Thomas Coutant (US Avranches) : « La Coupe, je pourrais écrire un livre… »

05 octobre 2017 Ecrit par  Bernard Guyonnet

À notre connaissance, c’est sans doute le seul footballeur amateur à avoir atteint lors de deux saisons consécutives, les quarts de finale de la Coupe de France. Alors qui mieux que Thomas Coutant pour nous parler de cette épreuve magique ? Qui mieux que Thomas Coutant pour en mettre en lumière ce 5ème tour qui va se dérouler ce week-end ? On n’a pas trouvé…

 

B.G. : On n’avait pas compris ton départ de Granville vers Avranches car on te considérait comme un joueur-cadre de l’USG. Avec du recul, on a trouvé la réponse : Gilbert Guérin voulait récupérer un joueur-fétiche pour réussir une longue carrière en coupe… c’est ça ? (rires)

T.C. : C’est marrant que tu m’en parles car c’est le surnom qui m’a été attribué durant la campagne de la coupe de France. Le coach a fait appel à moi à partir des 32èmes contre Laval. Il a été clair avec moi et avait besoin d’un ancien ayant connu un parcours en Coupe pour encadrer les plus jeunes car hormis Anthony Beuve, personne n’avait atteint les 1/4 de finale. On m’a demandé de prendre la parole et au fil des tours je me suis pris au jeu et c’est devenu un rituel. Mon rôle principal n’était pas forcément d’être sur le terrain mais plutôt de mettre les jeunes dans les meilleures dispositions en évoquant avec mes mots et mon expérience, ce que peut représenter un parcours en coupe de France.

 

B.G. : Est-ce que des images de vos épopées en coupe de France te reviennent régulièrement à l’esprit ?

T.C. : Je suis de nature nostalgique alors quand il s’agit de parler de la Coupe de France, c’est toujours avec un immense plaisir. Chacun vit ses moments selon son tempérament. Pour ma part, conscient que je vivais une expérience unique, je me suis constitué au fil des tours un book avec coupures de presse, vidéos des matches, maillots des adversaires… ma maison est presque devenue un musée (rires). Il y a tellement d’images qui reviennent à l’esprit. 

 

B.G. : Outre la fierté d’avoir réalisé un truc fantastique, c’est quoi les souvenirs les plus marquants ?

T.C. : Sans aucun doute le bonheur de voir une grand partie de ma famille dans les tribunes de d’Ornano. Je pourrais écrire un livre tellement cette expérience procure des émotions incroyables. Ensuite ce qui me vient en tête, c’est l’aventure que nous avons réussi à créer entre nous. Le temps de quelques semaines, tu es littéralement plongé dans une bulle et plus les tours passent et plus cela prend de l’importance. Enfin, je ne peux oublier cet engouement autour de l’évènement. Les commerçants, les véhicules aux couleurs du club, les interviews sur le lieu de travail, tout cet aspect médiatique qui nous met vraiment au cœur de l’évènement et qui fédère toute une population. Au-delà de la fierté personnelle,  c’est donc de voir à quel point un sport peut rassembler autant de monde et apporter autant de bonheur, qui m’a marqué.

 

B.G. : Quand même c’est extraordinaire… la 1ère fois que tu atteins les quarts de finale, tu te dis : « quel exploit ! » mais la deuxième fois ? Que c’est miraculeux ? Que tu rêves ?

T.C. : La coupe de France pour un joueur amateur est le seul moyen de se frotter au monde professionnel alors atteindre les quarts de finale à 30 ans c’est en quelque sorte, une consécration. Lorsque cela arrive une seconde fois, qui plus est, la saison suivante, on appelle cela une arnaque totale (rires). Avant ces épopées, je n’avais jamais dépassé le 7ème tour et j’étais presque fâché avec la coupe. Aujourd’hui, elle m’a apporté tellement de joie que je me considère comme un privilégié.

 

B.G. : On a souvent parlé d’un parcours similaire entre celui de Granville et Avranches…Moi je vais prendre le contre-pied de ce constat. Quelles différences as-tu perçues entre les deux ?

T.C. : Je pense que le parcours avec Granville (sans minimiser celui d’Avranches) a été plus significatif dans l’esprit des gens dans la mesure où l’USG évoluait en CFA2 soit deux divisions en dessous d’Avranches. Néanmoins dans la physionomie des rencontres, j’ai pu évidemment constater de nombreuses similitudes. Et puis avoir comme adversaire, le PSG…

 

B.G. : Ce week-end, c’est le 5ème tour qui est au programme. Quels messages peux-tu transmettre à tous ces gars des petits clubs qui vont affronter des joueurs de niveau supérieur ?

T.C. : J’ai envie de leur dire qu’il faut se donner les moyens d’y croire. Qu’ils sont peut-être au début d’une magnifique aventure et qu’avec du travail, de la chance mais surtout un état d’esprit volontaire, rien n’empêche personne de bousculer la hiérarchie.

 

B.G. : A ces derniers qui vont se coltiner un adversaire plus modeste mais hyper motivé ?

T.C. : Je ne vais pas réinventer la magie de la coupe. L’humilité et le respect sont les mots d’ordre avant d’affronter une équipe hiérarchiquement inférieure. Avec le vécu, je peux dire que ce sont ces matches-là qui sont souvent les plus difficiles à négocier.

 

B.G. : Granville face à Dives et Avranches à Venoix contre l’AG Caen n’ont pas connu un tirage facile. Heureusement pour l’USG, le match se jouera à Louis Dior. Quant à tes équipiers  d’Avranches, il faut qu’ils sachent que ce n’est pas une R2 lambda qu’ils vont rencontrer mais une équipe, niveau tête de R1 avec des moyens financiers dignes d’une bonne N3…

T.C. : Compte tenu de son épopée la saison passée mais aussi de sa situation critique en National, Avranches sera attendu par une équipe qui a clairement affiché ses ambitions. Mais je connais Gilbert Guérin et son affection pour la coupe de France… les joueurs doivent mettre le championnat de côté le temps d’un week-end. J’ai connu un entraîneur qui disait à ses joueurs « la coupe ça vous appartient ». C’est exactement ça. A eux de savoir ce qu’ils veulent en faire !

 

B.G. : Pendant ce temps-là, tu disputeras une rencontre en retard de N3 contre Pacy Ménilles. Un petit mot d’ailleurs au sujet des difficultés de l’USA en championnat autant pour l’équipe A que la B…

T.C. : Autant pour la A que pour la B, les effectifs ont été renouvelés et très rajeunis en ce qui concerne la B. Le National 3 est un championnat exigeant et depuis le début de saison, à chaque match, nous payons nos erreurs. Nous avons les moyens de faire mieux avec des jeunes joueurs de qualité.  Je suis persuadé qu’une victoire samedi lancerait vraiment notre championnat.

 

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