Ambre Ferey, pierre angulaire de l'AGC

25 mars 2017 Ecrit par 

L’Avant Garde Caennaise disputera demain après-midi (15h00) un match crucial dans l’optique de son maintien. Sur une pente ascendante depuis le début de l’année civile, elle devra confirmer devant Le Mans, autre formation positionnée dans la deuxième moitié de tableau. Ambre Ferey, la gardienne de l’AGC, est un beau symbole du redressement caennais.

 

C’est une gardienne de but qui ressemble à une gardienne du temple. À 18 ans, Ambre Ferey est la plus ancienne représentante de la section féminine de l’AG Caen. Voilà près de huit ans qu’elle foule les pelouses du Campus 2 crampons aux pieds et gants aux mains. Surclassée depuis trois ans, elle est désormais une des plus jeunes gardiennes de Deuxième Division. « Je suis très fière d’en être arrivée là. Être titulaire dans ce club qui est un peu ma deuxième famille, c’est magique. Mais j’espère que ce n’est pas une finalité. Je ne vais pas me contenter de cela. » Le chemin parcouru est pourtant beau depuis des débuts à Thaon puis cette rencontre avec Steeve Elana au détour d’un match à d’Ornano. Une vocation était née, elle ne s’est jamais démentie. Rapidement repérée parmi les meilleures gardiennes de la région, Ambre Ferey a fait son bonhomme de chemin sans toutefois connaître le schéma classique des jeunes pousses de son âge. « C’est une des seules gardiennes de ce niveau à ne pas être passée par le parcours d’excellence sportive, précise son entraîneur Julien Alvarez. Elle vient totalement du monde amateur. »

 

La progression elle-même n’a pas toujours été linéaire. Sélectionnée pour la Coupe Nationale en 2013, Ambre Ferey y a vécu son plus mauvais souvenir sportif. Gardienne numéro 2 en début de compétition, elle avait été projetée titulaire lors de la petite finale. « Je n’étais pas préparée, on avait perdu et ça ne s’était pas bien passé pour moi. J’étais dégoûtée du foot après ça. Derrière, je suis arrivée rapidement chez les seniors à l’AGC. J’ai balancé entre les équipes A, B et C. Il y a eu des remises en question mais je n’ai pas lâché. Le foot, c’est une passion, et c’est aussi un peu ma vie. » Héroïne du parcours en Coupe de France il y a deux ans, quand elle avait pallié à la blessure de Jéhane Lepoittevin, la gardienne titulaire, en concurrence avec Pauline Dupré la saison dernière, Ambre Ferey a attendu la montée en D2 pour faire enfin son trou. Paradoxal et surtout inattendu. « J’ai commencé la saison en U19 National. J’étais capitaine et j’étais la plus heureuse du monde. Mon objectif était alors de faire quelques matchs en D2. Jamais je n’aurais pu espérer faire toute la saison. » Une altercation entre l’entraîneur d’alors, Stéphane David, et sa numéro 1 Pauline Dupré a chamboulé les plans.

 

« J’ai passé un cap cette saison »

 

ambre lille 16Ambre Ferey a pris place dans la cage caennaise le dimanche 2 octobre face à Boulogne-sur-Mer. C’était la quatrième journée de D2… et le premier point ramené par son équipe. « Je ne suis pas arrivée par la grande porte. C’est mon regret de ne pas être entrée dans l’équipe par mon travail, mais parce qu’il n’y avait personne d’autre. Depuis, j’ai fait ma place et j’ai démontré de bonnes choses. Alors j’espère sortir par la grande porte. » Le dernier rempart de l’AGC n’est pas pour rien dans le redressement opéré par l’AG Caen ces derniers mois. La benjamine de l’équipe a pris une nouvelle stature. « Elle beaucoup progressé cette année dans la prise de parole sur le terrain et a notamment travaillé son jeu au pied, indique Hilde van Herwijnen, capitaine et défenseuse centrale. C'est quelqu'un de calme et assez discret dans un groupe. Malgré son jeune âge, elle est très mature, et cela ne m'étonne donc pas vraiment qu'elle joue à ce niveau-là cette année. Malgré sa passion pour la musique (on y reviendra, ndlr), elle a toujours joué au foot, donc les qualités techniques, elle les a. » Réputée pour sa prise de balle et sa sérénité, qui a parfois confiné à la nonchalance dans ses jeunes années, Ambre Ferey a un autre atout : sa taille (1,76 m). « Cela facilite les choses », constate son entraîneur.

 

Grande mais « pas costaude », la gardienne de l’AGC « manque légèrement de puissance musculaire », aux dires de son coach. Il n’empêche, l’évolution saute aux yeux. « Quand tu joues en D2, tu es obligée d’élever ton niveau, justifie l’intéressée. Il faut être encore plus exigeant avec soi-même. Il y a encore plein de choses à travailler, mais j’ai évolué mentalement et les capacités techniques s’en ressentent. J’ai passé un cap cette saison. C’est l’année où je progresse le plus rapidement, et c’est logique. » Les entraînements spécifiques effectués sous la houlette d’Adrien Besnard n’y sont pas étrangers non plus. Toutefois, « elle a encore une grosse marge de progression », assure Julien Alvarez, évoquant les sorties aériennes et le jeu au pied. Finalement, Ambre Ferey pourrait être le reflet de cette équipe caennaise novice en D2 mais plus que jamais convaincue qu’elle y a toute sa place. Toujours avant-dernière du classement, l’AGC reste à trois points des barrages après le bon nul obtenu à Brest dimanche dernier. « Quand on tient le leader Lille pendant 89 minutes et qu’on mène contre Brest, on voit le chemin parcouru. Ce qu’on récolte, c’est le fruit d’un travail qu’on sème depuis janvier. La différence est énorme sur le plan mental. On s’est reconnectées entre nous et on s’est lâchées. La première partie de saison a été oubliée, ce n’est plus du tout la même dynamique. »

 

« Le staff croit en nous et nous tire vers le haut »

 

La confiance est revenue dans le camp normand, et c’est peut-être de là qu’est né le vrai déclic. La première victoire contre Lorient mi-janvier l’a matérialisé. Derrière, Caen est allé s’imposer à Boulogne, puis a longtemps tenu Lille en échec. Le seul couac est venu du déplacement à Saint-Maur, conclu sur un improbable 9-2. Une sortie de piste isolée, puisque la cohérence est de mise le reste du temps. « Le staff croit en nous et nous tire vers le haut. C’est hyper-important. Sans eux, rien de tout cela ne serait arrivé. Ils croient en nous et on leur fait confiance. Ça change du début de saison… » Le nouvel élan ressemble à un nouveau départ. Les Caennaises n’avaient pris qu’un point lors des dix premières journées. Elles en ont obtenu huit sur les six matchs suivants. Le changement est radical, mais l’erreur serait bien sûr de s’arrêter en si bon chemin. « Le Mans, Saint-Malo, Reims et Rouen sont les quatre équipes contre qui on doit gagner d’ici la fin de saison, présente Ambre Ferey. La réception du Mans dimanche sera déterminante pour la suite de la saison. Il faut les trois points. » Huitièmes, les Sarthoises semblent à la portée de Calvadosiennes revigorées. Dans la course poursuite engagée contre Lorient, « il n’y a plus de question à se poser, il faut foncer ». Un précepte qu’Ambryon, comme elle est parfois surnommée par ses coéquipières (« c’était la petite de l’équipe en début de saison, justifie Hilde van Herwijnen, mais en fait elle relève notre âge mental ! »), applique à elle-même. La future professeure des écoles a bouclé son premier semestre de STAPS avec 13 de moyenne. Et elle ne brille pas seulement sur les terrains de football ni les bancs de l’université. Guitariste au sein du School of Rock, elle multiplie aussi les représentations sur scène. Il y a quelques semaines, elle était sur celle du Zénith de Caen. Aussi à l’aise que dans sa surface.

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