Football - Coupe de France. Les clubs hôtes entre plaisir et contraintes

10 novembre 2017 Ecrit par 

Deux clubs du Calvados recevront, samedi soir, dans le cadre du septième tour de la Coupe de France. Pour l’ASPTT Caen et Vire, les deux premiers de Régional 1, la préparation du grand rendez-vous ne se fait pas seulement sur le terrain. Dans l’ombre, dirigeants et bénévoles œuvrent pour remplir le cahier des charges fixé par la Fédération française de football.

 

Des sceaux en fer remplis de sable et positionnés aux quatre coins du terrain, des containers, des barrières de sécurité, des chasubles, des sacs poubelle impérativement transparents, des extincteurs 6 litres à eau pulvérisée, des tours de cou, des accréditations… La liste est longue, très longue, des impératifs que se sont vu imposés les clubs hôtes au septième tour de la Coupe de France. Un cahier des charges de 23 pages a été remis aux heureux qualifiés dont le tirage au sort a réservé le droit d’évoluer à la maison. Yann Binet l’avoue sans détour, il ne s’attendait « pas du tout à ce que ce soit aussi contraignant ». Le président de l’ASPTT Caen a passé une bonne partie de sa semaine entre réunions, la sixième étant programmée ce soir, et rendez-vous liés à l’organisation du match contre Le Mans. « C’est une semaine mouvementée et peu rentable pour les entreprises – à commencer par la mienne – des membres du bureau et des bénévoles », préfère-t-il en rire.

 

L'ASPTT Caen ne s'attendait pas à ça 

 

Les PTT ont dû attendre la réunion se sécurité organisée mardi – avec le sous-préfet, des représentants de la ville, des pompiers et de la police, ainsi que le responsable sécurité du Mans FC – pour obtenir la confirmation que la rencontre se jouerait bel et bien à la Hache. Seulement, la jauge d’accueil a été limitée à son strict minimum. « Dans un premier temps, un arrêté préfectoral avait restreint l’AOP (capacité d’accueil, ndlr) à 507, expose Yann Binet. Le Mans s’étant positionné comme un club se déplaçant avec beaucoup de supporters, cela a alerté tout le monde. La préfecture a réussi à ajouter 120 places pour "parquer" les supporters du Mans. » La question de l’accueil des supporters adverses n’a pas été sans provoquer quelques tensions dans les discussions club à club. « Le Mans demandait plus de places et commençait à nous dire que notre stade n’était pas à la hauteur d’un septième tour de Coupe de France. Ils avaient oublié que le Petit Poucet, c’était nous, et que nous avions le droit de faire prévaloir nos droits. Il a fallu remettre le clocher au milieu du village. La priorité était d’accueillir dans les meilleures conditions nos adhérents et nos supporters. »

 

Un terrain d’entente a été trouvé, et les dirigeants caennais ont pu se concentrer sur les autres problématiques soulevées par cette affiche. Or elles sont nombreuses. Vérification de l’éclairage public aux abords du stade, installation de toilettes et d’une buvette dans le parquage du Mans, recrutement d’agents de palpation dans une société privée… Tout y passe ! « Ayant déjà reçu des matchs à 800 personnes sans aucun tracas, on ne s’était jamais imaginé se compliquer la tâche ainsi », admet Yann Binet. À tel point que, même si l’événement est beau, les dirigeants caennais n’en profiteront vraiment… qu’une fois terminé. « Je ne suis pas sûr qu’on réussisse à profiter pleinement pendant le match parce qu’on sera un peu sous tension. » Et de rajouter, avec le sourire : « jusqu’au coup de sifflet final et la victoire des Jaunes, je ne serai pas totalement soulagé. La victoire serait une juste récompense du travail accompli. Je compte sur Laurent (Dufour) pour gérer ça ! » Quand les joueurs entreront sur la pelouse, leurs dirigeants se seront donnés bien de la peine pour que la fête soit belle.

 

Vire plus serein 

 

Le son de cloche diverge sensiblement du côté de l’AF Virois, qui accueillera pour sa part Chamby (National). Le cahier des charges est le même, les mesures de sécurité sont tout aussi draconiennes, mais l’expérience des rendez-vous de ce genre diffère. Vire accueillait encore le Stade Malherbe l’été dernier en match amical. Et son stade de 3000 places, dont la moitié assises, facilite grandement une approche assez zen. « Il n’y a aucune prise de tête, souligne Christophe Lécuyer. Les dernières organisations dont on a eu la charge nous ont aidés. On a aussi la capacité de réunir les différents acteurs autour de la table. Dans une ville de taille moyenne comme Vire, tout le monde se connaît. C’est peut-être plus facile de fédérer. »

 

N'allez pas croire cependant que les dirigeants virois se la coulent douce en attendant le coup d'envoi de la rencontre, samedi à 18h00. « C’est énormément de boulot, affirme le président. Ça reste une organisation très lourde. De l’extérieur, on ne se rend pas compte du travail que cela représente. La semaine a été très chargée. » Vire a dû installer une sonorisation pour atteindre les parties du stade éloignées de la tribune principale, faire appel à un prestataire extérieur pour offrir un cocktail à ses partenaires, préparer les divers aspects entourant la rencontre… « C’est un gros boulot parce qu’on veut aussi faire de ce match un gros événement. On associe l’école de foot, on présentera la section féminine à la mi-temps avec le label qu’on vient d’obtenir, etc. »

 

Pour Vire comme pour les PTT, ce septième tour est l’occasion de bénéficier d’un joli coup de projecteur sur le club. Pour la dynamique interne, rien de mieux qu’un parcours en Coupe de France. Ou si : qu'il soit ponctué d'un exploit retentissant. Et là, c'est aux joueurs de jouer !

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