François Hue, des bureaux de Mondeville au resto rue Écuyère

02 février 2017 Ecrit par 

À Mondeville, François Hue a tout connu. Le ballon, la table de marque, les statistiques, le statut de stagiaire puis le salariat. Commercial d’abord, manager général ensuite, il a été la plaque tournante d’un des clubs les plus ancrés en Ligue féminine. François Hue a aussi été de beaucoup de combats, des joutes de l’Euroligue à la lutte pour le maintien. Il a connu les saisons aux 700 partenaires puis le temps des vaches maigres. Et un jour, ce pur produit de l’USOM a pris son envol vers d’autres horizons. En juin 2016, il a ouvert son restaurant rue Écuyère.

 

 

À 31 ans, François Hue a déjà eu deux vies professionnelles. La première a commencé à la sortie de ses études. Bénévole à l’USO Mondeville Basket, son club de toujours, le jeune homme s’est vu proposé un stage dans la recherche de partenaires pour boucler son cycle en école de commerce. On était en 2009, et Mondeville retrouvait de l’appétit depuis l’arrivée à son bord d’un certain Thierry Godfroy. « Mon stage s’est bien passé et le club m’a proposé un contrat dans la foulée. J’ai abandonné mes projets dans l’industrie. La passion a pris le dessus. » Simple commercial les premiers mois, François Hue a vite pris du galon suite au départ de Cyrille Aubert, alors manager général. Après à peine un an d’activité professionnelle au club, il est devenu responsable administratif et marketing. Le début d’une période à succès marquée par le retour de l’Euroligue à la Halle Bérégovoy et un dynamisme économique inégalé. « La dynamique sportive fait tout. Tous les signaux étaient au vert, le produit était devenu facile à vendre. Les trois premières années ont été vraiment cool. »

 

Les saisons à 700 partenaires, des plus petits aux plus gros, François Hue en a connues. Il a aussi vu les nuages apparaître dans le ciel mondevillais quand, en 2013, le budget du club a chuté. « Il s’en est suivi deux saisons assez dures où nous avons essayé de reconstruire. » Une mission d’autant plus délicate que le président Daniel Dufour, très actif au club, a démissionné en janvier 2014. « C’était dur. J’étais trop jeune. » Si l’inquiétude n’était pas de mise sur le plan sportif – « je savais que ça allait bien se passer avec Romain (L’Hermitte) » – la tâche était toute autre en coulisse. L’idée du changement de cap, germée bien plus tôt dans l’esprit de François Hue, a alors retrouvé de la vigueur. Quelques années plus tôt, étudiant, le jeune homme avait opté pour une année de césure en Écosse. De simple vendeur de hamburgers à l’origine, il était devenu responsable adjoint d’un complexe de six restaurants. De quoi garder l’expérience dans un coin de sa tête… « À mon retour d’Écosse, j’avais eu la volonté d’ouvrir un restaurant. Le sport, c’est cyclique. Il fallait un nouveau souffle pour le club, et moi j’étais usé par la situation. »

 

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Un nouveau départ

 

De fil en aiguille, l’idée s’est transformée en projet. Quand un agent immobilier a proposé l’ancien « Chez Oim » rue Écuyère au manager général de l’USOM, ce fut l’heure du nouveau départ. « Quand je suis venu ici, j’ai vu le potentiel et je n’ai pas voulu lâcher. » À la fin de l’année 2014, François Hue annonçait son départ de Mondeville. Un an et demi plus tard, le temps qu’il a fallu pour trouver les financements, refaire les lieux du sol au plafond, recruter un chef en la personne de Pierre Barbier et régler tout le reste, le restaurant « Chez François » ouvrait. « J’ai eu la chance d’être très bien entouré durant cette période, que ce soit professionnellement et personnellement. Le réseau du basket m’a énormément aidé, j’ai beaucoup échangé avec les partenaires du club. Certains m’appellent encore pour me demander comment cela se passe. Les conditions étaient idéales pour se lancer, c’était le bon moment. » Le credo du jeune restaurateur ? Des produits frais à un tarif raisonnable. Le cadre cosy, agrémenté de deux terrasses offrant le soleil à tout moment de la journée l’été, et la qualité du service font le reste. Le before d’ouverture, le 21 juin 2016, rencontrait un franc succès. Une semaine plus tard, l’aventure était pleinement lancée. « Ça a tout de suite super bien marché. Le restaurant a été pris d’assaut. »

 

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François Hue avec Julien Tréton, cuisinier recruté en décembre.

 

Aux burgers, salades, tartines et autres planches gourmandes, très appréciées, sont venus s’ajouter de nouveaux plats au fil des mois et du recrutement en décembre d’un deuxième chef, Julien Tréton. « À trois, on va plus loin », assure François Hue. Des preuves supplémentaires ? L’ouverture l’après-midi en décembre autour du chocolat viennois a fait un tabac. Elle a aussi donné des idées au 19 rue Écuyère. « En 2017, l’objectif est de prolonger l’essor que nous connaissons. Les signaux sont au vert. Il faut toujours innover, amener le petit plus. On va proposer salon de thé et pâtisseries maison l’après-midi. On va aussi développer l’épicerie, avec des sandwichs de belle facture, des pâtisseries à emporter, etc. » Dans ce changement de vie radical, avec ses journées à rallonge, François Hue n’en oublie pas sa passion pour le sport… bien que désormais suivie de plus loin. « Quand Mondeville a gagné contre Bourges, j’ai reçu une quarantaine de textos. Je suis bien content que ça marche pour l’USOM et pour le CBC, qui sont des clubs sains. Si les filles de Mondeville sont européennes la saison prochaine, ça me ferait plaisir qu’elles viennent fêter ça chez moi. Pareil en cas de montée en CBC. »  

 

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Les autres clubs, quelque soit leur niveau, ne sont pas oubliés. François Hue et son associé Pierre Busnot ont lancé un partenariat avec les associations sportives. « Le principe est très simple : chaque adhérent qui vient manger ici repart avec un reçu, qu’il demande à faire tamponner pour assurer le suivi. Il le remet à son club, qui collecte les différents reçus jusqu’en mai. Courant mai, les clubs ont un mois pour revenir vers nous avec ces reçus. Le restaurant leur reverse 10 % du total. » Si le patron de l’Appéticerie – Apéricerie ne fréquente plus souvent les gymnases, il les garde dans un petit coin de son cœur. Et parmi ses clients réguliers figurent quelques anciens adversaires de ses jeunes années, comme Boris Renaux et Étienne Plateau. L’histoire n’en est encore qu’à ses débuts, mais elle est déjà belle. 

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