Éloïse Genissel tient enfin ses 4m00

17 février 2017 Ecrit par 

Elle en rêvait depuis des années. En avait sûrement fait quelques cauchemars, aussi. La barre virait parfois à l’obsession. Les quatre mètres sinon rien. Éloïse Genissel avait beau essayer de (se) persuader du contraire, on comprenait vite que le cap était plus qu’un objectif ou qu’un point de passage. Les quatre mètres sont devenus réalité le dimanche 5 février aux championnats de France espoirs.

 

Il y a d’abord eu la surprise. Non, la barre n’est pas tombée. Mieux, elle n’a pas tremblé. La course avait été rapide, et l’impulsion effectuée à bonne distance. Le franchissement, fluide, est venu parachever l’œuvre. Éloïse Genissel s’est offert le luxe d’avoir de la marge. Elle ne pouvait pas imaginer meilleure manière de vaincre les quatre mètres. « Que d’émotion ! J’étais en larmes. Je ne m’y attendais pas du tout, surtout dès le deuxième essai. » La bête de compétition qui sommeille en l’athlète et resurgit plus puissante que jamais à chaque championnat de France a mis à profit cette adversité qu’elle aime tant. Sept fois Éloïse Genissel a été médaillée sur la scène nationale depuis 2011. « Le niveau élevé du concours m’a aidée. Je savais qu’il fallait passer les quatre mètres pour être bien placée. » Huitième au bilan hivernal après les 3m85 effacés à Never, Éloïse Genissel ne partait pas avec la faveur des pronostics. Voilà des années qu’elle séjournait au-dessus des 3m85, franchis pour la première fois en 2012, mais sous les 4 mètres. « Je stagnais depuis trois ans. À un moment donné, tu te demandes si tu es faite pour ce sport. »

 

Des interrogations, Éloïse Genissel en a eues. Des doutes aussi, souvent. Il y a un an, elle nous martelait : « je n’ai pas le droit de ne pas réagir. » La sociétaire du Caen Athletic Club sortait d’un hiver rugueux et connaissait la clé des succès futurs. « Ce n’est pas en claquant des doigts ou en faisant comme tout le monde que ça peut marcher. » Faire comme tout le monde n’a jamais été le quotidien de cette compétitrice exigeante, consciente du rôle majeur que revêt la préparation invisible, celle où on sacrifie des soirées pour se coucher tôt. Éloïse Genissel la bosseuse n’attendait plus que la récompense de ses efforts. Elle savait qu’ils n’étaient plus loin de se concrétiser. « Cet hiver, j’ai senti la différence avec l’été dernier. Je cours plus vite, je m’engage mieux. Il faut avoir un peu de confiance et de folie pour s’impulser de loin. Il me manquait cela les années précédentes. Je me prends moins la tête. Ça m’a fait du bien aussi de moins parler de moi. Je n’avais pas envie de me mettre plus de pression. »

 

Une année 2017 sur tous les fronts

 

En rentrant dans le rang après avoir enchaîné les podiums – il n’y en eut pas en 2016 – Éloïse Genissel a pu se préparer dans une certaine discrétion. Et si elle s’en serait bien passée, elle lui a au moins permis de travailler les idées claires. Sans son entraîneur de toujours, Alain Henry. La retraite de ce dernier est l’autre composante importante du nouvel envol. « Cela m’a fait prendre conscience qu’il fallait que je progresse sans lui. Je me questionne plus, je prends des initiatives. Néanmoins, ça se passe super bien avec mes coachs actuels. J’ai confiance en eux. » Pour succéder à l’ancien prof de sport, Éloïse Genissel peut compter sur Éric Levard et Vincent Lesénéchal, avec qui elle a une séance de perche par semaine à Mondeville. Une autre vient rythmer son programme hebdomadaire, par ailleurs composé de musculation, course et aérobie. Sur les haies, qu’elle continue par plaisir, la Stapsienne peut compter sur l’apport d’Anne Levard. « L’entraînement ne change pas tellement par rapport à ce que j’ai connu avant, même si le contenu n’est pas tout à fait le même. »

 

La recordwoman espoir de Normandie a repris une progression qui semblait indécise ces dernières années. Le déclic ? « Je pense qu’il aura lieu. Vu la marge que j’avais à Lyon, je peux le refaire. » La priorité des mois à venir se situe toutefois ailleurs. Les 10 et 11 avril, Éloïse Genissel passera les écrits du CAPEPS. Presque une barre à quatre mètres. « Je vais faire un peu moins d’athlé. Ça tombe plutôt bien au niveau du calendrier. Je m’y remettrai à fond après. » La native de Flers sera animée d’un enthousiasme nouveau. Les quatre mètres, ça change la vie d’une perchiste. « Je suis heureuse, je vois tout en rose ! J’attendais ça depuis tellement longtemps… Cela me remet vraiment en confiance. » À 22 ans tout juste – elle les a pris deux jours après sa performance – Éloïse Genissel peut de nouveau voir grand. En liste d’attente pour les Élite indoor, elle fera partie des candidates pour les France Élite d’été. La crème de la perche française n’est pas encore à portée de main, ou de saut, mais elle se rapproche… 

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