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Camille Leclerc : « Il faut viser plus haut »

12 mars 2014 Ecrit par 
La tête de rivière organisée dimanche dernier par le club d'aviron de Caen a été l'occasion de revoir Camille Leclerc à l’œuvre. La rameuse caennaise, désormais membre du Pôle France, est sortie déçue de son contre la montre. À deux ans des Jeux Olympiques de Rio – son objectif – elle ne cache pas son ambition. Une année importante s'ouvre à la jeune femme de 23 ans.


Camille, quelles étaient vos sensations sur cette tête de rivière à Caen ?

Super moyennes... Le vent s'est bien levé pour notre course, on a eu de la chance (sic). Ça a beaucoup joué sur le fait que je me suis mal sentie. Physiquement, j'en ai sous le pied, mais psychologiquement ça s'est très mal passé à cause du vent. J'ai baissé les bras, je ne suis pas contente de moi et je suis frustrée. J'avais fait une bonne course en novembre, j'avais l'impression d'avoir passé un cap, et au final, j'ai l'impression que je redescends. Ce n'est pas terrible. J'ai toujours l'a priori du 6 000 mètres, ça me soûle. Je ne pars pas dans de bonnes conditions. Pourtant, cette fois, je ne m'étais pas dit "ça va être dur". J'avais envie de le faire. Maintenant, je suis pressée de faire les 2000 mètres, ça va être autre chose.


Au-delà de cette course, que vous inspire votre début de saison ?

J'ai changé de cadre de vie, je suis à l'INSEP, je ne suis plus avec ma famille ni avec mes coéquipières. Je pense que ça m'apporte. Je me prends beaucoup plus en charge sur l'eau, j'attends moins de mon entraîneur. J'ai réussi à passer un cap là-dessus. Au niveau technique, je suis beaucoup mieux que l'année dernière. Cette semaine (la semaine dernière, ndlr), je me suis bien fait plaisir. Rater comme ça aujourd'hui (dimanche, ndlr), c'est vraiment frustrant.


Vous êtes donc passées de Caen au Pôle France, cela nécessite-t-il un certain temps d'adaptation ?

Si on regarde les tests ergo, en salle, je perds trois secondes en décembre sur mon record et deux secondes en février. Je suis vraiment déçue. En décembre, les conditions n'étaient pas du tout les mêmes que celles auxquelles j'étais habituée à Mondeville. Ça m'a perturbée. En plus, les filles toutes catégories (Camille Leclerc est dans la catégorie des poids légers, ndlr) avec qui j'étais ne ramaient pas très vite. Au mois de février, j'ai retrouvé des conditions qui me plaisaient mais je sortais d'un stage de ski de fond de deux semaines. On était au fond du trou quand on est rentré. On n'était peut-être pas au pic de forme escompté. J'espère que je battrai ce record l'année prochaine. En ce qui concerne mon nouvel environnement, le fait de ramer sur la Marne, un bassin hyper-difficile, où il y a tout le temps des remous, du courant, des péniches – ne pas oublier les péniches ! – aide vraiment. J'ai mis deux mois à m'habituer à ramer sans râler à chaque sortie, mais maintenant je sens vraiment ce que ça apporte. Quand j'arrive sur un bassin sans courant, sans vague, je retrouve des sensations. Ça m'apporte psychologiquement et physiquement.


À deux ans des Jeux Olympiques de Rio, c'est une année importante pour vous ?

Oui. Le niveau français, chez les filles, n'est pas terrible. Il faut qu'on bosse beaucoup plus pour remonter la pente. Les JO sont dans deux ans, mais la qualif' aura lieu l'année prochaine, même s'il y aura une possibilité de repêchage très compliquée l'année des Jeux.


Quels sont vos objectifs cette saison ?

Déjà, ne pas me foirer comme l'année dernière aux championnats de France individuels. Je n'ai pas du tout fait la même saison, je suis beaucoup mieux psychologiquement que l'année dernière. La médaille que j'avais obtenue en 2012 m'étais monté à la tête sans le vouloir. Je ne me le disais pas du tout, mais finalement je pense que j'avais un peu pris la confiance. Ça m'a joué des tours. Je me suis retrouvée au pied du podium alors que j'avais les moyens d'être parmi les trois premières. Là, j'y vais sans pression. Normalement, je devrais être sur le podium, mais il y a un moment où ce n'est plus trop l'objectif. Le niveau français est tel qu'il est, il n'est pas non plus au ras des pâquerettes, mais il faut viser plus haut maintenant.


Au niveau international, le but est forcément de retrouver l'équipe de France cette année...

Oui. L'année dernière, c'était un peu compliqué. Il y a eu une période de transition à gérer puisque je suis passée des moins de 23 ans à l'élite. En plus, pas mal de filles avaient arrêté l'année d'avant, il n'y avait que des jeunes. La fédération avait décidé de ne pas envoyer de bateau aux championnats du monde, d'autant plus qu'ils étaient en Corée. C'était loin et ça coûtait cher. En 2014, les championnats du monde sont à Amsterdam. Il y aura aussi les championnats d'Europe fin-mai. On sera sûrement envoyées pour voir ce qu'on vaut. Après, il y aura une Coupe du Monde à Aiguebelette fin-juin. C'est en France, donc je pense qu'ils inscriront un gros collectif.


Quel est votre programme dans l'immédiat ?

La semaine prochaine (cette semaine, ndlr), il y a deux huit du collectif qui partent à Londres faire une tête de rivière. Deux semaines plus tard, il y aura les qualifications pour les championnats de France, qui se dérouleront en avril.

 

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