « Quand un gardien est très bon, cela porte toute l’équipe, estime Sébastien Rossi. Denis nous rassure. On sait que même si on fait une petite erreur, il sera là derrière. » Dans le sillage de sa très bonne préparation estivale, l’international bosnien surfe sur une belle vague. « Denis se sent fort, le tireur le sent, il fait peur. Un gardien à 10-15 arrêts, ça pèse. Et quand Denis est un peu moins bien, comme contre Vernon, on a Luka (Arsenic) qui arrive et qui sort trois arrêts à six mètres », ajoute Thomas Lamora. Le dernier rempart n’est pas le seul cadre à apporter toute satisfaction. Le demi-centre David Garcia n’a pas attendu pour se montrer très performant des deux côtés du terrain. Il est bien le maître à jouer attendu. Quant à Yannis Mancelle, c’est le finisseur en chef. Il tourne à 5,4 buts par match.

 

 

… mais un collectif qui fait la différence

 

La force du Caen Handball, ce ne sont pourtant pas de quelconques stars, puisqu’il n’y en a pas. L’équipe s’appuie davantage sur un collectif très homogène où il est même parfois difficile de dissocier les titulaires et les remplaçants. Sur le plan statistique, pas moins de huit joueurs inscrivent en moyenne entre deux et quatre buts par match. Christopher Corneil, qu’on avait peu vu à son avantage lors des deux premiers matchs, a mis le feu contre Cherbourg et Nice. Sébastien Rossi, le plus jeune des trois pivots, monte en puissance de manière très prometteuse. Adrian Rosales Pousada, petite déception du début de saison, a retrouvé de l’aplomb en début de match face à Vernon. On peut aussi citer la force de frappe de Macira Sacko et l’excellent match réalisé par Skirmantas Pleta vendredi dernier (7/7).

 

« Le groupe est homogène, soutenait Sébastien Rossi après Nice. Cela nous permet de finir nos matchs avec de l’énergie. » Dragan Mihailovic ne perd pas au change quand il fait ses rotations, et cela pèse lourd dans la balance. « Dès qu’il y en a un qui flanche, il y en a un autre qui le remplace avec un état d’esprit irréprochable », apprécie Thomas Lamora. Enfin, la force collective caennaise s’observe également en défense, à l’image de la première mi-temps effectuée contre Vernon (19-10 à la pause). « C’était très difficile de passer les quatre du milieu, observe le vice-président. On a parfois dans cette équipe une capacité à défendre très fort. On l’avait vu en match amical contre Limoges et Cesson. Il y a de la taille, de l’activité, une belle couverture sur les ailiers. »

 

 

Des nouvelles perspectives envisageables

 

« On confirme que notre début n’était pas une surprise, qu’on est une équipe sérieuse et qu’on peut commencer à regarder vers le haut. Mais attention, on n’a joué que cinq matchs et il en reste 21 ! » Un mélange d’optimisme et de prudence teinte les propos de Thomas Lamora, conscient aussi que son équipe a gagné deux matchs sur quatre d’un but seulement. Les Vikings entendent bien se garder de tout excès de confiance après leur bon départ. Pourtant, les huit points déjà pris ouvrent l’appétit. « On va continuer de jouer notre jeu. Je ne vois pas comment on pourrait s’effondrer techniquement. Physiquement, il peut y avoir des blessures. Mais la situation dépend aussi du réveil des autres. Nancy et Limoges sont un peu dans le dur alors qu’ils avaient annoncé des ambitions de playoffs. D’autres, comme Pontault et Chartres, maintiennent le cap. On pensait jouer entre la 6ème et la 10ème place. Aujourd’hui, on est entre 3 et 9. Mais attention, une trêve mal gérée, deux blessés, et ça peut aller vite. »

 

 

Les prochains matchs contre Nancy et Limoges, étonnants pensionnaires du gruppetto, vaudront très cher. Caen en a conscience mais cherche à garder la tête froide. « On prend les matchs les uns après les autres, assure Alexandre Aguilar. On ne commence pas à se projeter, sinon on commencerait à calculer. Il ne faut pas se reposer sur nos lauriers. On a encore beaucoup de travail à faire, on n’est pas non plus à notre meilleur niveau. » Reste que ce qui est pris n’est plus à prendre… « La première partie de championnat est primordiale si tu veux avoir une deuxième partie plus tranquille. » Caen, qui a souffert en phase retour la saison dernière, en sait quelque chose.

Qui sommes-nous ?

Lancé en novembre 2009 par Aline Chatel, Sport à Caen est animé par une équipe de passionnés.

Rejoindre l'équipe

Vous êtes passionné(e) de sport et souhaitez rejoindre l'équipe rédactionnelle de Sport à Caen ?

Contactez-nous : recrutement@sportacaen.fr

Nous contacter

Une demande de renseignement, une question, un commentaire, des idées à partager ? N'hésitez pas à prendre contact avec nous !

contact@sportacaen.fr