Samuel Haddek et Willy Suret, pongistes aux multiples talents

05 octobre 2017 Ecrit par 

Samuel Haddek et Willy Suret ont une particularité en commun. Pongistes en Nationale 2 au Caen TTC, ils pratiquent en parallèle une autre activité sportive à un très bon niveau et avec le même investissement. Samuel Haddek est volleyeur à Hérouville (N2) tandis que Willy Suret est footballeur à la JS Douvres (R1).

 

 

« Les chiens ne font pas des chats » (Willy Suret)

 

Si Willy Suret, 23 ans, et Samuel Haddek, d’un an son aîné, jonglent en permanence d’un sport à l’autre, « ce n’est pas arrivé comme ça », explique le plus jeune des deux. Ni pour l’un, ni pour l’autre. Fils de sportifs, les deux jeunes hommes ont grandi dans un environnement pour le moins porteur. « Il n’y a pas de surprise », poursuit Willy Suret.

 

Willy Suret et Samuel Haddek sont avant tout des mordus de sport. De tous les sports. « Tant qu’il y a une raquette ou un ballon, on se débrouille. » Ce qui lie les deux jeunes hommes, c’est une balle de 2,7 grammes et de 40 mm de diamètre. Le ping, ils ont commencé presque dès leur plus jeune âge. « Je joue depuis l’âge de 10 ans. À l’époque, je venais d’arrêter le foot parce que l’esprit de compétition qu’il y avait à Malherbe me "gavait", raconte Willy Suret. J’ai toujours évolué au Caen TTC et progressivement je m’y suis consacré très sérieusement. J’ai eu jusqu’à quatre entraînements par semaine. »

 

Ce n’est qu’à l’âge de 18 ans que Willy Suret est revenu à ses premières amours, lui qui avait fréquenté l’école de foot du Stade Malherbe de 4 à 10 ans. Cinq ans après son retour, il en est à sa… quatrième mutation. « En fait, je cherchais l’échelon supérieur à chaque fois que j’ai signé dans un nouveau club. J’ai fait Carpiquet, puis les PTT, Carpiquet de nouveau, Ifs et enfin Douvres. » Le milieu axial, meneur de jeu capable d’évoluer sur un côté, a passé deux ans en DHR et deux ans en DSR avant de découvrir le Régional 1 cette saison.

 

Samuel Haddek, lui, a pratiqué jusqu’à trois sports en parallèle. Son parcours sportif a débuté par le judo, qui avait valu une ceinture noire à son père, avant que le tennis de table et le volley s’en mêlent. Formé à Coutances dans ces deux disciplines, il n’a jamais lâché ni l’une, ni l’autre. Il a en revanche fini par se résoudre à quitter ses clubs de toujours pour se licencier au Caen TTC puis au VC Hérouville.

 

 

« Ça ne laisse pas beaucoup de place au repos » (Samuel Haddek)

 

Sportifs amateurs, Samuel Haddek et Willy Suret ont un défi de taille à relever : caser leurs dix heures d’entraînement hebdomadaires dans un emploi du temps déjà bien rempli. Le pongiste volleyeur est commercial pour une agence d’intérim dans la vie professionnelle. Son compère cumule master en STAPS, job d’assistant d’éducation et service civique dans son club de Douvres. « Et en plus, j’ai une copine », sourit-il. Le rythme est soutenu, voire même trop lourd parfois. « La fatigue, c’est toute la semaine qu’on la ressent, reconnaît Samuel Haddek. Je m’entraîne systématiquement tous les soirs. Après une journée de travail où je suis confronté à une obligation de résultats, je finis les entraînements à 22h00. Ça ne laisse pas beaucoup de place au repos ou à autre chose. On se prive un peu, même si on essaie de tout faire. »

 

 

En semaine, les deux sportifs alternent. Le week-end, le calendrier fait encore bien les choses en règle générale. Le samedi, c’est ping. Le dimanche, c’est foot et volley. Certains samedis soirs sont néanmoins sportifs à plus d’un titre. « Ça m’est arrivé d’avancer mon match de tennis de table pour arriver en courant à celui du volley, étant donné qu’on joue le samedi soir en Coupe de France. » Quand il faut trancher – tous les clubs de R1 n’ayant pas la bienveillance de jouer le dimanche comme Douvres – Willy Suret opte désormais pour le foot. Mais non sans en avoir parlé avec ses coachs au préalable. « Ça fait un an que je privilégie le foot », précise-t-il.

 

 

« On est nés pour la compétition » (Willy Suret)

 

Qu’est-ce qui peut bien animer deux jeunes actifs, bons vivants (« on aime bien sortir »), à consacrer tant de temps à deux activités sportives? La passion, on l’a vu, mais pas seulement. « On est nés pour la compétition », estime le footballeur. « On a été formatés très tôt pour la compétition, enchérit Samuel Haddek. Je suis un amoureux de la compétition. Ça va même au-delà du sport. Mon colloc’ me trouve taré avec ça. Je ne peux pas commencer quelque chose sans vouloir gagner. » Willy Suret, pour sa part, met en avant « trois maîtres-mots : plaisir, spectacle et compétition ». « Je vais tout faire pour faire vibrer les gens. »

 

Esthète d’un côté, compétiteur acharné de l’autre ? On n’est peut-être pas si loin de la réalité si on en croit leurs entraîneurs, à commencer par Xavier Renouvin. « Willy a un certain talent, une certaine facilité, commente le coach du Caen TTC. Il a un bon toucher de balle et une bonne vision du jeu. Ce qui lui manque, c’est un peu d’engagement physique. Il aime jouer. Samuel est beaucoup plus engagé physiquement à l’entraînement, plus rigoureux aussi. S’il faut plonger pour aller chercher une balle, il va y aller. Il a peut-être moins de qualités naturelles, mais il compense par son engagement physique. C’est un garçon qui a besoin de jouer. »

 

Assez logiquement, en dépit des grandes différences qui distinguent le tennis de table des autres sports exercés par le duo, les caractéristiques décrites au ping trouvent un écho chez les autres entraîneurs. « Le seul défaut de Samuel, c’est qu’il a besoin de s’entraîner fort pour être performant… et qu’il faut le pousser pour qu’il s’entraîne fort, explique Benjamin Meuriot, entraîneur joueur au Volley Club d’Hérouville. C’est un joueur performant parce qu’il travaille beaucoup. Il évolue à un poste de libéro qui demande de grosses qualités techniques. Il les a grâce à la très bonne formation qu’il a reçue à Coutances. »

 

À la JS Douvres, Eddy Lemarchand se félicite d’avoir donné sa chance à un joueur issu du niveau inférieur, déjà auteur d’un but et de trois passes décisives cette saison. « J’avais ciblé de forts potentiels, comme lui et Erwan Kawczynski, et ils sont en train de me donner raison. Willy est un joueur qui peut faire la différence à tout moment. Il peut éliminer son adversaire d’un crochet et accélérer derrière. »

 

 

« Je ne supporterai pas de commencer à décliner » (Samuel Haddek)

 

Deux sports, c’est aussi deux cercles sociaux qui se trouvent reliés par une personne. Les volleyeurs d’Hérouville ont ainsi tissé des liens avec les pongistes du Caen TTC. « Ils viennent à mon anniversaire, précise Benjamin Meuriot. Tout le monde connaît un peu tout le monde. » Mais si les deux sports de Samuel Haddek sont très respectés de part et d’autre, c’est parfois plus difficile à faire entendre pour Willy Suret. « Le ping-pong est très critiqué au foot. Certains me disent même qu’ils peuvent me battre. Je peux l’affirmer, ils ne dépassent pas les deux points contre moi. Ceux qui ne m’ont pas vu ne peuvent pas comprendre. Par contre, j’en ai amené deux-trois, et ils ont vite compris. » C’est dit sans prétention, mais avec lucidité. Numéro 531 français, un classement qui comporte aussi les joueurs étrangers évoluant en France, Willy Suret n’a rien du pongiste en tongs. « Je n’ai pas échappé aux blagues sur le sport de camping, admet Samuel Heddek, mais les gars savent que je mets le même investissement au tennis de table et au volley. »

 

Le même investissement, jusque quand ? « Je me vois mal arrêter un des sports, mais je sais qu’il faudra que je fasse un choix à un moment donné, reconnaît Willy Suret. Je ne suis pas fou, il va falloir en arrêter un. » Pour Samuel Haddek, la décision tombera sûrement plus vite. « Je pense que c’est la dernière année où je me permets de faire deux sports à investissement maximum et à part égale. Est-ce que la vie c’est bosser, s’entraîner et jouer le week-end ? C’est un challenge sympa, mais ça devient compliqué. Je veux voir comment la saison se passe avant de me décider. C’est ma performance qui va me faire trancher. Je ne supporterai pas de commencer à décliner. Si je ne suis pas compétitif, j’arrête. »

 

 

Avant cela, Samuel Haddek compte bien regoûter à la Nationale 1 avec le Caen TTC et au top 5 de Nationale 2 avec le VC Hérouville. Sans grand espoir de pouvoir évoluer plus haut. « J’ai atteint mes limites. Au volley, j’ai ma place à l’échelon supérieur mais je n’y jouerai jamais car Hérouville n’ira pas en Élite. Au tennis de table, Willy et moi n’avons pas notre place en N1. » En revanche, Willy Suret est persuadé d’avoir « une marge de progression plus grande au foot », sport qu’il a repris il y a cinq ans après huit ans d’absence. « Je suis loin d’avoir atteint mes limites, même en alliant les deux. J’ai envie d’aller plus haut que le R1, pourquoi pas titiller le N3 ou le N2. »

 

 

« Le petit regret qu’on peut avoir… »

 

Samuel Haddek et Willy Suret ne sauront jamais jusqu’où ils auraient pu aller si, au lieu de se consacrer à deux sports, ils avaient mis toute leur énergie sur un seul. « Je suis certain que j’aurais été meilleur si je n’avais fait qu’un sport », estime Samuel Haddek. « Au ping-pong, on m’a souvent dit que j’étais un gâchis à cause de ma nonchalance. C’est de ma faute si je ne suis pas allé plus loin. C’est le petit regret qu’on pourrait avoir. » Les deux fanas de sport se sont un jour rêvés professionnels. Ils ne le seront pas. Samuel Haddek : « J’ai beaucoup de bons souvenirs et pas grand-chose à jeter, mais une part de moi ne peut s’empêcher de dire "si c’était à refaire, je ferais peut-être différemment". » Ces deux-là connaissent toutefois mieux que quiconque, ou presque, les émotions que seul le sport peut véhiculer… 

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