Triathlon. Kevin Rizzotto à l'aube de son grand défi

25 août 2017 Ecrit par 

Après huit mois d’une préparation intensive réalisée en Argentine, Kevin Rizzotto participera dimanche à l’ironman de Vichy. Le sociétaire du Caen Triathlon espère boucler l’épreuve en moins de 12 heures et a mis toutes les chances de son côté pour y parvenir.

 

 

Kevin Rizzotto a tout quitté pour relever un défi parmi les plus durs et les plus renommés de la planète sport. 3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42 km de course à pied : l’ironman est le roi des triathlons. Il sacre les plus forts et les plus résistants. Les plus courageux, aussi. Ce défi, le Ouistrehamais a décidé de le préparer à Buenos Aires. Pendant plus de sept mois, il s’est investi corps et âme, menant une vie « monacale » entièrement tournée vers un unique objectif. « Je ne pensais à rien d’autre, je ne faisais rien d’autre. » De l’Argentine, Kevin Rizzotto n’a rien vu d’autre que sa salle de sport, la piscine et le circuit de vélo, trois lieux qu’il arpentait sept jours sur sept. « Je n’étais pas venu pour faire du tourisme », justifie-t-il. En sept mois, seuls une bière et un verre de vin rouge sont venus troubler la mécanique bien huilée de l’entraînement et du repos. « J’ai été super rigoureux. Je me suis même surpris à être aussi sérieux. Mais mon environnement était propice à cela. »  

 

Bosser, manger, dormir : le rythme est immuable en Argentine. Kevin Rizzotto s’entraîne 32 heures par semaine, mange toujours la même chose (riz, thon et tomates le midi, pâtes, blanc de poulet et petits poids le soir), avale sept bananes par jour et enchaîne natation, vélo, course à pied et grosses séances d’étirement. Les semaines réservent quasiment chaque jour le même programme, dont les moments de récupération consistent à de courtes siestes sur un banc au milieu de la salle. Les week-ends sont consacrés aux sorties longues à vélo, entrecoupées de huit à dix kilomètres de course à pied. Kevin Rizzotto, qui loge dans une grande colocation multiculturelle mais avant tout studieuse (« le contraire de L’Auberge Espagnole », sourit-il), ne vit qu’au rythme de sa préparation. « Je ne faisais que du tri, avec des gens qui ne faisaient que ça. Je n’avais aucun souci administratif, aucune sollicitation extérieure. » Le Normand est happé par une passion récente qu’il n’aurait pas soupçonnée quelques années plus tôt.

 

Une passion récente

 

Kevin Rizzotto a découvert la pratique du triathlon il y a trois ans. Footballeur à l’AJSO depuis l’âge de sept ans, il n’avait toutefois pas dans l’idée de renoncer à sa passion première pour le ballon rond. En mai 2016, une quatrième fracture de la clavicule l’incite fortement à revoir son choix. Presque par dépit, le sportif choisit de se rabattre totalement sur le triathlon. Bon coureur, cycliste convenable, il est en revanche très en difficulté dans l’élément aquatique. « Je me souviendrai toujours de ma première séance de natation. Je devais faire 100 mètres en crawl, je n’ai pas réussi. » Séance après séance, les progrès se sont rapidement fait ressentir. Mais c’est bien à l’autre bout du monde que les étapes ont été franchies tour à tour par celui qui peine encore à se considérer comme un triathlète.

 

rizzotto half

 

Le 10 janvier 2017, Kevin Rizzotto a décollé pour l’aventure d’une vie. Quelques mois plus tôt, il avait renoncé à son CDI d’agent immobilier, rendu son appartement, vendu sa voiture. Le jeune homme a laissé sa vie derrière lui, avec 6500 euros en poche, dont 3000 d’un financement participatif dont [il] ne revien[t] toujours pas », et une volonté inébranlable. Son histoire dépasse largement le seul élément sportif. Elle puise son origine dans une envie d’abord vague. « J’ai une licence en commerce international, mais je ne travaillais plus dans ce domaine depuis plusieurs années. Je voulais redonner une dimension internationale à mon parcours mais je n’avais pas de projet. À 29 ans, partir pour partir n’avait pas beaucoup d’intérêt. » Le projet est alors apparu assez naturellement. « Quand on aime le triathlon, l’ironman est évidemment le rendez-vous suprême. Cela représente huit mois de préparation et un investissement total. Je voulais aussi quelque chose qui sorte de l’ordinaire. »

 

L’Argentine, presque une évidence

 

L’Argentine délivrant des visas relativement aisément aux ressortissants français, le pays d’Amérique du Sud est vite devenu la priorité de Kevin Rizzotto. D’autant plus quand il y a appris l’existence d’un club préparant spécialement à l’ironman. « Tous les éléments étaient réunis. » Même l’ensoleillement, en bonne place dans la liste des critères. Après plusieurs mois de démarches en tout genre, le Calvadosien s’est envolé pour une nouvelle vie.

 

Huit mois plus tard, Kevin Rizzotto ne peut plus reculer. L’heure du grand rendez-vous sonnera dimanche à l’aube. Rentré en France début-août, pour « deux semaines beaucoup plus dures que huit mois en Argentine », il est parti sur Vichy il y a quelques jours. Les sollicitations diverses, auxquelles il a souvent dû répondre par la négative, sont restées derrière lui. Kevin Rizzotto s’attaquera dimanche à un périple d’une douzaine d’heures au plus, si tout se passe bien. « J’ai un plan de course pour douze heures, mais je n’arrive pas vraiment à m’imaginer la manière dont ça se passera. » Peu expérimenté, Kevin Rizzotto n’a que trois triathlons olympiques et un half (demi-ironman) à son actif. Mais sa préparation peut légitimement chasser quelques doutes. « L’objectif numéro 1 sera de finir, tempère-t-il. Je serais vraiment content si je faisais moins de douze heures. »  

 

« On peut tout faire quand on y croit »

 

rizzotto nage 17Pour tenter d’y parvenir, Kevin Rizzotto s’appuiera sur la course à pied. « Le marathon ne me fait pas peur, j’en ai déjà fait trois. Je vais plus souffrir, mais j’aurai passé le plus dur. » Paradoxalement, c’est pourtant la natation qu’il affectionne le plus désormais. Et c’est en vélo qu’il doit s’améliorer, dit-il, s’il veut « passer un cap ».

 

Des caps, Kevin Rizzotto en aura franchis au long de ce semestre argentin. « J’ai beaucoup appris sur moi, en bien. J’ai appris la rigueur, la confiance en soi, l’importance du mental. Il faut croire en son projet, c’est cela le plus dur. S’il y a une chose que je retiendrai, c’est ça. On peut tout faire quand on y croit, et c’est ce qui me manquait un peu avant. J’ai d’ailleurs annoncé super tard que je faisais l’ironman. Avant, ça me pesait de voir qu’on n’y croyait pas. » Après Vichy, Kevin Rizzotto s’imagine déjà vers d’autres défis, comme les 100 kilomètres de Millau. Il faudra surtout retrouver un travail, dans sa branche cette fois, et se réadapter à la vie normale. Celle qu’il a laissée un petit matin de janvier pour une aventure hors du commun.

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