Sylvestre Guyonnet : « Nous n’avons peut-être qu’une chance sur 1000, mais elle existe »

04 avril 2017 Ecrit par 

Avant le quart de finale de coupe de France qui opposera l’US Avranches au Paris Saint Germain mercredi à d’Ornano, Sport à Caen a rendu visite à Sylvestre Guyonnet, seul caennais de l’équipe bas-normande. Nous l’avons rencontré avec son père Bernard, qui en plus de son statut d’ancien joueur du stade Malherbe figure aussi parmi l’équipe des chroniqueurs de notre site. On vous l’assure, aucun conflit de génération mais une vraie complicité entre le père et le fils…

 

À quelques heures de ce rendez-vous historique pour le club manchois, Sylvestre nous est apparu détendu et la discussion à trois souvent marquée de traits d’humour et de dérision s’est prolongée à bâtons rompus.

 

Sport à Caen : Sylvestre, on t’avait quitté au soir de la qualification contre Strasbourg. C’était l’euphorie totale. Es-tu redescendu de ton nuage ?

Sylvestre Guyonnet : «La réalité du championnat a vite repris le dessus et notre classement nous rappelle que notre mission première est de se maintenir en national…et c’est loin d’être acquis. Vendredi, ma responsabilité sur le but des Herbiers est largement engagée. C’est le genre d’erreur qui vous ramène les pieds sur terre. Mais pourquoi le nier, le match de Strasbourg restera gravé à jamais dans ma mémoire. C’est le plus beau souvenir de ma carrière, aussi bien par la plénitude que j’ai ressentie dans mon jeu que par l’émotion partagée avec mes équipiers et tout un stade au moment de la qualification. Mais je pense qu’en termes de sensation, le sommet va être atteint mercredi. »

 

Bernard Guyonnet : « C’est vrai que ton match contre Strasbourg est une référence. Ce soir-là j’ai découvert un fils caché… et puis quand tu t’es présenté pour ton tir au but, quel moment de stress ! »

 

S.G. : « C’est ça les anciens, ça nous donne mille conseils, mais au moindre obstacle, ça flippe… »

 

SAC : Un tir au but, c’est aléatoire d’autant qu’il ne faut pas négliger le talent du gardien adverse, mais ton calme, ta sérénité ont bluffé tout le monde ; je suis sûre que tu rêves de te retrouver dans la même situation contre les parisiens.

S.G. : « Pourquoi attendre les pénos ? 1-0 à la 93ème, ça me convient… »

 

SAC : Intox, méthode Coué ou certitudes ?

S.G. : «  En sport et au foot en particulier, on ne peut jurer de rien et les Parisiens sont bien placés pour savoir qu’un match ou qu’une qualification peut être remis en cause en quelques minutes… je suis sans doute un peu fou mais au fond de moi, une petite voix me dit qu’il faut y croire. Nous n’avons peut-être qu’une chance sur 1000, mais elle existe. »

 

B.G. : « Ils vont être contents au PSG de voir Jeanne d’Arc dans l’équipe adverse… »

 

S.G : « Bernard c’est un défaitiste… »

 

B.G. : «Quand même le PSG, ce n’est pas rien. Ils ont mis 4-0 à Barcelone, 5-1 à l’OM au Vélodrome et la dernière fois qu’ils sont venus à d’Ornano, en septembre dernier, Malherbe a encaissé un 6-0 retentissant… Ça donne à réfléchir. Je ne suis pas défaitiste mais je préfère envisager le pire scénario quitte à me tromper plutôt que de voir mes illusions se transformer en cauchemar…

 

SAC : Vous jouerez à guichets fermés, le match sera télévisé sur une chaîne publique à une heure de grande écoute et il y aura donc une énorme ferveur populaire derrière vous. Vous êtes conscients de cet impact médiatique ?

S.G.: « Depuis l’instant où les boules PSG et Avranches ont été tirées au sort, on a l’impression de vivre sur une autre planète… Les interviews, les reportages, tout cela bouscule notre quotidien. Le danger est là mais il ne faut pas se disperser. Faire abstraction de cette fièvre et se concentrer uniquement sur le jeu est primordial. On espère simplement que les spectateurs nous pousseront à mettre plus de cœur et de solidarité dans le combat. Mais c’est vrai que se retrouver sous le tunnel à côté de stars comme Cavani, Thiago Silva ou Verrati peut être déstabilisant. »

 

SAC : Dans l’effectif parisien, as-tu un joueur préféré ?

S.G. : « Il n’y a que des internationaux et certains sont des piliers de leur sélection nationale… Mais le joueur qui m’inspire, c’est Thiago motta, justement. Il donne l’impression de ne pas forcer, mais il voit avant les autres, son placement est juste et ses passes qui transpercent une ligne adverse, c’est un régal. »

 

B.G. : « Pas question d’échanges de maillots ou d’autographes avant la fin du match… Ces mecs-là, il faut les respecter mais pas de soumission ni de retenue dans les duels. Un Motta, par exemple, même si tu lui dis que tu l’aimes, n’hésitera pas à te mettre une semelle si besoin. »

 

S.G : « Là, je reconnais le discours de l’ancien boucher de Marieta… »

 

SAC : ???

S.G.: « Son surnom donné par quelques anciens en référence à son jeu, disons, engagé… »

 

SAC : Contre les Parisiens, on suppose que l’aspect tactique va être revu et corrigé par rapport à un match de championnat ordinaire…

S.G. : «  Face à une équipe qui a une possession moyenne du ballon de l’ordre de 60 à 70% et qui possède des monstres de vélocité, il nous faudra être particulièrement vigilants sur le placement et le replacement défensif. Mais je ne dévoilerai pas notre plan de jeu et vous ne saurez pas si nous allons jouer à 11 derrière ou si nous allons attaquer à bride abattue, ah,ah,ah !!! » 

 

B.G.: « De toute façon, le PSG imprimera le tempo du match et Avranches subira… C’est cela qu’il faut accepter et c’est à cela qu’il faut se préparer. »

 

S.G. : « Les 11 joueurs qui débuteront le match connaissent leur mission et sauront appliquer les consignes. Ceux qui seront sur le banc ou en tribune feront corps avec eux car la force d’Avranches viendra d’abord de la solidarité et de l’esprit de groupe, marque de fabrique de l’USA. Si l’on compare les 8000 âmes d’un côté aux millions d’habitants de la capitale ou le budget des deux clubs, c’est vraiment le pot de fer contre le pot de terre, mais les deux équipes seront sur le même terrain et se disputeront le même ballon, c’est ça qui est beau… »

 

SAC : Dans la famille Guyonnet, le quart de finale atteint par Sylvestre est forcément la meilleure performance…

B.G. : « Sans contestation possible. Baptiste a atteint 4 fois les 32èmes mais n’en a disputé qu’un, car pour les 3 autres, il était suspendu (sic). Moi je n’ai jamais dépassé les 32èmes même si je possède une sorte de record car 3 saisons de suite j’ai été éliminé par le futur finaliste, Auxerre avec Chartres en 78/79 puis avec Malherbe contre Orléans en 79/80 et Bastia (finalement vainqueur) en 80/81. Sylvestre est devenu le héros de la famille mais ça ne l’autorise pas à prendre la grosse tête... »

 

À suivre : la présentation du vestiaire par Sylvestre.

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