Patrice Garande : « On a retrouvé un état d’esprit »

29 octobre 2017 Ecrit par 

Plus que la manière, c’est l’état d’esprit développé devant Troyes hier soir qui a donné satisfaction à Patrice Garande. Dans le jeu, l’entraîneur caennais reconnaît que la victoire des siens a été poussive, en dépit d’une première mi-temps « maîtrisée ».

 

Patrice, quel est votre sentiment après ce succès contre Troyes ?

Je suis très heureux d’avoir gagné, d’avoir 18 points et d’avoir vu un but fantastique. Après, on va dire que c’est un match qu’on a gagné dans la douleur, en souffrant beaucoup. Si on veut rentrer dans l’analyse, je pense qu’on a fait une première mi-temps assez maîtrisée. C’était pas mal, même si on a reculé après l’ouverture du score. En deuxième mi-temps, il y a eu beaucoup trop de déchet et on était beaucoup trop bas. On a permis à cette équipe de Troyes d’avoir trop d’occasions. Il a fallu que Rémy (Vercoutre) nous sorte le grand jeu pour qu’on puisse conserver ce résultat-là. D’un autre côté, on a vu les deux facettes de mon groupe. Par moments, on est capable de bien jouer, de réaliser de belles actions comme celle qui amène le but. Quand on a du déchet, on sent qu’il y a quand même cette volonté de ne pas prendre de but. Tout le monde se dépouille. L’adversaire voit que ça va être compliqué pour lui de marquer. C’est un état d’esprit. Et contre Lorient en Coupe de la Ligue, et ce soir, on a retrouvé ça.

 

Votre équipe aurait pu tuer le match.

Oui, il y a eu des possibilités, mais on n’a pas su le faire. On sait que c’est un de nos problèmes. Ce qui est important, pour que les joueurs gardent confiance, c’est de les inciter à continuer, à oser, à frapper. Le jour où on ne se créera rien, on pourra commencer à s’inquiéter. Il faut travailler devant le but. J’ai aussi vu – ça n’a pas été très souligné – le meilleur match de Jan Repas à mon avis. Il y a des choses qui commencent à venir. Il faut qu’il soit plus costaud sur ses jambes, mais il a montré des choses intéressantes. Tout cela vient petit à petit. Le fait d’avoir 18 points, de gagner des matchs nous permet de travailler dans la sérénité.

 

La satisfaction est-elle aussi d’avoir inscrit ce but dans le jeu ?

Je vois que ça fait plaisir à tout le monde (sourire), mais si on avait marqué sur coup de pied arrêté, j’aurais pris aussi. Dans la conception et la réalisation, c’est un but magnifique. L’idée de rapprocher Ronny (Rodelin) d’Ivan (Santini), c’est aussi pour trouver des choses comme cela. J’espère que ce but, le plaisir qu’il a pris à le marquer, va permettre à Ronny de comprendre que c’est un vrai attaquant. Comme il est tellement doué techniquement, il prend son plaisir ailleurs. Mais il a tellement de qualité devant le but que j’aimerais qu’il soit heureux que quand il marque des buts. Comme ça, je serai sûr qu’il en marquerait (sourire).

 

« Quand on subit comme ça et qu’on tient, il y a aussi sa part d’émotion »

 

La défense centrale a encore changé, en raison des blessures, et pourtant la solidité reste.

Oui, parce que les joueurs communiquent beaucoup. Et on revient à l’état d’esprit. C’est un tout. Un garçon comme Fred Guilbert est revenu aussi à son niveau. Il était en-dessous au début. Adama (Mbengue), on sent qu’il doit progresser sur le plan technique, mais c’est un ensemble. À chaque fois que des joueurs rentrent, il y a des choses qui se passent. Rémy (Vercoutre) a une attitude un peu différente vis-à-vis de ses défenseurs, elle me plaît beaucoup.

 

Deux victoires en deux matchs cette semaine, et deux grosses performances de deux gardiens…

Oui ! Rémy, depuis le début, est très, très bon dans tous les domaines. Brice (Samba), c’est le gardien du futur au Stade Malherbe. Il y a une hiérarchie établie, je l’ai expliquée aux trois gardiens. Brice va jouer dans les deux coupes. Moins il prend de buts, plus il passe de tours et plus il joue. C’est un garçon qui a beaucoup de talent. Ce sont deux styles complètement différents, mais c’est important d’avoir des gardiens de ce niveau-là. J’espère que ça va continuer comme ça le plus longtemps possible.

 

17 000 spectateurs pour un Caen – Troyes, c’est une grosse satisfaction ?

Oui, ça aussi. On sait qu’on a un public fidèle, et en effet c’est à noter. J’espère que ça va continuer dans ce sens. Ce serait génial que le stade soit plein lors des deux gros matchs qui vont venir, contre Nice et Bordeaux. Je pense que les gens qui viennent au stade, même à travers un match comme aujourd’hui dont on ne peut pas dire qu’il soit abouti, sentent qu’il se passe quelque chose. Ils voient des joueurs qui courent, qui se battent. Quand on subit comme ça et qu’on tient, il y a aussi sa part d’émotion. Une très belle émotion en première mi-temps avec un but fantastique, puis onze caennais, un banc et un staff qui souffrent mais qui ramènent la victoire. C’est aussi ça, le foot.

 

18 points au bout de onze journées, vous êtes sur un rythme de 56 ou 57 points…

 

On est à un rythme de 60 points, mais on ne finira pas à 60 points. Cependant, même quand on va traverser des périodes délicates, ce qu’on a déjà acquis nous permettra de rester sereins, de ne pas paniquer. Je voudrais surtout que ça donne envie aux joueurs d’être ambitieux, d’avoir une ambition raisonnable. Dans ce qu’on a fait, il y a matière à progresser, mais aussi une prise de conscience à avoir sur ce qu’on est capable de faire. On a fait des belles choses. On est capable d’embêter beaucoup d’équipes. 

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