Julien Alvarez et l'AGC rêvent d'un nouveau départ

17 décembre 2016 Ecrit par 

Nouveau coach, nouveau départ ! L'Avant Garde Caennaise, dernière de Division 2 féminine sans la moindre victoire au compteur, est à la recherche d'un second souffle. La nomination définitive de Julien Alvarez à la tête de l'équipe première, quelques semaines après la démission de Stéphane David, et la qualification pour les 32èmes de finale de la Coupe de France ont redonné le sourire aux Caennaises.

 

Au moins l'année s'achèvera-t-elle de belle manière pour l'AG Caen ! En proie à une première partie de saison extrêmement délicate, marquée par une hécatombe de défaites de championnat, le porte-drapeau du football féminin bas-normand s'est mis un peu de baume au cœur. Dimanche dernier, dans la foulée de la nomination de Julien Alvarez, il a franchi le cap du premier tour fédéral de la Coupe de France, qui marquait son entrée en matière dans la compétition. Bénéficiaires d'un tirage au sort favorable, puisqu'il les emmenait à Sablé-sur-Sarthe (DH), les Caennaises l'ont emporté en deux temps. « La première demi-heure a été mitigée, reconnaît Julien Alvarez. Ce n'était pas à notre image. Le match a basculé en terme de qualité de jeu à partir du moment où on a ouvert le score. » Devant d'un but seulement à la mi-temps, Caen était toutefois loin d'être à l'abri. La discussion du vestiaire a porté ses fruits puisque les visiteuses ont remarqué deux buts en début de deuxième période, convertissant une partie de leurs nombreuses occasions. En refusant d'abdiquer, Sablé a toutefois réduit la marque dans les dix dernières minutes de jeu, rappelant à son adversaire la plus grande vigilance. « Par manque de confiance, on s'est fait presque peur », regrette Julien Alvarez. Le doublé de Noémie Guyon et le but de Charlotte Join se sont toutefois révélés suffisants.

 

Cette victoire 3-1 permet à l'AGC de dépasser d'ores et déjà sa performance de la saison dernière, puisqu'elle s'était arrêtée à ce stade, et de s'offrir d'intéressantes perspectives. En 32ème de finale, elle affrontera Calais, pensionnaire de DH. Un match à l'extérieur, mais une réelle opportunité d'égaler le meilleur parcours du club. Il y a deux ans, alors en DH, Caen avait éliminé Amiens (D2) avant de se faire sortir 3-2 par Orvault (D2) en 16ème de finale. Et si le championnat a toujours constitué la priorité affichée, le profond retard accusé à mi-saison ne peut que donner une saveur supplémentaire à la parenthèse Coupe de France. Cette compétition peut en tout cas constituer le point de départ du leitmotiv évoqué par le nouveau cornac caennais. « L'objectif est de vivre le mieux possible ensemble pendant les six mois qui arrivent et qui doivent rester gravés dans nos mémoires. »

 

« Qu'elles reprennent confiance en elles »

 

Le plaisir, les Caennaises l'ont parfois oublié au long des quatre premiers mois de la saison. Avec neuf défaites pour deux nuls, seulement cinq buts inscrits contre vingt-quatre encaissés, la découverte de la deuxième division s'est révélée plus compliquée encore qu'imaginé. Elle a contribué à la démission de Stéphane David, qui puise toutefois son origine dans des querelles internes, et laisse peu d'espoirs de maintien. Caen compte huit points de retard sur le premier non-relégable. « Il y a des possibilités, martèle Julien Alvarez. J'y croirai jusqu'au bout. Je suis certain que si les filles enlèvent leurs peurs et retrouvent une grosse envie, elles peuvent faire de grandes choses. Il y a un gros travail mental à faire. La priorité est qu'elles reprennent confiance en elles. Je veux qu'on prenne match par match et qu'on arrête de travailler sous pression. » Dans cette perspective, la promotion de Julien Alvarez, initialement préparateur physique de l'équipe, semble à même de libérer l'équipe.

 

Le jeune homme de 27 ans faisait l'intérim depuis le départ de Stéphane David. Il avait postulé à sa succession pour « ne pas abandonner les filles ». « Les mois passés avec cette équipe m'ont donné le sourire. Je suis très bien et très heureux avec les filles. » Le hic ? « J'avais l'impression de trahir un ami. C'était compliqué à gérer. J'ai discuté avec Stéphane. Il a compris que j'étais compétiteur et que je n'abandonnerais pas. Mais j'aurais préféré ne pas être tout seul sur le banc et que Stéphane y soit... » Julien Alvarez le timide, formé à l'école mondevillaise auprès de Samuel Aubry et Jean-François Péron, se retrouve projeté dans la lumière. Il y a quelques mois, il n'aurait jamais envisagé ce scénario. « Quand Stéphane m'a appelé, je voulais quitter le foot. J'avais complètement arrêté pour me lancer dans mon auto-entreprise de coach sportif. J'avais refusé les autres propositions que j'avais eues. La seule chose qui pouvait me faire revenir, c'était le foot féminin. » L'expérience vécue avec l'équipe universitaire féminine, composée en grande partie de joueuses de l'AGC, aux Jeux Européens disputés pendant l'été avait séduit ce titulaire d'un master entraînement. Elle avait aussi ravivé la flamme après deux ans plus mitigés à Bayeux, auprès de l'école de foot, des U15 féminines, des U19 DH et de l'équipe réserve. « Je n'aime pas les conflits et j'ai eu du mal à les gérer. Chez les filles, elles veulent qu'on donne, mais au moins il y a un retour. Je suis beaucoup dans le partage, l'échange. J'aime savoir ce que ressentent les filles, connaître leur point de vue. Ça doit être un projet d'équipe. Si les filles n'adhèrent pas, ça ne marchera pas. » Une nouvelle saison débutera en janvier 2017.

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