Football. Une victoire à l'empreinte Garande

21 août 2017 Ecrit par 

Critiqué par une large frange des supporteurs caennais après les deux défaites initiales subies par son équipe, Patrice Garande a réalisé un joli tour de force à Lille hier après-midi. Ses remaniements tactiques ont été couronnés de succès, et ses hommes se sont mis au diapason.

 

Il est des matchs qui débutent bien avant le coup d’envoi. Au cours d’une semaine d’entraînement réussie ou dans une causerie transcendante. La victoire du Stade Malherbe contre Lille a puisé ses racines dans le 4-4-2 imaginé par Patrice Garande pour contrecarrer les plans lillois. « On connaît Bielsa, avait-il dit en conférence de presse d’avant match, on sait qu’il s’adapte à l’adversaire. » Et si, cette fois, c’est le contraire qui se produisait ? Adepte des mauvais tours joués à l’entraîneur argentin sur ses terres d’adoption, le technicien caennais a apporté des changements majeurs à l’équipe qui disputait cette troisième journée de Ligue 1 dans le Nord. Ils ont tous été payants, qu’il s’agisse du nouveau système permettant plus de soutien autour d’Ivan Santini, d’une paire Julien Féret – Youssef Aït Bennasser très performante dans un milieu à plat, de la titularisation d’Adama Mbengue à gauche ou du plan de jeu opposé au LOSC.

 

« L’idée directrice de ce match était de passer sans arrêt d’un 4-4-2 à un 4-2-3-1 avec Ronny Rodelin près d’Ivan Santini, et, dès qu’on récupérait le ballon, d’essayer de trouver Ronny entre les lignes, expose Patrice Garande. On sait que c’est compliqué contre les équipes de Monsieur Bielsa, parce que ça court beaucoup, ça presse, il y a du marquage. Il faut être d’abord capable de résister à cela. Et puis il faut aussi, sur le plan technique, avoir très peu de déchet pour les mettre en difficulté. » Les Caennais ont réussi tout cela, bien aidés par l’ouverture du score rapide de Damien Da Silva après cinq minutes de jeu. « Dans ce genre de match, ça facilite énormément les choses, reconnaît Rémy Vercoutre, dont la soirée a été relativement tranquille malgré quelques belles parades. Lille devait se découvrir pour attaquer encore plus. »

 

Caen « a imposé son style », selon Bielsa

 

À l’arrivée, Marcelo Bielsa a parfaitement traduit le sentiment dégagé par cette rencontre. « Le match s’est déroulé comme Caen voulait qu’il se déroule », constate-t-il dans des propos relayés par L’Équipe. En cause ? « Deux styles différents se sont opposés. Il y a un abîme entre ce que je voulais faire avec mon équipe et ce qu’a voulu mettre en place l’entraîneur adverse. À l’évidence, l’équipe adverse a joué bien mieux que nous et a imposé son style. » La maîtrise du match et de son tempo a toujours semblé caennaise face à une formation lilloise jamais vraiment capable de trouver les solutions face à la défense irréprochable de son adversaire.

 

Car cette première victoire de la saison, Caen la doit d’abord à une prestation défensive de haut vol. Très bien organisés, cohérents et généreux, les Malherbistes ont produit un modèle du genre orchestré par une ligne arrière extrêmement convaincante. Alexander Djiku et Damien Da Silva, qui s’est en plus offert le luxe de marquer le premier but caennais de la saison, n’ont rien laissé passer. Lille, de dépit, a fini par opter pour des frappes lointaines peu dangereuses. Sur les côtés, Patrice Garande n’a pas davantage de questions à se poser, d’autant plus après la blessure de Vincent Bessat. Adama Mbengue a tout pour rester titulaire comme latéral gauche, à commencer par la solidité dans les duels, mais aussi des qualités techniques qui demandent à être revues très vite. Pour son premier match en Ligue 1, le Sénégalais a fait très belle impression. Frédéric Guilbert, décisif sur le deuxième but, a été égal à lui-même. Cela en dit long.

 

Patrice Garande salue la « détermination » de ses joueurs

 

Dans cette partition sans fausse note, personne n’a été en reste, y compris les joueurs à vocation plus offensive. Julien Féret n’avait plus été vu autant à son avantage depuis bien longtemps, alors que Youssef Aït Bennasser, par son activité incessante et son aisance, a réalisé une entame des plus convaincantes sous le maillot caennais. « On a joué ce match-là avec la même détermination que contre Saint-Étienne, estime Patrice Garande. On s’était dit avant le match de ne surtout pas venir pour subir, mais pour jouer, être conquérant, poser des problèmes à cette équipe. » Une fois devant, Caen a trouvé le parfait équilibre dans sa volonté première de préserver le score. Les Caennais ont défendu avec l’idée d’avancer sur le porteur, donc en refusant de reculer. Le deuxième but, réalisation d’Ivan Santini, en est la meilleure illustration. Malherbe a récupéré la balle dans le camp lillois et s’est rapidement projeté vers l’avant avec Ronny Rodelin et Frédéric Guilbert à la manœuvre. Preuve, aussi, que l’abnégation caennaise s’est accompagné d’une réelle qualité technique.

 

« On a fait preuve de beaucoup d’intelligence dans notre jeu, commente Rémy Vercoutre à juste titre. On avait le souci d’être parfaits tactiquement et on avait bien préparé notre affaire. » Face à une équipe lilloise très décevante, Caen a fait le match qu’il fallait. Les Malherbistes connaissent désormais la marche à suivre avant d’accueillir Metz, battu lors de ses trois premiers matchs, samedi prochain. La priorité est simple et tient en un verbe : confirmer.

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