Squash. Louvigny, la belle surprise

22 novembre 2017 Ecrit par 
Guillaume Duquennoy en action samedi dernier.

Quelle dynamique ! Promu deux fois de suite, Louvigny continue de surprendre en championnat de France par équipe. Les Calvadosiens, pensionnaires de Nationale 2, évoluaient à domicile samedi dans le cadre de la deuxième journée de compétition. L’occasion était belle de partir à la rencontre d’un sport encore relativement confidentiel.

 

Saviez-vous que l’équipe de squash de Louvigny – dans l’hypothèse où vous connaissiez son existence – évoluait dans l’antichambre de l’élite française et comptait dans ses rangs des joueurs du top 20 national ? Pas sûr. Peu médiatisé, mal connu du grand public, le spectaculaire squash reste en retrait de bien des sports de raquette. Quelques uns de ses plus illustres représentants à l’échelle planétaire sont pourtant français. Grégory Gaultier est ainsi numéro 1 mondial. Chez les filles, Camille Serme occupe le troisième rang du classement. Aux abords de Caen, le boss s’appelle Guillaume Duquennoy. Ce Nordiste d’origine s’est installé il y a quelques années en Normandie, où il domine la discipline. Joueur et entraîneur, capitaine de l’équipe de Louvigny, il a amplement contribué à la récente ascension du club. En deux ans, Louvigny est passé du championnat régional à la Nationale 2 dans son sillage. « La saison dernière, c’était un peu inattendu », précise Martin Liégard, le numéro 5 caennais. L’équipe phare, désormais, de la région a poussé la surprise jusqu’à réaliser une excellente entame en deuxième division.

 

Des débuts en fanfare

 

Dans un sport essentiellement individuel, la Nationale 2 comprend quatre journées de championnat lors desquelles les équipes disputent chacune deux rencontres. À l’intérieur de ces rencontres, quatre matchs sont programmés, correspondant au nombre de joueurs qui composent les équipes. Ces joueurs s’opposent selon leur classement. Ainsi, le numéro 1 d’une équipe ne pourra affronter que le numéro 1 de l’autre équipe. La première journée, disputée à Rennes, s’était révélée prometteuse pour l’ASL, avec un match nul (perdant) contre Bordeaux et une victoire 3-1 sur le club hôte. La deuxième journée, disputée à domicile, a été encore meilleure. Tiago Gorely (assimilé 15 français), Guillaume Duquennoy (numéro 20 français) et Nicolas Cardinal (numéro 41 français) ont fait un perfect avec deux victoires sur deux. Seul Antoine Osmont, le numéro 4 loupiacien, s’est incliné à deux reprises. Louvigny a d’abord battu une équipe de Brest pourtant très solide (3-1) puis s’est défaite du Mans. « Brest est une des plus grosses équipes de la poule, témoigne Guillaume Duquennoy. Cette victoire est une de nos plus belles performances. »

 

Tiago Gorely

 

Un joli résultat qui n’a toutefois pas grand-chose à voir avec un quelconque hasard. Contrairement à la première journée, l’ASL disposait de son meilleur élément contre Brest et Le Mans. Tiago Gorely, 21 ans, est le seul joueur non-régional de l’escouade loupiacienne. Actuellement 242ème joueur mondial, ce belge vivant en Angleterre est venu renforcer l’équipe suite à l’accession en N2. « Dès qu’on a su qu’on montait, je me suis renseigné auprès de mes amis, indique Guillaume Duquennoy, qui a connu Tiago sur des tournois du Nord. On était obligé de sortir du local si on voulait une vraie plus-value. Mais ça reste une équipe de potes. » Habitué à sillonner le circuit international, Tiago Gorely n’accorde pas moins de l’importance à son rôle de leader à Louvigny. « On fait ça sérieusement », dit-il. Le jeune homme confesse même avoir été « tendu et stressé » lors de son entrée en matière contre le Brestois Arthur Moineau, numéro 15 français (3-2). Il a rencontré moins de difficultés face au Manceau Yoan Autret, numéro 25 français (3-0). Pour cet ancien tennisman, l’objectif en 2018 sera d’intégrer le top 150 mondial.

 

Difficile d’y gagner sa vie...

 

Les autres joueurs de Louvigny poursuivent, à une moindre échelle, leur carrière individuelle. Guillaume Duquennoy a ainsi terminé troisième du tournoi d’Annemasse il y a deux semaines. « Je fais des tournois un peu partout pour tenir mon classement et jouer des matchs de haut niveau. » Bien que faisant partie des meilleurs joueurs français, le jeune homme de 23 ans ne gagne pas sa vie de la pratique du squash. Loin de là. « Même le numéro 5 français n’en vit pas. Seul le top 30 mondial gagne bien sa vie. » Et encore… Alors, très loin de ces sommets - « il y a un univers entre moi et ces joueurs » - estime Guillaume Duquennoy en cherchant le mot le plus fort, les joueurs désireux de s’investir dans leur carrière individuelle sont bien obligés de s’adapter. « Mon père m’aide et j’essaie de faire un peu de coaching », indique Tiago Gorely. Guillaume Duquennoy, lui, donne des cours à Louvigny. L’association, hébergée par le club de Louvigny, compte une soixantaine de licenciés. Ils forment en partie les équipes engagées en championnat régional.

 

De son côté, la N2 est déjà au beau milieu d’une saison qui ne reprendra qu’en mars à La Rochelle, avant de s’achever le mois d’après à Lille. Premier ex-æquo, notamment devant l’ancienne équipe phare de Normandie qu’est Evreux, Louvigny se découvre une nouvelle ambition. « On visait le maintien et on se retrouve à jouer quasiment les places pour les play-offs, sourit Guillaume Duquennoy. On est plutôt bien parti. Si Tiago fait les deux dernières journées avec nous, on devrait finir dans les quatre premiers. » A l’issue de ces play-offs qui réuniront huit équipes (quatre de la poule nord et quatre de la poule sud), les deux premiers monteront en Nationale 1. « Pour y jouer, il faut avoir une équipe très compétitive. Vu les équipes qu’il y a dans la poule sud, ça me paraît très compliqué d’y accéder. » Louvigny peut déjà savourer le chemin parcouru et ce haut niveau dont l’association était encore loin il y a trois ans.

 

La mixité même à haut niveau

Le squash a une particularité, celle de la mixité. Les femmes peuvent s’inscrire sur les tournois masculins, même à haut niveau. Camille Serme est ainsi numéro 16 française dans le classement « masculin ». « Il n’y a pas que la puissance qui compte dans ce sport. Il y a une bonne partie de technique, vision de jeu, tactique, précise Guillaume Duquennoy. Les meilleures joueuses viennent prendre du rythme contre les garçons. J’ai battu Camille Serme au tournoi d’Annemasse. Je joue contre elle comme contre un homme. C’est une athlète de haut niveau. »

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