Basket. Romana Hejdova, clown à la rage de vaincre

01 décembre 2017 Ecrit par 

Avec près de 16 points par match, Romana Hejdova est la principale force de frappe de l’USO Mondeville en ce début de saison. Au fil des années, l’internationale thèque s’est bâti une solide réputation sur les parquets de Ligue féminine. Cette infatigable batailleuse est animée d’une rage de vaincre dont elle ne se départit jamais.

 

Romana Hejdova a une petite particularité bien à elle. « Plus elle s’énerve, et plus elle est forte », sourit Romain L’Hermitte. Femme de défis, la Tchèque n’est jamais meilleure que dans la difficulté, à en croire son entraîneur. C’est peut-être l’explication première au rendement de haut niveau qu’elle affiche depuis l’entame de la saison. Alors que l’USOM tire la langue à l’avant-dernière place du classement, son ailière apparaît dans le top 5 des scoreuses de Ligue féminine avec près de 16 points par match en moyenne. Ses 57 % de réussite à deux points confirment en outre toute son adresse dans l’exercice. Et Romana Hejdova ne se contente pas de marquer, puisqu’elle tourne à cinq rebonds par match et pas loin de deux interceptions. Ses 15,9 d’évaluation la placent même devant Kim Gaucher dans ce registre.

 

Joueuse la plus utilisée par Romain L’Hermitte cette saison, avec 34 minutes passées sur le parquet en moyenne, la native de Brno est la vraie satisfaction mondevillaise du début de saison. « J’échangerais toutes mes stats contre des victoires, grogne-t-elle gentiment, mais fermement. Tout ce qui m’importe, c’est de gagner. » Pas besoin d’observer très longtemps la joueuse de 29 ans sur un terrain pour s’en apercevoir. Romana Hejdova parle, râle, encourage, conteste et se bat toujours avec la même énergie. L’antithèse de la nonchalance. « Elle est dans l’intensité constante, souligne son entraîneur. Elle se met tout le temps dans le dur. » Et Romain L’Hermitte d’avoir ce souvenir des nombreuses confrontations passées avec sa numéro 6. « À chaque fois qu’on jouait contre elle et qu’il ne restait que quelques secondes avant la fin de possession ou la fin du quart-temps, le ballon lui revenait dans les mains et son tir rentrait. Elle aime le challenge. »

 

L’Euroligue au palmarès, les JO au CV

 

Perfectionniste, « jamais satisfaite » d’elle-même, Romana Hejdova a sûrement construit beaucoup de sa carrière sur cette exigence qu’elle s’impose. L’école tchèque l’y a probablement aidée. Formée dans sa ville natale, d’abord dans des clubs de second rang avant de rejoindre le prestigieux BK Brno, elle a passé toute la première partie de sa carrière en République Tchèque. Autant d’années fructueuses puisqu’elles se sont soldées par cinq titres nationaux (le championnat en 2005, 2006, 2007 et 2010, la coupe en 2013) et, surtout, une Euroligue en 2006. « C’est vrai que j’ai gagné l’Euroligue, mais je ne jouais pas, sourit-elle. Je faisais le banc. Par contre, je m’entraînais à 16-17 ans avec des joueuses qui faisaient partie des meilleures du monde. C’était incroyable, et super stressant ! » Les difficultés financières rencontrées par le club au début des années 2010 ont permis à l’ailière de prendre des responsabilités nouvelles.  Mais en 2013, au sortir de la victoire en Coupe de République Tchèque, Romana Hejdova a décidé de donner une autre orientation à sa carrière.

 

À 25 ans, ses études dans le sport achevées, l’internationale tchèque présente aux JO 2008 (elle a dû renoncer à ceux de 2012 en raison d’une rupture des croisés) découvrait la Ligue féminine à Angers. « J’étais un peu fatiguée, explique-t-elle. J’ai eu très longtemps le même coach en Tchéquie, et là-bas les coachs sont très durs. J’ai beaucoup appris, mais au prix d’une grosse discipline. » La découverte du championnat de France a permis de retrouver le plaisir de jouer, au sein d’« une des meilleures ligues du monde ». Cinq ans plus tard, "Romi" n’a plus quitté l’Hexagone. « Quand j’ai signé à Angers, j’étais loin de penser que j’allais rester en France. J’aime voyager, donc je m’étais dit "on verra". Mais j’aime jouer en France. Aucun match n’est facile ici. J’ai même l’impression que le championnat est encore plus physique cette année. » Après deux années à Angers (12 points et 10,7 points par match en moyenne), Romana Hejdova a pris la direction du Nord. De Saint-Amand, exactement. « Tout le monde me disait "c’est la catastrophe là-bas, tu vas mourir". En fait, j’ai beaucoup aimé. » La météo était pire qu’en Normandie, paraît-il, mais la bonne ambiance réchauffait les cœurs. Et ça, ce n’est pas un détail pour l’ailière, attachée au bien-vivre ensemble. À Mondeville, « elle aime bien faire le clown et être le grande sœur des jeunes », précise Romain L’Hermitte.

 

« Une grande professionnelle »

 

Au fil des années, celle qui a passé deux saisons au Hainaut (10,3 points et 12,6 points par match) avant de s’engager en faveur de l’USOM l’été dernier, est devenu une joueuse cadre. Ses premiers mois à Mondeville le confirment, par le leadership qu’elle a développé, et ses performances sur le terrain. « C’est une joueuse vraiment très importante chez nous, assure Romain L’Hermitte comme une évidence. Elle apporte beaucoup de stabilité. C’est aussi une valeur sûre de Ligue féminine. Je suis persuadé qu’elle aurait des stats similaires dans n’importe quel autre club. C’est un métronome, elle est très régulière. C’est une grande professionnelle, qui travaille toujours dur et qui ne demande que ça. Elle apporte aux jeunes. » Dans un effectif dont la moyenne d’âge serait inférieure à 20 ans sans elle et Kim Gaucher, Romana Hejdova n’hésite pas à prendre la parole dans son français parfois hésitant mais néanmoins très correct.

 

 

Son expérience n’est pas de trop en ce moment. Confronté à une série de six défaites consécutives, Mondeville pourrait faire grise mine. Romana Hejdova, malgré la rage de vaincre qui l’habite, préfère relativiser. « Bien sûr que ça arrive d’être frustré, mais ce n’est que du basket et il y a des choses plus importantes dans la vie. Cette équipe est très jeune, elle a besoin de temps pour que tout le monde parvienne à jouer ensemble. Quand Lisa (Berkani) reviendra, ce sera différent. » En attendant, l’USOM courbe l’échine. « C’était plus difficile mentalement après la défaite à Tarbes parce que c’est une équipe de notre niveau. On n’a pas bien joué. C’est super difficile de gérer le rythme sans véritable meneuse. Ewl (Guennoc) a du talent mais pas encore d’expérience. » Dès lors, la réception de Basket Landes demain soir n’est pas des plus rassurantes. « On n’a pas de meneuse, elles ont Céline Dumerc. Ça va être dur, mais on a travaillé toute la semaine pour avoir des solutions. J’ai confiance en cette équipe. » Romana Hejdova, on le sait, n’est pas celles qui lâchent facilement le morceau. 

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