Avec Tarik Baghit, la relève d'Hérouville est prête

16 mai 2016 Ecrit par 

Hérouville n'a pas réussi de nouvel exploit, samedi après-midi, en subissant les foudres de Garges au stade des demi-finales de la Coupe de France de futsal. Mais au côté des cadres que sont Samir Alla et Jonathan Tendron, un homme s'est mis en évidence dans le gymnase Allende. Tarik Baghit, 19 ans, s'est fendu de deux buts et de deux passes décisives.

 

C'est un peu la surprise du chef. Resté sur le banc pendant la quasi-totalité du match un mois plus tôt contre Béthune (victoire 4-3), Tarik Baghit est le joueur hérouvillais qui a bénéficié du plus gros temps de jeu derrière les incontournables Eddy Franchet, Samir Alla et Jonathan Tendron, samedi après-midi. Une récompense logique de sa solide prestation. Inconnu du grand public, l'autre patte gauche d'Hérouville Futsal a montré l'étendue de ses qualités devant le troisième de D1. « Tarik s'est révélé, mais on savait que ce petit jeune avait quelque chose, souligne son entraîneur Abdou Alla. On l'a mis en confiance avant le match, et dès les premiers touchers de balle, cela a souri. Et de la même manière qu'au basket, quand un joueur est en forme, ses partenaires cherchent à le mettre en évidence. » Tarik Baghit a eu les ballons pour s'exprimer. S'il n'a pas toujours été d'une précision infaillible dans ses tentatives côté gauche, il a néanmoins pu faire apprécier sa frappe sèche aux abords du but gargeois. Mais pas seulement. Son aisance balle au pied, de cette semelle que le futsal apprécie tant, a forcé le respect. Le jeune homme est un enfant des city stades, et cela se voit. « J'aime bien dribbler », lâche-t-il dans un sourire.

 

Tarik Baghit n'a pas eu besoin de beaucoup de temps pour s'adapter au futsal. C'est pourtant sur herbe que s'est écrite sa carrière jusqu'à présent. « C'est ma première année dans un vrai club de futsal. Avant, je venait juste pour m'amuser. Puis mes oncles m'ont proposé de venir jouer. » Les tontons en question ? Abdou, Samir et Nabil Alla, qu'on ne présente plus. Autant de sources d'inspiration pour le jeune Tarik. « Ils me donnent la force de jouer avec eux, m'encouragent tout le temps... Ce sont mes idoles. » Paradoxalement, n'est que la première année que la grande famille foule ensemble les terrains. Pendant neuf ans, Tarik Baghit a défendu les couleurs du Stade Malherbe. Au moment de passer chez les U19, il a préféré changer d'air. « Il y avait beaucoup de recrues. J'ai décidé de partir. » Direction Saint-Lô et son équipe de U19 nationaux. La concurrence est terrible – Lille, Paris, Lens, Malherbe, Valenciennes... – et la saison « compliquée ». Saint-Lô termine avant-dernier avec trois victoires, trois nuls et vingt défaites. « Ça a tout de même été une bonne expérience, retient Tarik Baghit. On a appris. » La relégation en ligue marque néanmoins la fin de la courte aventure manchoise pour le natif d'Hérouville. Ça ne servait à rien que je reste loin de chez moi. Retour au bercail ! »

 

Herbe ou salle ? Il faudra choisir...

 

C'est donc à presque 19 ans que Tarik Baghit a ramené ses crampons dans sa ville, doublant foot à 11 en Division d'Honneur et futsal. Ses qualités techniques et sa puissance font de ce grand gabarit « une pépite du club », aux dires d'Abdou Alla. Et si la saison sur herbe, où il occupe indifféremment l'un ou l'autre des couloirs, voire un poste axial – « je peux jouer partout devant » – n'est pas une franche réussite d'un point de vue collectif, la salle laissera des souvenirs « inoubliables » au novice. « C'est limite un rêve, ce qu'on a vécu. Ce n'est que du bénef'. On ne peut être que satisfaits de nous. » Et si en quart de finale de la Coupe de France, Tarik Baghit ne s'était « pas senti à l'aise », il a dépassé les attentes au tour suivant. « Je suis très bien rentré dans le match. Samir était venu me parler avant. Il m'avait dit de me lâcher, que je n'avais rien à perdre. C'est comme ça qu'il faut que je joue. » Son rendement n'a pas suffi pour contrecarrer les plans gargeois. « On n'a pas le droit à l'erreur face à une équipe de Ligue 1. Il suffit que tu ne cadres pas bien ton joueur, et c'est fini. Avec la fatigue, c'est devenu plus compliqué. » Devant à 4-1 en première mi-temps, Hérouville sait que sa chance est passée à ce moment-là. « On a eu la balle du 5-1 et on aurait bouclé le match à ce moment-là. Derrière, on prend un but, et ça s'enchaîne. C'est d'autant plus regrettable qu'ils arrivent suite à des erreurs de notre part. »

 

Hérouville se consolera en se disant que rivaliser avec le troisième de première division constitue, en soi, une sacrée performance. « Ils sont plus structurés, tiennent mieux le ballon que nous, sont plus à l'aise, constate Tarik Baghit. Notre avantage sur eux, c'est la grinta, la haine. On sait qu'une équipe de Ligue 1 tombera un peu dans la suffisance contre une DH. Ça n'a pas suffi... » Le parcours en Coupe de France aura néanmoins confirmé une chose : « on n'a rien à faire en DH. On a fait les cons quand on était en D1, maintenant l'objectif est de monter en D2. » Les barrages commenceront dès samedi au Mans. Tarik Baghit, dont la petite sœur Dounia fait aussi figure d'espoir du football régional, sera un élément moteur de l'effectif hérouvillais. En cas de succès, une nouvelle problématique se posera. Il faudra choisir entre l'herbe et la salle pour la saison 2016-2017. « Une saison en Ligue 2, ça serait pas mal, mais ça me ferait bizarre de quitter l'herbe... Aujourd'hui, ça reste un peu plus important pour moi. » Une chose semble acquise : c'est à Hérouville que s'écrira la suite footballistique de l'homme à la mèche soignée. « De la même manière que pour Dylan (Dumarais), nous avons un projet de réinsertion par le sport pour ces jeunes déscolarisés, expose Abdou Alla. Ils sont l'avenir du club. »

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