Tennis de table. L'accent mexicain anime encore Caen et la Pro B

07 décembre 2017 Ecrit par 
Salvador Uribe (à gauche) et Marcos Madrid entourent Mercedes Madrid, la compagne du premier, la soeur du second.

Il y avait un petit air de Mexique mardi soir à la salle Rufa. Marcos Madrid accueillait avec le Caen TTC son beau-frère Salvador Uribe, joueur de Levallois et ancien résidant caennais. Pour l’occasion, Mercedes Madrid avait fait le déplacement. La jeune femme, sœur de Marcos Madrid et compagne de Salvador Uribe, est elle aussi pongiste.

 

Il s’en est fallu de seulement quelques points, ceux qui ont manqué au double de Levallois dans la manche décisive, pour que la salle Rufa assiste à un duel quasi fraternel. Mardi soir, si Caen n’avait pas été aussi expéditif face à Levallois (3-0), la quatrième rencontre de la soirée aurait opposé Marcos Madrid à Salvador Uribe. Respectivement numéro 1 et numéro 2 du Mexique, les deux hommes se connaissent de longue date malgré les quatre années qui les séparent. Ils sont même beaux-frères. « On avait 12 ans quand on s’est rencontré, Mercedes et moi, témoigne Salvador Uribe. On s’est connu grâce au tennis de table. » Ancienne pongiste internationale elle aussi, Mercedes Madrid a d’abord sillonné comme Salvador Uribe les tournois mexicains. Comme son grand frère, aussi, dont elle a suivi les traces.

 

Quand Marcos Madrid fait venir son beau-frère à Caen

 

Très tôt leader du ping mexicain, dans un pays où la petite balle blanche est marginale, Marcos Madrid a débuté sa carrière professionnelle au Caen TTC il y a près de dix ans. En 2011, il avait favorisé la venue de son beau-frère au centre d’entraînement créé par le club. Le jeune joueur avait également envoyé le CV de Salvador Uribe dans les clubs voisins. C’est ainsi que son compatriote avait débuté en Nationale 3 à Saint-Lô. « À l’époque, il y avait deux bons joueurs mexicains devant Salvador, mais ils étaient vieillissants, explique Marcos Madrid. S’il y avait quelqu’un à aider, c’était lui. Il était jeune et motivé. Je me suis dit qu’il allait renforcer l’équipe du Mexique s’il arrivait à progresser. » Marcos Madrid avait vu juste. Il allait récolter les bénéfices de son coup de main amical.

 

Pendant que Marcos Madrid jouait en Pro  B avec Caen, son beau-frère et partenaire d’entraînement accédait en Nationale 2 avec Saint-Lô. Une satisfaction de courte durée, puisque le club manchois descendait dans la foulée de son accession. Après un an et demi là-bas, Salvador Uribe quittait le club. « Je jouais beaucoup à l’étranger et je cherchais un autre club en parallèle. Malgré nos mauvais résultats, j’avais gagné pas mal de matchs. J’ai envoyé des mails un peu partout et Levallois m’a répondu. Leur projet m’intéressait beaucoup. Le club était en Nationale 1 après avoir connu le haut niveau. C’était à Paris, avec un bon centre d’entraînement, donc j’ai signé là-bas en août 2012. » Depuis, Salvador Uribe n’est plus parti. En fin de saison dernière, profitant de la défection d’un club de Pro B, son équipe a atteint l’objectif recherché de longue date.

 

L’histoire caennaise a trouvé un prolongement…

 

En découvrant le calendrier de la Pro B, Salvador Uribe avait coché la date de son retour à Caen. L’affiche ne pouvait pas être neutre pour lui. « J’étais toute la journée à la salle (la Haie-Vigné, pas Rufa, ndlr) avec Xavier (Renouvin), Jimmy (Devaux), Marcos (Madrid)… Mon arrivée à Caen a lancé ma carrière. Je n’y étais pas retourné depuis mon départ. J’ai ressenti un truc (mardi) matin en arrivant. Je reconnaissais les lieux, j’avais des souvenirs qui remontaient à la surface… » Salvador Uribe a joué en double, s’inclinant donc de peu, mais pas en simple. Sa compagne l’avait annoncé : s’il affrontait son frère Marcos, elle ne tiendrait « ni pour l’un, ni pour l’autre ». « Ça aurait du 50-50 », disait-elle en souriant. Venue s’installer à Paris cet été, joueuse en Nationale 1 à Saint-Maur, elle était à Caen mardi.

 

 

À vrai dire, les Madrid-Uribe ne sont pas sans se voir régulièrement. « On se retrouve environ toutes les deux semaines, indique Marcos Madrid. On mange ensemble. Il arrive aussi que je m’entraîne avec Salvador. » Le destin des deux reste lié comme il l’a quasiment toujours été sportivement. « Un de mes plus beaux souvenirs avec Salvador et la montée de l’équipe du Mexique en deuxième division. Salvador avait gagné le dernier match décisif alors qu’il était mené deux sets à zéro. Cela faisait des années qu’on essayait de monter. On a aussi gagné les Jeux des Caraïbes en double tous les deux. À chaque compétition, je jouais le double avec lui. Il nous est arrivé, en Pro Tour, de battre des joueurs du top 100. » Les deux hommes se sont également affrontés en finale du championnat du Mexique, une confrontation qui avait tourné en faveur du plus âgé. Salvador Uribe n’a pas encore réussi à faire tourner la hiérarchie bien en place entre les deux. Contrairement à son aîné, il n’a pas réussi à se qualifier pour les Jeux Olympiques 2016 à Rio. Mais il n’en était pas passé si loin. Coaché par un certain Jimmy Devaux à cette occasion, il s’était rappelé au bon souvenir de la Normandie. 

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