Morgan Hardoin : « Je n'y trouvais plus mon compte »

15 novembre 2017 Ecrit par 

Après seulement huit journées de championnat, et après s’être vu déchu de son brassard de capitaine, Morgan Hardoin a décidé de quitter le SU Dives-Cabourg. Le latéral ou milieu droit formé au Stade Malherbe a pris sa décision à l’issue d’une réunion organisée la semaine dernière. Il s’en explique sur Sport à Caen.

 

Morgan, tu as donc pris ta décision après une réunion d’équipe mercredi dernier ?

C’est ça, oui.

 

Que s’est-il passé ?

Cette réunion avait pour but de dire ce qui n’allait pas. Certains joueurs ont critiqué mon comportement en estimant que je tirais l’équipe vers le bas. Ça ne m’a pas trop plu. Bien sûr, il n’y a pas eu que ça. Cette décision, je la mûrissais depuis déjà deux ou trois semaines. Elle n’est pas fondée que sur la réunion.

 

Quels sont les autres éléments qui t’ont incité à partir ?

Déjà, les entraînements. Pour moi, je ne progressais plus. Je venais aux entraînements pour être là, presque pour faire acte de présence. Je ne trouvais plus mon compte au niveau des séances que faisait Philippe (Clément), notamment par rapport à l’investissement des autres joueurs. Pour moi, l’investissement en séance n’était pas bon. J’essayais de pousser tout le monde mais je n’étais pas forcément inquiet. Ensuite, on m’a retiré le brassard au lendemain de la défaite contre Gonfreville lors du dernier match. Quand on retire le brassard à quelqu’un, c’est que cette personne-là pose des problèmes à mon avis. Si c’était réellement le cas, je pense que j’aurais pu l’accepter. Mais je n’avais pas ce sentiment, dans le sens où j’aidais quand même l’équipe, même si les résultats n’étaient pas spécialement bons.

 

Tu pars dans une situation où l’équipe est dernière. N’as-tu pas l’impression de lâcher le navire en perdition ?

Si... Je pourrais comprendre que les gens disent que j’ai fui les problèmes, dans la mesure où on est dernier et où j’étais capitaine sur le début de saison. Mais mon départ n’est pas lié aux résultats, c’est ce que j’ai dit au coach quand je lui ai annoncé ma décision lundi soir. J’étais parti pour rester toute la saison et maintenir le club, quoi qu’il arrive. Comme je l’ai dit, il y a des personnes qui ont dit des choses sur moi que je n’ai pas appréciées. Vu que je me suis considéré comme un problème après la réunion, le problème s’en va et peut-être que ça ira mieux pour eux. Je l’espère, parce que je ne pars pas en mauvais termes, que ce soit avec le président ou avec le coach. Je pars pour les raisons que j’ai déjà citées, mais aussi pour la distance. J’habite Bayeux. Je mets une heure pour aller à Dives, une heure pour revenir. Tout ça mis bout à bout m’a amené à prendre cette décision. Mais je ne pars vraiment pas en raison des résultats, même si des gens vont le penser.

  

C’est une décision lourde de partir aussi tôt dans la saison. Est-ce que tu n’as pas peur que cela ternisse ta réputation ?

C’est possible, mais je ne suis pas un mauvais gars. J’ai respecté le club du SU Dives jusqu’au bout. J’ai respecté mes engagements. Le club qui me prendra verra que je suis quelqu’un de respectueux et d’investi dans les projets pour lesquels je m’engage. Oui, ce départ va certainement jouer sur mon image, mais je ne m’en fais pas parce que les gens verront bien que je ne suis pas un mauvais gars. Si je suis parti de Dives, c’est pour des raisons personnelles qui sont compréhensibles.

 

« L’année dernière, c’était magnifique »

 

 

Est-ce qu’il y a un goût d’échec dans ce départ ?

Oui, c’est un échec pour moi. J’avais un pacte avec le coach, qui était déjà de pouvoir maintenir le club, et même pourquoi pas aller chercher les premières places. C’est un échec parce que je quitte le navire alors que ça ne va pas trop. [Philippe Clément] a compris mes choix. C’est une décision bien réfléchie. Il me fallait des changements. L’année dernière, ça se passait très bien. Il y a eu des départs cet été, notamment ceux de Jules Huet et Diego Trégoat, qui étaient mes potes. Quand tu perds deux amis, ce n’est pas facile de les remplacer. Quand tu ne les remplaces pas, tu te renfermes un peu sur toi-même.

 

Tu auras connu bien des choses en un peu plus d’un an à Dives ! L’aventure aura été particulière avec ce club…

Ah oui, ça aura été particulier du début à la fin. L’année dernière a été la plus belle saison que j’ai vécue. On a connu des choses incroyables, entre les 20 000 kilomètres parcourus, un maintien obtenu assez tôt, des voyages en Corse… On était un groupe soudé, c’était magnifique. Je ne retiens que des bons souvenirs. Il n’y a que le début de cette saison qui a été compliqué. Je ne me sentais pas bien.

 

Comment expliques-tu les difficultés que vous avez rencontrées jusqu’à présent en National 3 ?

Pour moi, c’est un problème d’investissement, de choses qui ne sont pas dites… Il y a un problème entre les joueurs. J’espère que la réunion qui a eu lieu va faire avancer les choses. À l’entraînement, il y avait un manque d’investissement total de beaucoup de joueurs. Ça ne permet pas de préparer des matchs sereinement et de progresser collectivement. J’espère pour eux que ça se finira bien. Comme je l’ai déjà dit, je ne pars pas du tout en mauvais termes.

 

Comment envisages-tu la suite immédiate ?

J’ai quelques contacts. Je ne vais pas prendre de décision immédiatement. Il y a plein de choses à prendre en compte. Je dois normalement entamer une formation au moins de janvier, je ne sais pas si je vais reprendre d’ici là. En tout cas, je vais continuer à m’entraîner. Je ne sais pas encore où. Si un club m’appelle et me propose un projet intéressant où je pourrai y jouer un rôle, j’y répondrai très probablement favorablement.

 

 

 

L’entraîneur divais Philippe Clément, que nous avons contacté, a eu les mots suivants : « Morgan ne se sentait plus épanoui chez nous, nous avons donc accepté sa démission. Le mental est l’essence de la performance. J’espère lui avoir transmis quelques messages qui lui serviront dans la vie future. Bonne continuation à lui. »

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