Maxime Verrier (Dives-Cabourg) : « On n’a pas le droit de lâcher »

07 novembre 2017 Ecrit par  Bernard Guyonnet

Il est le dernier rempart d’une équipe divaise qui possède la défense la plus perméable du championnat. Chaque week-end, pourtant, il réalise des prouesses pour maintenir son équipe à flot. Son talent est reconnu sur tout le territoire puisqu’il vient d’être sélectionné avec Xavier Gallien, son compère de Saint Lô, pour garder la cage de l’équipe régionale. Bernard Guyonnet est allé à la rencontre d’un gars très cool, pour une discussion à bâton rompu…

 

B.G. : Maxime, certains pseudo-spécialistes t’ont découvert depuis deux saisons et ta signature à Dives-Cabourg. Pour les gens qui s’intéressent au foot régional, par contre, tu n’étais pas un inconnu. Personnellement je me rappelle avoir coché ton nom un soir de coupe de Basse-Normandie où tu avais largement contribué à une qualification de Verson contre l’AS Cherbourg. Peux-tu nous rappeler ton parcours ?

M.V. : J’ai débuté le foot à l’âge de 5 ans à Verson puis J’ai intégré le centre de formation du Stade Malherbe où je suis resté de 14 à 18 ans. Ensuite après une pige à Mondeville je suis retourné à Verson. Depuis la saison dernière, je suis au SUDC.

 

B.G. : Comment es-tu arrivé gardien de buts ?

M.V. : Tout petit, j’ai été attiré naturellement par le poste. Peut-être par fainéantise (rire)…

 

B.G. : Tu es le gardien qui a gardé les buts de l’équipe de Normandie donc à priori le numéro 1 et en même temps celui qui a encaissé le plus de buts en club. Paradoxal ?

M.V. : Oui c’est un peu paradoxal (rire). Je ne sais pas si l’on peut dire que l’équipe serait plus mal en point mais je trouve ça cool que malgré notre classement, mes perfs’ me permettent de porter le maillot de la sélection normande.

 

B.G. : Xavier Gallien, ton collègue dans l’équipe régionale n’a pris que deux buts avec Saint Lô. Tu dois l’envier?

M.V. : Oh que oui ! J’envie ses stats’ et son classement (rire), c’est tellement plus agréable d’être premier, surtout que Xavier est pour beaucoup dans le parcours qu’effectue Saint Lô.

 

B.G. : D’ailleurs, on dit que les gardiens forment une caste à part, une confrérie plutôt, et qu’il y a entre vous une complicité voire une certaine solidarité. Tu es d’accord ?

M.V. : J’aime beaucoup le terme de confrérie. C’est un poste à part et nous sommes regardés différemment. Oui, globalement, les gardiens s’entendent plutôt bien entre eux. Après, il y a des cons partout (rire).

 

B.G. : Justement, ton collègue de Bayeux, Jérémy Bazire a stoppé deux pénaltys ce week-end…

M.V. : Ah, je pense qu’il peut être fier. Ce genre de prestation, ça n’arrive pas souvent. S’il peut éviter de renouveler ce genre d’exploit quand il viendra à Heurtematte, ça nous arrangera (rire).

 

B.G. : On affirme souvent qu’un bon gardien, c’est un gardien qui a de la chance (poteaux, barre…etc), c’est une ânerie de dire ça ?

M.V. : Je ne sais pas si c’est une ânerie mais j’ai déjà constaté que lorsque tu es en pleine bourre, tu as souvent le « cul » qui t’accompagne. Par exemple, la frappe déviée aux 16 mètres qui te prend à contre-pied mais qui vient mourir sur le montant ou le faux rebond qui empêche le ballon de rentrer. Le dicton est valable autant pour le gardien que pour l’attaquant ou pour tout joueur de champ : « la réussite, ça se provoque »…

 

L’équipe de Normandie, « un honneur »

 

B.G. : Quand tu étais ado, tu avais un modèle ou une idole ?

M.V. : Iker Casillas et Jérémie Janot. Ce sont clairement les deux gardiens que j’aimais regarder quand j’étais plus jeune.

 

B.G. : Pour revenir à l’équipe de Normandie, comment as-tu appris ta sélection ? Je suppose qu’il y a eu des rassemblements voire des matches…

M.V. : Je l’ai appris par Facebook car plusieurs joueurs avaient partagé l’info et j’ai vu mon nom sur la liste. On a eu une première pré-sélection au CREPS d’Houlgate qui a réuni 40 joueurs, puis un match avec une vingtaine de joueurs contre Dives et enfin une séance avant de partir avec le groupe des 16 sélectionnés.

 

B.G. : Jouer dans l’équipe de Normandie et représenter la région, c’est honorifique, mais c’est surtout une belle aventure humaine et sportive. Se retrouver à partager avec des mecs qui sont habituellement des adversaires, c’est sympa, n’est-ce pas ?

M.V. : C’est sûr que c’est un honneur. Mais c’est surtout très plaisant de passer du temps ensemble et d’apprendre à mieux se connaitre. Justement, le fait que ce soient des adversaires n’est pas dérangeant et je peux dire que les échanges étaient vraiment cool.

 

B.G. : Vous avez effectué une entrée victorieuse dans la compétition contre la ligue du Grand Est (1-0, but de Bopu le Saint-Lois). C’est quoi le programme maintenant ?

M.V. : Nous recevrons la ligue du Haut de France le week-end de Pâques.

 

« Relever la tête et surtout assumer »

 

B.G. : Parlons maintenant du SUDC. Es-tu inquiet par votre situation après 8 journées (dernier avec 4 nuls et aucune victoire) ?

M.V. : Oui clairement. Le match de samedi dernier est le symbole d’un début de saison difficile. La tâche s’annonce compliquée mais on fera tout pour inverser la vapeur.

 

B.G. : Par rapport à la saison dernière, tu dirais que Dives est moins performant ou que le groupe de N3 cette saison est plus relevé que le CFA2 de l’an passé ?

M.V. : Je pense que Dives est moins performant. Certes, il y a de bonnes équipes dans ce groupe mais l’année dernière, on donnait du fil à retordre à des équipes bien plus ronflantes.

 

B.G. : Comment expliques-tu cette deuxième mi-temps que vous abordez en supériorité numérique avec un but d’avance et que vous abandonnez à votre adversaire ? C’est une grosse bourde…

M.V : Bourde ? Le mot est faible. On a vraiment manqué de respect au maillot. On avait les moyens de se donner un peu d’air et on se tire une balle dans le pied. Je dirais qu’à défaut de tuer le match comme nous avons eu l’occasion de le faire, on aurait au moins pu être dans les contre-efforts et se contenter de défendre solidement pour gagner. A présent, il faut relever la tête et surtout assumer…

 

« Ça me fait tout simplement rire d’être gardien de but dans ces conditions »

 

B.G. : Ton état d’esprit est résolument positif. Il va falloir le transmettre à tes équipiers car certains peuvent être tentés de lâcher ou de renoncer.

M.V. : Pour l’instant, il y a des sourires sur les lèvres. En séance, le groupe vit plutôt bien ensemble. Mais on ne peut pas se pourrir entre nous en plus de produire des prestations de ce genre. Je crois qu’il nous manque une étincelle ou deux pour nous rapprocher de la vérité et aucun d’entre nous n’a le droit de lâcher.

 

B.G. : Question plus personnelle pour conclure. Tu as la réputation d’être un mec convivial, chaleureux un peu fêtard, bref le bon copain que tout le monde souhaite avoir. Mais dans tes buts, tu apparais comme un joueur sérieux, discipliné et très concentré…Y aurait-il deux Maxime Verrier, ou bien Maxime Verrier serait tout simplement un mec sérieux qui ne se prend pas au sérieux ?

M.V. : Non, non, il y en a bien qu’un seul, unique en son genre (sourire). Je suis tout simplement un garçon épicurien et excessif. Quand je m’entraîne ou quand je joue, c’est tout à fond mais c’est aussi le cas dans ma vie de tous les jours et dans la fête…. Mais c’est vrai que je suis un garçon qui ne se prend pas au sérieux ; je n’ai pas le temps pour ça (rire).

 

B.G. : C’était sympa cet entretien… on a fait le tour de l’actualité.

M.V. : il y a un sujet que l’on n’a pas abordé, c’est ma main, je veux bien en parler. J’ai toujours refusé d’en parler mais là, pas de soucis. C’est simple, ça s’appelle le syndrome de Poland. C’est une malformation du grand pectoral mais qui, dans mon cas s’est prolongée jusqu’à la main droite qui est atrophiée (phalanges manquantes sur plusieurs doigts). Quelle idée de jouer dans le cageot me diras-tu ? (rire) Comme je suis né comme ça, j’ai appris à vivre comme ça, et cela ne m’a que très rarement desservi dans mon rôle de gardien. On m’a octroyé le surnom de Marvel, un héros de BD, et par rapport au foot et aux clubs que j’ai fréquentés je ne me suis jamais caché. Avec du recul, ça me fait tout simplement rire d’être gardien de but dans ces conditions.

 

B.G. : C’est plus qu’une anecdote, c’est une vraie révélation. Merci Maxime et M… pour la suite de la saison !

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