Thomas Savaroc (LCBO) : « C’est magique »

24 octobre 2017 Ecrit par 

Les jambes sont lourdes mais l’esprit léger pour les joueurs de Bretteville-sur-Odon. Dimanche, les pensionnaires de Régional 1 ont éliminé Oissel (N3) à l’issue d’un scénario assez théâtral. Thomas Savaroc, défenseur central de 24 ans, a offert les prolongations à son équipe en égalisant à la 88ème minute. De quoi se créer des souvenirs pour très longtemps…

 

Thomas, j’étais à l’instant en train de débattre autour de la notion d’exploit en Coupe de France avec Bernard Guyonnet. La victoire sur Oissel, c’est un exploit ou ce n’est pas un exploit ?

C’est un exploit, d’une part parce qu’on atteint le septième tour de la Coupe de France, d’autre part parce que c’est inédit. Ça n’arrive pas à tout le monde dans une carrière de footballeur amateur. Donc oui, on peut considérer cela comme un exploit, surtout de la manière dans ça s’est passé.

 

Le scénario donne encore une autre saveur à cette qualification…

Bien sûr. On n’aurait pas fêté cette qualification de la même façon si on avait mené 4-0 au bout de vingt minutes. C’est d’autant plus magique de vivre un match comme ça. On a fait une petite boulette dans les premières minutes, ce qui a entraîné l’ouverture du score adverse. Mais de l’autre côté, je pense que c’est ce qui nous a permis de relever la tête assez rapidement et de créer du jeu. C’était un mal pour un bien.

 

Ton entraîneur Romain Hengbart disait que vous aviez été les plus dangereux sur ce match. L’égalisation n’est donc pas arrivée par hasard, même si elle fut tardive ?

Non, bien sûr. On a beaucoup plus d’occasions franches qu’eux, même s’ils avaient la possession. Il y avait des joueurs costauds en face, à l’image de Jean-Paul Mendy (passé par Quevilly et Orléans, ndlr). Ils avaient la maîtrise du ballon, mais on a su les prendre avec un bloc assez bas. Le match a été très long, par contre (sourire). En prolongation, on était bien fatigués ! Mais l’esprit d’équipe a pris le dessus.

 

« L’atmosphère est très saine »

 

Dans ce type de match, on sait que le "gros" prend un avantage très important s’il arrive à marquer rapidement. Avez-vous conservé le même plan de jeu une fois menés au score ?

Oui. Mais on ne considérait pas Oissel comme un gros, comme si on avait affronté Avranches par exemple. Ce n’était pas une grosse tête d’affiche, mais c’était clairement un prétendant au septième tour. On ne s’est pas considéré comme le petit poucet. On savait qu’on allait faire notre match, qu’on allait avoir des occasions et qu’on allait en concéder d’autres. On a pris l’ascendant psychologique à certains moments, en l’occurrence aux tirs au but. On a eu un grand gardien, encore une fois. Il a sorti deux arrêts aux tirs au but. Il nous avait déjà sauvés contre La Ferté Macé. C’est sa spécialité.

 

À 10 contre 11 en prolongation, les tirs au but étaient l’objectif ?

Oui, je me disais qu’il fallait y aller, mais on arrivait plutôt bien à gérer le match. On arrivait à se créer des occasions en contre-attaque. On aurait pu mener au score dans les prolongations, comme on aurait aussi pu être menés au score. Maxime Hengbart nous sauve à la 118ème sur la ligne. Ça pouvait basculer des deux côtés, même s’ils avaient la maîtrise.

 

La Coupe de France révèle beaucoup sur l’état d’esprit d’un groupe. C’est quelque chose d’important pour vous ?

J’ai toujours entendu parler de Bretteville comme étant une bande de potes avec un bel état d’esprit. Depuis que je suis arrivé, ça se confirme. On le prouve aussi par nos performances. C’est d’autant plus magique de gagner des matchs avec un état d’esprit comme celui-là.

 

Vous êtes aussi une belle surprise du début de saison en championnat. Avec les mêmes recettes ?

Oui. On était un peu frustrés de notre défaite contre Vire, qui nous a battus 2-0 alors qu’on les avait plutôt bien embêtés. On est considéré comme le petit poucet. Je crois qu’on a le plus petit budget de la R1. Peut-être que les autres équipes nous prennent de haut, je ne sais pas. Nous, on joue chaque match à fond. On a réussi à battre Deauville et la MOS, deux gros calibres de R1. On a aussi fait une très belle entame de match à Pointe-Hague, un match interrompu à cause du brouillard. On est loin d’être ridicules et c’est plaisant à jouer, en plus. L’atmosphère est très saine.

 

« Je mets un but par an… »

 

Qu’est-ce qui t’a amené à Bretteville ?

Il fallait que je voie autre chose après mes années à Ifs, même si j’ai encore de très bons potes là-bas. J’ai entendu parler de la montée de Bretteville-sur-Odon en R1 et Romain Hengbart est entré en contact avec moi. Je suis parti comme ça, sans vraiment trop réfléchir. Romain m’a plutôt bien vendu le "truc", en insistant notamment sur l’ambiance qu’il y avait.

 

Tu évoluais en DSR à Ifs, soit l’équivalent de la R2 actuelle. Le mix R1 et vie de groupe a donc été déterminant dans ton choix ?

Oui. J’avais déjà joué un peu en DH avec Ifs. Ça fait toujours plaisir de retrouver ce niveau-là, avec des gros matchs tous les week-ends. En parallèle, le côté extra-sportif était vraiment important. Je n’ai pas envie d’aller au foot pour faire seulement mon entraînement et repartir après la douche. Cet aspect a aussi fait pencher la balance.

 

Tu as marqué le but de l’égalisation contre Oissel. On imagine que ce fut une grosse émotion !

Oui, surtout que je suis généralement très loin derrière au classement des buteurs. Je mets un but par an, voire deux l’année dernière. Marquer dans un match comme celui-là à deux minutes de la fin, c’est particulier. Trop d’émotion ! Je ne sais même plus exactement ce que j’ai fait. C’est un de mes plus beaux buts ! Pas pour le geste technique, mais pour son importance.

 

Vous avez tous envie de tomber sur une grosse équipe lors du tirage au sort de jeudi ?

 

Si on peut assister au tirage au sort, on va tous aller à Paris ! Ce serait super de rencontrer une Ligue 2. Tomber sur un club professionnel, c’est le rêve de tout joueur amateur. 

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