Handball. Caen – Cherbourg, moins explosif ou plus savoureux ?

29 septembre 2017 Ecrit par 

Le Caen Handball disputera demain soir (20h30) son premier match de la saison à domicile. Le hasard du calendrier lui a réservé Cherbourg comme adversaire. Si le derby est toujours particulier, a-t-il encore la saveur d’autre fois ?

 

14 mai 2010. La finale de la Coupe de Normandie de handball, qui se joue à Tourlaville, propose une affiche particulièrement déséquilibrée. Caen, vainqueur surprise de Oissel (N2) en demi-finale, affronte le grand favori cherbourgeois, pensionnaire de Nationale 1. Les Caennais, qu’on ne surnomme pas encore Vikings, n’ont qu’un titre de champions de Pré-Nationale fraîchement acquis à faire valoir. En outre, leur équipe est un bric à brac mêlant les collectifs A, B et même C. Et pourtant, ce jour-là, à la surprise générale, Caen domine son puissant voisin. « C’était le début d’une ambition », se remémore Thomas Lamora. Il y a sept ans, presque une éternité tant son club a parcouru de chemin depuis, le vice-président du Caen Handball avait revêtu le maillot.

 

Le Caen Handball après son titre en Coupe de Normandie.

 

« Le derby l’emportait sur le match de championnat »

 

Pendant des années, l’ombre de Cherbourg a plané sur la Hache, le gymnase où jouait le Caen Handball avant d’occuper le Palais des Sports. Simon Maillard, Romain Capelle, Yacine Zitouni-Terki, Baddra Somaï, Omar Benali et bien sûr Hamdi Mizouni, tous avaient débarqué du Nord-Cotentin pour contribuer à l’ascension caennaise un ou deux étages en-dessous. En avance sur Caen à tout point de vue, sportif comme financier, la JS était un rival tout désigné quand le calendrier la plaçait sur le chemin du petit voisin calvadosien. Après la finale de la Coupe de Normandie, il a fallu attendre trois ans pour que les deux clubs se retrouvent.

 

Caen était passé en un rien de temps de la Pré-Nationale à la Nationale 1. Cherbourg, de son côté, ambitionnait très sérieusement la Pro D2. Le derby retrouvait le charme des rendez-vous à part. « Lors de nos deux premières années de N1, le derby l’emportait sur le match de championnat », se souvient Thomas Lamora. À l’image d’un retour très chaud d’Hamdi Mizouni à Chantereyne il y a quelques années, l’ambiance était parfois électrique.

 

Cherbourg, un budget à 300 000 euros de plus

 

Qu’en reste-t-il aujourd’hui, à l’heure où les deux équipes se côtoient en Proligue ? Caen n’est plus le David d’antan, désireux de montrer à Goliath de quoi il est capable. Les deux clubs se regardent désormais les yeux dans les yeux. Il n’y a plus, en outre, l’historique des migrations de Cherbourg vers l’ex-capitale régionale. Demain soir, seul Xavier Réchal aura évolué dans les deux équipes… en étant parti (comme un symbole) de Caen pour Cherbourg. « On n’est plus le petit club qui récupère des joueurs chez le voisin en avance. C’est même la première fois qu’on aborde le derby en étant devant eux. C’est une petite différence avec les autres années », juge Thomas Lamora.

 

Une petite différence ? Pas aux yeux de Vincent Féret, le président de la JSC. « On y va comme le Petit Poucet qui va tenter de s’en sortir face à une équipe qui réalise un début de saison impressionnant. Chapeau à Caen. C’est l’équipe qui fait la plus grosse impression pour l’instant avec ses victoires à Créteil et Istres. » Cherbourg, de son côté, reste sur un succès contre Dijon (25-23) après être tombé à Limoges (28-26). Thomas Lamora n’en fait pas un outsider pour autant. « Cherbourg a deux années d’expérience en Proligue de plus que nous et un budget plus conséquent. Si c’est un Petit Poucet, beaucoup de clubs de Proligue le sont aussi ! » Avec 1 533 000 euros de budget et 705 000 euros de masse salariale, d’après les chiffres de la LNH, Cherbourg dispose de moyens plus importants que le club du Calvados (1 246 000 euros de budget et 617 000 euros de masse salariale).

 

Jordan Allais est un des rares anciens du Caen Handball, ceux pour qui "il y a toujours eu cette rivalité avec Cherbourg".

 

« J’ai reçu une centaine de demandes de places », Jordan Allais

 

Il n’empêche, « il y a eu un rééquilibrage, ne serait-ce qu’on termes financiers », observe Jordan Allais, produit de la formation caennaise. Et la proximité sportive qui en résulte semble avoir modifié quelque peu l’approche du derby. « Le derby est réduit à l’intérêt du match, estime Thomas Lamora. C’est important pour les supporters et pour certains joueurs, mais on a surtout à cœur de décrocher notre troisième victoire. Les enjeux de classement sont tellement importants… C’est un peu moins explosif qu’à l’époque où on jouait pour le fun. À l’heure actuelle, le derby ajoute de la saveur à un match important. C’est la cerise sur le gâteau. » Un point de vue partagé, cette fois, par Vincent Férey. « C’est un match de championnat important contre une belle équipe. »

 

Alors le derby ne serait qu’un bonus « qui rend la victoire plus belle », comme le décrit Thomas Lamora ? Pas tout à fait… « Il y a toujours une saveur particulière », admet Vincent Férey. « Cette semaine, j’ai dû recevoir une centaine de demandes de la part de potes pour assister au match. Sachant que je n’ai qu’une place, c’est compliqué, sourit Jordan Allais. Il y a une vraie attente des supporters, c’est une évidence. Avec les bons résultats sur lesquels on reste, ce derby tombe à pic. On n’a pas le droit de perdre, pour valider notre bon début de saison, et parce que c’est Cherbourg en face. Il y a un "truc" particulier autour du derby et c’est aux anciens de transmettre cette excitation. »

 

Un derby d’abord dans les tribunes

 

 

La saison passée, les supporters cherbourgeois avaient mis le feu au Palais des Sports, contribuant à la remontée inespérée de leurs joueurs. La JS avait fêté le nul comme une victoire, alors que le Caen HB faisait grise mine. Au match retour, les Mauves avaient maîtrisé leur adversaire, remportant les débats sans que cela ne souffre de la moindre contestation. La donne a bien changé de part et d’autre quelques mois plus tard. La reconstruction opérée par les Vikings a déjà porté ses premiers fruits. « On a envie de revivre ce qu’on a vécu l’année dernière, cette superbe communion entre joueurs et supporters, expose Vincent Férey. On va essayer d’être à la hauteur de Caen et de livrer un bon match. » Caen, de son côté, veut faire la passe de trois et rêve d’installer son « leadership » (J. Allais) sur le territoire normand, où Vernon est venu se mêler à la danse. « Toutes les conditions sont réunies pour faire une belle fête, estime le pivot. On ne s’enflamme pas après nos deux victoires parce qu’on sait que ce sera chaud. Mais on est prêts pour le combat. »

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