Romain Lorentz veut réussir sa sortie

02 mai 2017 Ecrit par 

Romain Lorentz dispute en cette fin de saison ses derniers matchs avec le Caen TTC. Arrivé en Normandie il y a quatre ans, le Francilien poursuivra sa carrière à Chartres. Avant ce nouveau départ, il rêve de terminer le travail de la plus belle manière dans un club qui l’aura marqué. Ce soir, Romain Lorentz et Caen joueront gros à Istres.

 

Dans un sport où les joueurs pros sont souvent de passage, Romain Lorentz n'est pas loin de faire figure d'exception. À Caen, le natif de Rambouillet est comme à la maison. Le gymnase Rufa où il évolue depuis quatre ans n'a plus de secret pour lui. À chaque match, le jeune homme y retrouve des têtes bien connues. Claque des bises et serre des paluches. Romain Lorentz n'est pas normand, mais on pourrait s'y méprendre. « Il s’est très bien intégré grâce à sa mentalité, à son implication et à un engagement irréprochable, salue Xavier Renouvin. Il ne vient pas simplement recevoir, il vient donner. Les joueurs sont pros, ils répondent aux obligations, mais Romain est le niveau au-dessus. La plupart des gars ne sont pas investis comme lui. » Les choses se sont faites tout naturellement, à en croire le jeune homme. « Je suis arrivé ici à 20 ans et ça s'est très vite bien passé, dit-il. Je me suis rapidement bien entendu avec tout le club, les dirigeants, les bénévoles, les joueurs des équipes 2 et 3... J'ai pas mal d'attachement à Caen. C'est une relation particulière, qui va au-delà du sportif. » En 2013, le Caen TTC retrouvait la Pro B et voulait reconstruire sur de solides bases humaines. Romain Lorentz, lui, sortait d’une première expérience de deux ans en Pro A avec Issy-les-Moulineaux. De Caen, il connaissait vaguement Xavier Renouvin et Jimmy Devaux. Pas assez pour ne pas lui donner l’impression d’arriver « un peu dans l’inconnu » en Normandie.

 

Pourtant, les deux parties se sont bien trouvées. Caen s’est installé en Pro A et Romain Lorentz a changé de statut au fil des ans. Il est monté en puissance jusqu’à l’excellente saison réalisée l’année passée, passant de coéquipier modèle à leader d’équipe. Le regard, lui, n’a pas changé.  « Il y a deux ans, j’ai eu l’opportunité de partir mais je n’avais pas souhaité le faire. L’aventure ici me plaisait et le club me donnait les moyens de progresser. Il y a toujours eu une très bonne cohésion malgré les mouvements chaque année. C’est une grosse qualité du club. Tous les joueurs passés ici s’y sont bien sentis, y compris les étrangers. Quand on est amené à bouger beaucoup, comme c’est notre cas, c’est important de se sentir bien là où on est le plus souvent. » Quand il n’est pas à l’Insep, où il s’entraîne, ni à Caen, Romain Lorentz parcourt l’Europe voire un peu plus pour son compte personnel. C’est l’autre particularité du tennis de table, sport individuel où la composante collective, par le biais des championnats en club, est omniprésente.

 

« S’il n’y a pas quelque chose qui sort de l’ordinaire, les gens ne le retiendront pas. »

 

Romain Lorentz dispute « sept à dix » compétitions internationales par an. « Je joue généralement en Europe, mais on peut aller partout si on le souhaite… et si on le peut. » Le calendrier en club et les budgets de déplacement limitent toutefois les escapades, néanmoins indispensables pour se faire un nom et un rang sur la scène mondiale. « Si on veut faire des perf’, on est obligé de jouer. Personnellement, je n’ai pas vraiment de préférence entre les compétitions en club en les compétitions à l’international. À l’étranger, chacun joue pour sa g… et tout le monde s’en fiche. Il n’y a pas de supporters. Les carrières personnelles et en club sont liées. Déjà, 90 % de nos revenus proviennent de notre club. En outre, on ne peut pas être très fort sur un plan et pas sur l’autre. Le championnat permet d’être performant sur les autres compétitions. Mais à la fin de notre carrière, on sera jugé sur l’international. S’il n’y a pas quelque chose qui sort de l’ordinaire, des titres, les gens ne le retiendront pas. »

 

lorentz archives1 15

 

Des titres, Romain Lorentz en a obtenus un paquet chez les jeunes. Plusieurs fois champion d’Europe par équipe, en cadet et junior, également médaillé en double sur la scène continentale, il a également obtenu une ribambelle de podiums en France. Les plus prestigieux ? Celui obtenu l’année dernière en championnat de France individuel qui lui a valu une médaille d’argent, avant le bronze accroché au printemps. L’or en simple attend encore. « J’ai gagné plusieurs fois en double chez les jeunes, mais j’ai perdu les trois finales que j’ai disputées. » Chez les "grands", Romain Lorentz a mis du temps à apprivoiser ces championnats de France qui lui avaient peu réussi aussi au début de sa carrière. « La finale de l’année dernière était un cap à passer, même si ce n’était pas une finalité en soi. » Elle a constitué une étape de plus dans une progression plutôt linéaire. Le parcours de Romain Lorentz, 24 ans, est plutôt un modèle du genre.

 

Métro et RER à 11 ans pour aller s’entraîner

 

À 11 ans, trois ans après ses débuts, le Francilien quittait sa famille pour intégrer le Pôle Espoirs de Paris. « C’était ma passion et je voulais me donner les moyens de progresser. Je prenais le RER et le métro tout seul. J’avais des entraînements tous les après-midis. Je ne revenais que le week-end faire des compétitions. Il y a eu des dimanches soirs compliqués ! » Après Paris, Romain Lorentz a pris la direction du Pôle France de Nantes, avant d’intégrer l’Insep dès ses 15 ans. Là-bas, au « top du centre d’entraînement », il enchaîne les séances depuis maintenant neuf ans. Aux entraînements bi-quotidiens s’ajoute le travail physique. « Il faut énormément s’entraîner dans ce sport. C’est sans cesse de la répétition. Si je réduisais la charge, ça ne se verrait peut-être pas tout de suite, mais quand on en fait moins que les autres, les autres font plus précisément que nous. » Alors Romain Lorentz ne s’arrête quasiment jamais, hormis à Noël et deux semaines en été. Il répète les gammes et les situations de match, limitant au maximum l’improvisation en compétition. « J’ai besoin de m’entraîner beaucoup pour me sentir mieux. Et sur le long terme, il n’y a pas de secret ? Comme je suis assez puissant, je suis capable d’encaisser des charges d’entraînement assez élevées sans me blesser. »

 

Une bonne dose de talent et tout autant de travail ont construit un coup droit extrêmement performant. « C’est son point fort, estime Xavier Renouvin, l’entraîneur du Caen TTC. Il peut énormément varier, qu’il s’agisse de la vitesse ou des trajectoires. » Le péché mignon est contenu dans un revers plus aléatoire, un des éléments laissant à penser que la marge de progression est encore conséquente. « 24 ans en tennis de table, c’est jeune. Il va prendre de l’expérience pour mieux flairer certaines situations, comme les fins de set. Il peut s’améliorer. » Romain Lorentz, très lucide, sait qu’il lui faut encore parcourir du chemin pour prétendre accomplir ses objectifs. « À long terme, j’aimerais être titulaire en équipe de France, faire les Jeux Olympiques… C’est ce qui fait rêver tout sportif. Je sais que ça va être compliqué car il n’y a pas beaucoup de places. » C’est en partie pour faire un pas vers ce but que le jeune homme a pris une décision majeure, celle de quitter Caen pour signer à Chartres.

 

Changement de cap à Chartres

 

« Ça n’a pas été un choix facile, souligne l’intéressé. J’ai eu cette opportunité dans une saison pas exceptionnelle pour moi. Ça n’allait peut-être pas se reproduire. Je vais changer d’environnement. J’aurai plus de pression puisqu’on sera quatre à postuler pour trois places. J’avais peut-être besoin de ça pour passer un nouveau cap, allez découvrir autre chose, sortir de ma zone de confort. » En quelques mois, Romain Lorentz passera de la lutte pour le maintien à celle pour le titre, chez une équipe quasiment assurée de devenir championne de France début juin. « On lui a fait une proposition, il en a eu une autre, indique Xavier Renouvin. C’est son choix, mais c’est une déception. Il pouvait apporter beaucoup au club, comme le club de Caen pouvait lui apporter encore. Ça fait partie du sport pro et de ses aléas. Personnellement, et il le sait, je ne comprends pas forcément sa décision. Mais ça ne change rien à ce que je pense de lui. » Le Caen TTC ne gardera que du positif de son futur ex-poulain. Romain Lorentz a toutefois une mission à terminer en Normandie. Auteur d’une saison plutôt décevante, moins bonne que la précédente, il est particulièrement attendu dans le sprint final. « Ça me ferait vraiment ch… de partir et de laisser le club en Pro B. Quand je vois la débauche d’énergie au quotidien... Le club grandit et ce serait un petit coup d’arrêt en cas de descente. J’ai envie de partir sur une bonne note. »

 

lorentz angers2 1617

 

Plus en forme lors de ses dernières sorties, avec notamment une victoire 3-0 sur Par Gerell lors du match contre Chartres il y a un mois, Romain Lorentz sent que la roue n’est pas loin de tourner. À titre individuel, mais aussi collectif. « J’ai perdu sept matchs à la belle cette saison. On n’en serait pas là si deux ou trois avaient fini autrement. On n’a plus le droit à l’erreur mais ça peut aller super vite avec la formule actuelle. On a eu un calendrier difficile. » Désormais, Caen n’affronte plus que des clubs à sa portée. Vainqueur de Roanne il y a deux semaines, il joue extrêmement gros ce soir à Istres. Non seulement le Caen TTC doit gagner pour espérer encore, mais il a tout intérêt à le faire sans laisser le moindre point à Istres. Les Provençaux sont avant-derniers, donc non-relégables, à trois longueurs de Caen. La mission survie est loin d’être finie ! Il reste quatre matchs pour la mener à bien et partir ensuite l’esprit plus léger. « Caen restera mon club de cœur », promet Romain Lorentz. Il y sera toujours le bienvenu.   

Qui sommes-nous ?

Lancé en novembre 2009 par Aline Chatel, Sport à Caen est animé par une équipe de passionnés.

Rejoindre l'équipe

Vous êtes passionné(e) de sport et souhaitez rejoindre l'équipe rédactionnelle de Sport à Caen ?

Contactez-nous : recrutement@sportacaen.fr

Devenir Annonceur

Vous êtes une entreprise et vous souhaitez communiquer sur le site Sport à Caen ?

Contactez-nous : commercial@sportacaen.fr

Nous contacter

Une demande de renseignement, une question, un commentaire, des idées à partager ? N'hésitez pas à prendre contact avec nous !

contact@sportacaen.fr