Dramane Dillain (Evreux FC) : « Rester les pieds sur terre »

03 octobre 2017 Ecrit par  Bernard Guyonnet

Dramane Dillain, actuel entraîneur de l’Evreux FC 27 (troisième en National 3) était à Venoix, dimanche, pour superviser la réserve du Stade Malherbe son futur adversaire en championnat. Bernard Guyonnet l’a rencontré au bord du terrain…

 

Si Dramane Dillain évolue depuis une quinzaine d’années en Haute-Normandie à Quevilly puis Evreux, avec quand même un intermède d’un an à Raon l’Étape, il est bon de rappeler qu’il a fait toutes ses classes de footballeur dans le Calvados. Sélectionné en équipe de Basse-Normandie alors qu’il évolue sous les couleurs du CS Honfleur il est recruté par le Stade Malherbe en 1995. Il  y restera jusqu’en 2000, le temps de côtoyer les Bernard Mendy, Mathieu Bodmer et autre Titi Deroin. À l’époque le centre de formation est dirigé par Nasser Larguet. C’est ensuite le départ vers Quevilly qu’il choisit au détriment de Mondeville ou de Cherbourg, car il sent qu’Eric Fouda, coach de l’USQ, le veut dans son effectif. Dans la banlieue rouennaise, Dramane vit huit saisons riches en évènements, une montée en CFA, un 8ème, un 16ème  et trois 32èmes  en Coupe de France… sans oublier la saison où bien  que défenseur central, il inscrira 12 buts. Après une saison un peu galère à Raon l’Étape sous les ordres de Richard Déziré, il intègre le club d’Evreux comme joueur en 2009/2010 puis comme entraîneur en 2012/2013.

 

B.G. : Dis donc Dramane, tu reviens sur les lieux de tes exploits ?

D.D. : Les installations du Stade Malherbe ont bien changé depuis mon époque. On n’avait pas ces conditions de jeu mais je reviens toujours à Caen avec plaisir car mon passage à Malherbe a constitué une étape importante dans ma construction d’homme. À Caen, j’ai fait du foot à grande dose mais j’ai aussi obtenu mon Bac avec mention. En fait, j’ai toujours eu la tête sur les épaules et  j’ai très vite pris conscience de mes capacités et de mes limites… ah si j’avais été plus rapide !

 

B.G. : Ce  SM Caen-Quevilly, c’est un petit raccourci de ta carrière… en voyant ce match, tu dois être un peu nostalgique ?

D.D. :   Un peu mais je ne n’ai pas de regret et je crois que j’ai fait le bon choix de ne pas tout miser sur le foot.

 

B.G. : En tout cas, ce n’est pas le début de saison de l’EFC qui peut te donner des regrets… épatant ce départ ? Bon, je sais, tu vas encore me dire que c’est beaucoup de chance… ne serais-tu pas malicieux comme Guy Roux qui jouait le maintien en début de saison et qui finissait européen ?

D.D. : D’abord je dois dire que ce groupe Normandie est beaucoup moins dur que le groupe Centre où nous étions la saison passée. Ensuite il faut reconnaitre que nous avons recruté trois joueurs, Valentin et Billaux au milieu et Petitjean en défense centrale, qui apportent un vraie plus value. Pour le recrutement nous sommes limités par nos faibles moyens financiers, alors on s’appuie sur les joueurs issus pour la plupart de nos équipes de jeunes. Il se trouve que l’amalgame dans l’effectif s’est bien réalisé ce qui explique aussi notre réussite dans ce début de saison. Mais je demeure les pieds sur terre car nous avons peu de marge avec les autres équipes. Contre Avranches, on ne méritait pas plus la victoire qu’eux, contre Oissel, on a bénéficié de leurs expulsions et à Alençon, l’arbitre peut siffler pénalty contre nous à la fin du match. Si tu es sous une bonne étoile tu gagnes les 3 matches si tu es en période de poisse, tu peux les perdre…il faut que l’on reste mobilisé car tout peut aller très vite dans un sens comme dans l’autre.

 

B.G. : Former des jeunes, c’est un peu l’image de marque de ton club ?

D.D. : L’exemple d’Ousmane Dembélé avec sa signature au Barça a bien sûr rejailli sur notre club mais  Bodmer, Montanier, Mandanda avant lui ou plus prés de nous, le jeune Grandsir à Troyes ont mis en valeur la qualité de notre formation. Notre objectif c’est de formater nos jeunes au travail et à la rigueur. Apprendre à être sérieux et rigoureux ne peut que les aider à avancer et pas seulement au foot.

 

B.G. Tout à l’heure j’évoquais Guy Roux… toi, quel est ton modèle d’entraineur ?

D.D. : J’aime bien ce que font des gars comme Simeone ou Mourinho. Ils transmettent la grinta à leurs joueurs mais ils savent aussi maitriser la tactique et se remettre en question. J’aime aussi tout le travail en amont pour préparer un match, étudier le jeu de l’adversaire, et essayer de trouver la parade pour les gêner au maxi. Et puis je n’hésite pas  s’il le faut à changer de système en fonction de l’adversaire.

 

B.G. : Donc en ce moment, tu prépares déjà la façon dont tu vas battre Malherbe ?

D.D. : Malherbe s’ils jouent comme ça, je crois qu’il y aura peu d’équipes pour les empêcher de monter mais on peut essayer de les faire déjouer.

 

B.G. : Evreux c’est un tremplin pour aller voir plus haut ou ton travail au club te convient parfaitement ?

D.D. : Dans ce métier d’entraîneur, il ne faut pas faire de projection à long terme car on ne sait jamais ce que l’avenir à court terme peut nous réserver. Mais j’ai la chance d’être dans une grande ville et dans un bon club. On a connu quelques tensions au moment de la fusion  et l’environnement n’est pas toujours facile mais ça me fait grandir dans ma fonction d’entraîneur. Donc pour l’instant je n’ai pas envie d’ailleurs et  j’aspire à bien grandir avec Evreux.

 

B.G. Ce week-end, tu as fêté ton anniversaire. On peut dire que tes joueurs t’on gâté…

D.D. : Oui c’était sympa et je les remercie mais surtout il faut que ces bons résultats les incitent à progresser encore parce que là, on est arrivé nulle part.

 

 

Dramane Dillain vu par…

 

Éric Fouda son 1er entraîneur à Quevilly :

«  C’est un futur très bon coach. Comme joueur, il était un leader sur le terrain et déjà très fort tactiquement. Son passage par pratiquement toutes les catégories d’âge chez les jeunes en tant qu’éducateur lui a apporté une grande maitrise de la gestion des hommes, chose indispensable pour aller vers le haut niveau. »

 

Christophe Point, son entraineur 15 ans nationaux au Stade Malherbe :

 

« Dramane était très compétiteur. Je ne suis pas surpris qu’il devienne éducateur même si à 15 ans, ce n’était pas affiché clairement… Les copains étaient plus présents. Il était intéressé par l’activité et quand même un peu plus mature que les autres. C’est quelqu’un avec une personnalité attachante dont j’ai toujours suivi le parcours. »

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