Athlétisme. Aurélie Kamga n'oubliera jamais Berlin 2009

09 août 2017 Ecrit par 

Maëva Danois participera ce soir à ses premiers championnats du monde. Huit ans avant elle, une autre athlète de l’Entente Athlétique Mondeville-Hérouville s’était mêlée à la crème de l’athlétisme mondial. Aurélie Kamga, championne d’Europe junior et espoir du relais 4x100 mètres, avait atteint la finale du 4x400 avec l’équipe de France. Heureuse retraitée des pistes depuis cinq ans, elle garde un souvenir enchanté de son expérience berlinoise en 2009.

 

 

Une septième place avec le 4x400 mètres

 

« J’ai participé aux championnats du monde 2009 à Berlin. Les championnats du monde sont l’apogée d’une carrière pour un athlète, après les Jeux Olympiques qui sont le but ultime. J’ai vécu un moment grandiose et inoubliable à Berlin. À l’époque, les relais français étaient en difficulté. Nous sommes parvenues à nous qualifier pour la finale, que nous avons terminée septièmes. »

 

« J’ai vécu de super championnats. Quand tu attends le témoin, ton cœur bat à 100 à l’heure. C’est énorme. Je pensais à ne pas partir trop vite, ce qui était souvent mon péché mignon en relais, à bien courir et à me donner à 100 %. À côté de moi, j’avais Allyson Felix comme deuxième relayeuse américaine. Autant vous dire qu’elle est partie bien avant moi et que je ne l’ai plus revue (rire). Ce sont des émotions incomparables et que je ne pourrai plus jamais ressentir de la même manière. Quand on est finale, on réalise tout le travail, les efforts et les sacrifices qu’on a dû consentir pour en arriver là. Et ce sont des émotions qu’on vit avec des milliers de personnes qui nous encouragent autour de nous. C’est une source d’énergie qu’on ne peut pas trouver ailleurs. »

 

 

Dans l’ascenseur avec Usain Bolt… et son burger

 

« J’ai eu la grande chance de loger dans le même hôtel que les Jamaïcains lors de ces championnats du monde. Je côtoyais donc Usain Bolt, dont j’étais une grande fan. Les autres athlètes étaient tout aussi fans de lui. Il devait donc gérer à la fois les fans extérieurs et ceux qui étaient au sein même de son hôtel parmi les athlètes. Tout le monde voulait prendre des photos avec lui. Un jour, je me suis retrouvée dans l’ascenseur avec lui. Il partait disputer une demi-finale et était en train de manger un Burger King ! Je m’en souviendrai toujours. Évidemment, moi je n’avais pas le droit au moindre écart. »

 

« Mon autre grand souvenir de cette compétition, c’est l’après-championnats du monde. Il y avait des soirées organisées, et j’étais allée à la soirée jamaïcaine. Les Jamaïcains ont bien fêté leurs médailles... Bien sûr, nous n’avions pas le droit de prendre de photo pour ne pas que la presse puisse s’en emparer. J’avais quand même réussi à en prendre une ! C’était un grand moment de voir ces stars se lâcher ainsi. Cela les rendait humains. »

 

 

Une retraite anticipée

 

« J’ai voulu arrêter assez tôt. Je l’ai fait il y a cinq ans, à 27 ans. Je voyais beaucoup de sportifs qui continuaient avec acharnement sans faire de chronos. Je ne voulais pas être dans ce schéma. J’avais accumulé beaucoup de fatigue et mon corps souffrait. J’ai senti comme une libération quand j’ai arrêté. J’ai commencé le haut niveau dès l’âge de 15-16 ans. J’ai été contrainte à une exigence particulière. Quand j’ai arrêté, j’ai pu sortir quand je le voulais, manger ce que je voulais, arrêter les privations… Il y a un temps pour tout. Jamais de la vie je ne reviendrai à l’athlétisme, même si on me paye extrêmement cher pour ça. Le haut niveau est très dur mentalement et physique. Quand je me levais le matin, je me demandais parfois pourquoi je faisais souffrir mon corps comme ça… Je parle toujours du sport en bien, il m’a fait vivre de belles choses, mais je suis contente d’avoir arrêté et je n’ai aucune nostalgie. »

 

« Quand j’ai arrêté, j’étais d’abord très déçue de ne pas m’être qualifiée pour les Jeux de Londres. J’ai participé aux Jeux de la Francophonie, aux Jeux Méditerranéens, aux championnats d’Europe et aux championnats du monde. Il ne me manque que les Jeux Olympiques. C’est forcément une petite déception dans ma carrière. J’ai cependant tourné la page rapidement. Maintenant, tout cela me paraît très lointain. »

 

kamga afsud

 

 

Une reconversion réussie

 

«  Dans mon groupe d’entraînement, nous n’étions plus nombreux à prolonger les études et à trouver des employeurs conciliants pour mener de front l’athlétisme et la vie professionnelle. Peut-être que le fait de gérer les deux  a joué dans mes blessures, sûrement, mais je ne regrette pas mon choix. Cela m’a aidée. Les valeurs du sport, et de l’athlétisme notamment, je les reproduis dans ma vie professionnelle. C’est la persévérance qui prédomine, le fait de ne rien lâcher. Pour moi, c’est facile aujourd’hui car je ne fais plus que ça. Avant, je devais avoir cette même exigence sur la piste et dans le travail. » 

 

« Je suis aujourd’hui business manager chez ALTEN. Je gère une équipe d’une trentaine de consultants en informatique. C’est très intéressant comme travail. Je n’aurais pas pu continuer le sport de haut niveau. J’ai réussi à faire une bonne reconversion, je suis contente. En parallèle, je cours deux à trois fois par semaine et je vais parfois à la salle de sport avec mes collègues. Je me suis mise à la course sur route assez rapidement après la fin de ma carrière. J’ai fait deux fois le semi-marathon de Paris, puis je suis passée sur des trails. Mon but est toujours d’être la mieux classée chez les filles. Pour l’instant, je suis un peu loin et ça ne me plaît pas (sourire). Je ne fais pas les choses à moitié. L’esprit de compétition est toujours là, même dans le travail. »

 

 

La passion n'est pas éteinte

 

« Je ne loupe rien des championnats du monde ! Je connais très bien Pierre-Ambroise Bosse, je le vois régulièrement. Avec la saison compliquée qu’il a eue, je ne pensais vraiment pas qu’il pouvait être champion du monde. C’est génial. J’ai encore des amis dans l’athlétisme, avec qui je me suis entraînée notamment. Je serai bien sûr devant mon écran pour Maëva (Danois) ce soir. Pour la petite histoire, nos mères habitent l’une en face de l’autre. Elles échangent beaucoup. On a aussi le même coach à l’Insep. Mais je suis surtout de près une petite qui s’entraîne en Belgique (Charlotte Jeanne). Au rythme où elle va, je pense qu’elle va battre mes records*. Elle a un gros potentiel. »

 

*Records de ligue : 11"57 sur 100 mètres (11"46 avec un vent trop favorable) et 23"37 sur 200 mètres. 

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