Jean-Marc Hatchi : « Les résultat de Saint-Lô ne sont pas dus au hasard »

30 novembre 2017 Ecrit par  Bernard Guyonnet

Il est l’un des plus beaux fleurons de ce FC St-Lô qui  promène son invincibilité sur tous les terrains de la région et …d’outremer. Le petit Jean-Marc formé au Racing Club de Basse Terre en Guadeloupe et débarqué très jeune dans notre région est devenu Jean Marc Hatchi, joueur expérimenté et totalement épanoui. Quelques heures avant le match de coupe contre l’équipe de Changé qui pourrait envoyer St-Lô en 32èmes de finale, voici les meilleurs moments d’un face à face très enjoué avec Bernard Guyonnet.

 

B.G. : Avant d’évoquer l’actualité plus récente, jetons un œil sur ton début de carrière. Tu es arrivé très jeune en métropole. Peux-tu nous dire dans quelles circonstances ?

J.M.H. : J’ai  été repéré par le Stade Malherbe lors de la coupe nationale U14. Mes parents ont donné leur accord à Philippe Tranchant et Sébastien Bannier pour que je vienne  en Normandie. Je suis arrivé en même temps que Dimitri Milon, Michael Zami et Yoann Gustarimac et j’avais 15 ans.

 

B.G. : Tu es resté jusqu’en 2011 au Stade Malherbe. Ton départ a été une déchirure ou bien tu l’as accepté facilement ?

J.M.H. : Dire que je l’ai facilement accepté serait mentir. Moralement, ce fut une période compliquée et difficile à digérer de par les circonstances de la rupture. Mais tout cela a été bénéfique pour moi car ça m’a endurci mentalement.

 

B.G. : Après une saison à Avranches où rien n’a vraiment marché, tu as signé à Bayeux où semble-t-il, tu as retrouvé la joie de jouer…

J.M.H. : Ma saison à Avranches a été la suite de l’après-Malherbe. J’étais présent sur le terrain mais la tête ailleurs, donc forcément ça ne pouvait pas marcher. A Bayeux j’ai retrouvé un environnement plus favorable car j’ai été bien entouré par Tof23 (Christophe Vingtrois) et Vincent (Youf) le président mais aussi avec des équipiers sympas (Yaya, La tank, Bazo…). J’ai repris du plaisir à jouer au foot et c’est pour cela que je suis resté 3 ans à Bayeux.

 

B.G. : Depuis 2015 tu évolues au FC St-Lô. Tu as connu tout d’abord la tristesse d’une descente en DH puis de grands moments de joie avec la montée en N3 en Mai dernier et surtout avec votre fantastique parcours depuis mi-août.

J.M.H. : Mon arrivée au FC St-Lô s’est faite par l’intermédiaire de Laurent Lesgent mais la saison fut difficile et s’est conclue par une descente en DH. Un mal pour un bien, car cette relégation  nous a permis de repartir sur d’autres bases. Un nouveau groupe s’est constitué, uni et homogène, avec des objectifs communs. Cela a payé car la saison suivante, on est remonté en N3. Les résultats actuels ne sont pas dus au hasard car en 2 ans, Nicolas Fautrat a bâti un groupe sérieux, ambitieux et soudé.

 

B.G. : Invaincus en championnat où vous faites figure d’épouvantail et toujours qualifiés en coupe… ça plane pour vous ?

J.M.H. : Oui, ça plane (rire)…On en profite tout en restant sérieux, en continuant notre petit bonhomme de chemin, en prenant les matches l’un après l’autre, aussi bien en coupe qu’en championnat.

 

B.G. : Tu vas me dire que tu as l’appétit pour courir après deux lièvres à la fois, mais si tu devais choisir entre une accession en N2 et un parcours en coupe comme Avranches ou Granville (1/4 de finale à d’Ornano contre PSG ou l’OM)…

J.M.H. : (rire) La folie d’un parcours en coupe fait rêver mais il ne faut pas oublier que l’objectif principal, c’est le championnat…

 

B.G. : C’est quoi la recette du succès saint-lois ?

J.M.H. : Il y a beaucoup d’ingrédients (sourire)…le principal c’est que l’on constitue un groupe (de copains) qui évolue et prend plaisir à jouer ensemble.

 

B.G. : Je comprends que l’aspect humain avec une superbe entente entre les mecs soit l’une des clés de la réussite saint-loise, mais l’aspect purement football, on ne peut le négliger et sans dévoiler de secrets, tu peux en parler ?

J.M.H. : Sur le terrain, notre point fort reste le bloc équipe avec un respect rigoureux des consignes établies par le coach. Ajoutées à cela, de grosses individualités défensives comme Joël Lembo, notre patron derrière et offensives  comme Thomas Vauvy et Gérard Bopu qui effectuent un gros taf devant, voilà les grandes lignes de notre réussite actuelle.

 

B.G. : Je suppose que votre périple en Guadeloupe a encore plus resserré les liens au sein du groupe…

J.M.H. : Ah ça, on peut le dire (rire)… Il nous a totalement rassemblés (rire). Forcément on a passé une semaine où nous étions toujours ensemble 24 heures sur 24.

 

B.G. : Pour toi comme pour Kael (Montout), les « enfants du pays », on imagine que ce voyage a été un pur bonheur…

J.M.H. : Oui pour nous deux, c’était une émotion indescriptible. On était comme des gosses. La fierté de jouer devant nos familles, nos amis, nos anciens éducateurs et de venir se ressourcer « au pays », un vrai bonheur 

!

B.G. : Revenons à ton cas personnel. Après avoir longtemps navigué à des postes plus ou moins offensifs du couloir, tu as reculé d’un cran. En général cette évolution intervient plus tard dans une carrière. Mais, on doit dire qu’à ce poste on te trouve métamorphosé. Tu défends plutôt bien et tu es un redoutable contre-attaquant. En tout cas, le duo de flèches Bopu-Hatchi sur le côté gauche, c’est pas mal et je n’ai rien vu d’équivalent en N3…

J.M.H. : L’idée de me placer au poste d’arrière gauche est venue de Philippe Tranchant, suite à l’expulsion du titulaire de ce poste. J’ai eu du mal à accepter au début car je prenais ça comme une forme de régression mais j’ai vite pris plaisir à évoluer à ce poste. Avec un joueur comme Gérard Bopu, c’est plus simple, il fait peur à toutes les défenses (rire). Et puis de l’autre côté, il y a Kael (rire)… En fait c’est toute l’équipe qui fait un travail exceptionnel.

 

B.G. : Samedi le tirage de la coupe vous offre  Changé. Match à domicile, adversaire mal en point dans son groupe de N3… tous les voyants sont au vert. Nicolas Fautrat va vous mettre en garde contre un excès de confiance. Est-ce vraiment utile ?  La leçon de Troarn où vous avez frisé la correctionnelle a sans doute été retenue. En coupe interdiction de négliger l’adversité, n’est-ce pas ?

J.M.H. : Tous les footballeurs le savent : un match de coupe reste un match très particulier où tout est possible. La preuve à Troarn où l’on a été poussé aux prolongations. On a retenu la leçon. En coupe, il ne faut jamais sous-estimer son adversaire quelque soit son niveau.

 

B.G. : Après le passé, après le présent, parlons de l’avenir…est-ce qu’à 25 ans, Jean Marc Hatchi a définitivement fait une croix sur une carrière à plus haut niveau ?

J.M.H. : L’avenir nous le dira… (rire)

 

B.G: Tu as déjà un BEP commerce en poche mais en ce moment tu suis une formation BPJEPS. C’est bien ! Tu as l’intention de rester dans le sport…

J.M.H. : Oui je prépare l’avenir. C’est pour plus tard mais j’aimerais endosser une carrière d’éducateur…

 

B.G. : Pour finir, un petit clin d’œil à une récente soirée sympa. Sur le terrain je te trouve beaucoup de qualités, en dehors aussi ; Seul défaut, tu préfères CR7 à Léo Messi…

J.M.H. : Merci pour le compliment ! CR7 c’est l’exemple parfait du talent et du travail assemblés. Mais j’avoue… Léo Messi, c’est un extra-terrestre.

 

 

Jean Marc Hatchi vu par…

 

 Thibault Deslandes, président du FC St-Lô

« Cela fait deux ans que je côtoie Jean Marc et Il m’a montré deux facettes de son personnage. Une première phase où l’on voyait un garçon discret, hyper poli et respectueux et depuis cette année, il est devenu plus extraverti comme s’il se sentait mieux dans son club, mieux dans sa peau. En fait c’est surtout lors de notre séjour en Guadeloupe que j’ai vraiment découvert jean Marc. C’est un garçon très attachant… »

 

Nicolas fautrat, entraîneur FC St-Lô

« Jean-Marc est un joueur très bon dans son rôle d’arrière gauche. Son profil est très intéressant  car il aime avoir le ballon et percuter dans son couloir. Dans l’aspect purement défensif il a beaucoup progressé et malgré son petit gabarit il défend bien. J’ajoute au rayon des qualités qu’il a un super état d’esprit… Maintenant, il faut qu’il travaille ses sombreros et ses frappes pied droit (sourire). »

 

Thomas Vauvy, équipier au FC St-Lô

« Je ne vais pas faire un discours sur Jean-Marc mais plutôt évoquer un moment qui me parle : C’était le lendemain de la qualif’ en Guadeloupe et « petit Prince d’Outremer »  était grimpé sur les épaules de Gérard Bopu, le sourire jusqu’aux oreilles avec tous les gars qui chantaient autour. Merveilleux moment ! Je m’en souviendrai toute ma vie… »

 

 

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