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Hérouville plonge dans le grand bain

26 mai 2015 Ecrit par 

Deux ans après son accession en Nationale 1, Hérouville a désormais rendez-vous avec l'élite ! Les Marsouines en décroché leur ticket pour la Pro A en dominant Choisy-le-Roi à deux reprises, les 8 et 16 mai. Les voilà parmi les six meilleures équipes de France en quête d'un énorme défi. L'immense marche séparant la Nationale 1 de la Pro A ne les dissuade pas d'accepter leur promotion sportive.

 

« Les filles, bienvenue en enfer. » La victoire était à peine acquise, la montée pas encore célébrée, que Johann Paco mettait déjà en garde ses joueuses. Hérouville en Pro A, c'est autant « une délivrance » qu'« un paradoxe », pour l'architecte de l'aventure. Un paradoxe ? « Celui d'être volontaire pour quelques matchs à sens unique... Une grosse dose de courage va être indispensable pour amortir les chocs. » Manifestement, le succès ne fait pas tourner les têtes dans un club qui n'a jamais atteint pareil niveau de compétition. Pourtant, Hérouville a grandi vite et bien. Le projet féminin a vu le jour il y a quelques années seulement autour de jeunes éléments ambitieux. Il a pris une ampleur supplémentaire cette saison, quand les garçons se sont rétrogradés en Nationale 3. Dans le petit club d'Hérouville, ce virage a laissé le champ libre à l'équipe féminine. Derrière, « c'est allé très vite », précise Johann Paco. Talentueuses et motivées, les jeunes poloïstes ont très vite accordé discours et résultats. En-dehors des deux faux-pas réalises le week-end des 14 et 15 mars en effectif léger, Hérouville a commencé par tout balayer sur son passage. Dix victoires en première phase, 209 buts marqués (plus de 17 par match en moyenne), 79 encaissés (6,5 en moyenne) et une domination sans partage.

 

La saison régulière achevée, Hérouville avait droit à une première phase finale fin-mars à domicile. Le niveau devait se resserrer, mais Nancy et Saint-Denis, battus 15-2 et 15-5, n'ont pu en témoigner. Seul Limoges s'est vainement accroché (6-5). En terminant premières, les Marsouines s'offraient une place dans la finale à quatre déterminant à la fois le club titré et le premier promu. Le rendez-vous était pris à Limoges et les Hérouvillaises ne ratèrent pas les deux premières marches. Leurs succès sur la ville hôte (10-7) et sur Nancy (12-5) réservaient une finale en ballottage favorable devant Nice. Nice ayant déjà été accroché par Limoges, un match nul suffisait aux Bas-Normandes. Leur statut de favorites et leur bon début de match (4-2 à l'issue du premier quart, 7-6 au moment d'attaquer le dernier) n'ont pourtant pas résisté aux Azuréennes. Ces dernières ont remporté l'ultime période sur le score sans appel de 4 à 0 (7-10 score final). « Le retour a été très long parce qu'il s'agissait d'une injustice à nos yeux. Nous n'étions pas d'accord avec l'arbitrage. Mais dès le coup de sifflet final, alors que quelques filles commençaient à pleurer, je les ai secouées très fort. À la seconde même où le match s'achevait, nous étions déjà concentrés sur Choisy et les barrages. » Il restait une chance, réelle, de rejoindre l'élite. Elle passait donc pas le dernier de Pro A, corrigé à huit reprises en autant de matchs (22 buts inscrits, 174 encaissés) et clairement à la portée des Marsouines.

 

Hérouville construit à moyen terme

 

Le match aller était programmé dans la piscine de Montmorency. Décomplexées, les locales prenaient le meilleur départ (3-1) et viraient en tête à la mi-temps (6-4). Le break réalisé au début du troisième quart (8-4) ne coulait pourtant pas les Parisiennes. Revenues à égalité, elles finissaient par craquer en fin de match (11-8). La semaine suivante, Hérouville avait encore une manche à gagner, cette fois en déplacement. À la mi-temps, les visiteuses tenaient le bon bout (2-4), chose qui se confirmait à l'entame du quatrième quart (2-5). La suite allait pourtant être compliquée, Choisy revenant à une longueur seulement de son adversaire... pour s'arrêter là (5-6). « La dernière période a été très difficile, concède Johann Paco. Néanmoins, on était au-dessus et Choisy le savait. On a emmagasiné de l'expérience ces dernières semaines. La culture de la gagne est revenue. » L'objectif est donc atteint pour Hérouville, trop fort pour la Nationale 1, peut-être pas assez pour la Pro A... « J'ai mis le sujet sur la table deux heures après le dernier match. On en a parlé avec les filles. C'est un autre monde, on va prendre quelques raclées, mais on n'a plus rien à faire en N1. Avec des filles postulant aux équipes de France -17, -19 et A, c'est important de jouer en élite. » Hérouville ayant une seule joueuse née avant 1994 dans son effectif, sa marge de progression est conséquente. « Quand on est arrivé en N1 il y a deux ans, c'était un truc de fou. On avait pris vingt pions contre Choisy ! »

 

Composé de joueuses issues du grand ouest – la seule hérouvillaise, Andréa Danet, est de Lébisey – Hérouville sait qu'il lui faudra élargir ses horizons la saison prochaine. « On va s'ouvrir. On va aussi voir s'il est possible de recruter une ou deux étrangères. Ça ne s'annonce pas facile parce que ce n'est pas du tout dans la culture du club. On est le Petit Poucet. » Hérouville a quelques pistes sur le plan national, et espère recruter « un pilier de bar » capable de stabiliser l'équipe. À la jeunesse doit se mêler la maturité. Seulement, en période pré-olympique, « les grosses joueuses ne quitteront pas leur championnat. On voit dans quel monde on est rentré... » Pour tenter d'exister parmi la crème du water-polo féminin français, Hérouville misera en premier lieu sur celles qui l'ont fait monter. « Elles ont envie de s'entraîner dur. C'est une génération extraordinaire. On essaiera de faire des stages dans des équipes du top 3 pour apprendre. » Dans un premier temps, Hérouville se fixe une ambition somme toute raisonnable : « rester en vie ». À moyen terme, le club voit un peu plus loin. « La philosophie, c'est de travailler, de progresser et d'être bien sur la deuxième ou la troisième année. On n'est pas dans l'immédiateté. » Avec sa jeune escouade aux dents longues, Hérouville peut voir venir...

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