Romain L’Hermitte : « On a toujours peur de prendre des volées… »

05 octobre 2017 Ecrit par 

Romain L’Hermitte était un coach heureux mercredi soir après le succès de son équipe contre Lyon (70-67). Alors que l’USOM était loin de rassurer avant le début des hostilités, la faute à une préparation totalement tronquée, le club normand est l’unique leader très provisoire de Ligue féminine.

 

Romain, la magie opère toujours Halle Bérégovoy ?

Oui. (Il cherche ses mots) Je me dis « c’est pas possible, est-ce qu’on recommence ? » (Sourire) On se bat, on a du cœur. C’est comme ça qu’on est et les jeunes se mettent au diapason. On a vu Myriam Djekoundadé, Ana Tadic, Heleen Nauwelaers en première mi-temps. Tout ce petit monde-là travaille. Katia Mosengo est en difficulté mais c’est normal parce qu’elle ne s’entraîne pas depuis une semaine et demie. On sait qu’elle sera là. C’est une soirée complète pour nous. On est dans nos objectifs. Les joueuses d’expérience sont là. Stéphanie (Talbot) est là pour performer et se montrer aux yeux du grand public en Europe. Elle le fait. Les jeunes sont là pour progresser et atteindre des sommets. Elles le font aussi.

 

As-tu pensé que la soirée allait être compliquée quand le score était de 9 à 20 ?

Je me disais que c’était compliqué, mais on avait vu des bonnes choses au tout début. On avait mis en place un plan de jeu assez rigoureux défensivement. On ne l’avait jamais fait. On n’était pas prêt. Après, on a respecté le plan de jeu à la lettre. On a réussi à mettre de l’agressivité en plus. Ce qui a fait la différence, c’est qu’on s’est mis à prendre les rebonds, et plus elles. Ça a constitué un grand changement.

 

L’entrée de Myriam Djekoundadé a « tout changé »

 

Il y a eu un inversement de situation soudain.

J’ai longuement hésité à mettre Myriam Djekoundadé dans le cinq. Je savais que Marième (Badiane) allait avoir beaucoup de mal contre Myriam, quelqu’un de très mobile. J’ai quand même attendu avant de mettre Myriam sur le terrain, parce qu’elle découvre le poste 5. Elle y a joué hier soir pendant vingt minutes. Son entrée a tout changé.

 

C’est d’autant plus impressionnant que cette équipe n’a que dix jours !

Oui, c’est ça, elle n’a que dix jours. On se perd tout le temps dans les systèmes. En fait, on travaille, et au fur et à mesure du match, on arrive à mettre notre collectif en place. À l’inverse, je crois que le collectif de Lyon est parti en lambeaux. Elles ont survécu à coups de tirs d’Ingrid Tanqueray parce qu’on a fait des erreurs. On sait qu’elle est très adroite, elle connaît parfaitement la salle. Elles nous ont pénalisés sur nos erreurs, mais on en a fait de moins en moins au fur et à mesure du match.

 

On n’a pas vu une grande Marième Badiane ce soir…

Marième est quelqu’un qui fonctionne beaucoup à l’affectif. Elle était dans sa salle, ce soir. Je l’observais d’en haut pendant l’échauffement et je la voyais regarder tout autour d’elle, les gens qui venaient lui faire des sourires… Elle était contente, mais ce n’est pas facile de revenir si vite. On avait prévu de la trapper, comme Diawara, mais en fait on a arrêté en deuxième mi-temps. Il y a eu Myriam, mais Ana a fait un match défensif monstrueux, et elle a été très performante en attaque également. C’est vraiment la satisfaction.

 

D’autant que Stéphanie Talbot, très ciblée, a été moins en réussite au tir.

Stéphanie est quelqu’un de très intelligent qui éclaire le jeu. Quand elle n’était pas sur le terrain, on déroulait mieux notre collectif. D’ailleurs, on revient au score quand elle est sur le banc. Il faut qu’on arrive à mieux l’intégrer dans notre collectif. Des fois, on est un peu spectateur de son talent. On attend toujours qu’elle fasse la différence. Mais en face, il y a vraiment de très bonnes joueuses. Il faut qu’on arrive à jouer à cinq. C’est une joueuse qui fait la passe décisive dès qu’il faut la faire, qui est présente en défense et dans le rebond… On ne peut pas la laisser toute seule dans le tir, même si elle en a raté quelques uns. Ça rassure un peu, sinon je me disais que je n’allais pas la garder longtemps (rire).

 

« Personne ne peut tenir Lisa Berkani »

 

Il y a de la fierté après cette victoire ?

Oui, mais c’est un peu la marque de Mondeville, ce match. On a toujours peur de prendre des volées, parce que les rosters adverses sont assez impressionnants, mais on se bat. On se bat très dur. Dans notre salle, quand on est au score en fin de match, ça nous permet de nous survolter. Je suis quand même très content parce que c’est ma première victoire contre Valéry Demory. Bon, j’ai attendu qu’il parte de Montpellier, mais c’est pour moi le meilleur coach de Ligue féminine. On s’est longtemps fait laminer contre lui. L’an dernier, c’est passé à un cheveu. Cette année, on l’a fait. Et encore, j’ai cru qu’Ingrid allait réussir à faire basculer le match.

 

Lisa a été agaçante pendant sept minutes, puis monstrueuse, notamment dans le money time.

Lisa n’a pas confiance en elle, c’est ça son problème. Il a fallu que je lui dise je ne sais pas combien de fois « joue-là, Ingrid Tanqueray, arrête de subir sa pression ». Personne ne peut tenir Lisa Berkani, personne. C’est un monstre physique. On parle toujours de ses passes ou des tirs qu’elle met sur une jambe, mais physiquement c’est un monstre. Elle a une puissance énorme, et elle est en forme. Elle a été remise d’aplomb par le staff médical que je salue. Tout le monde est performant en ce moment, par contre il va falloir qu’on s’entraîne mieux. Parce que pour le moment, c’est une catastrophe. J’espère qu’on pourra atteindre des sommets quand on s’entraînera bien. Mais il ne faut pas s’emballer. On sait que la saison va être longue et dure. On sait toujours qu’on n’a pas de marge. Samedi, on va à Bourges, qui a un roster monstrueux.

 

Il y a une joueuse qui, quelque soit son club, vous met en difficulté année après année, ici à la Halle Bérégovoy. C’est Ingrid Tanqueray. Elle a encore failli faire pencher le match à elle toute seule dans le money time…

Je crois que c’est la meilleure shooteuse à trois points du championnat. C’est sans doute la plus régulière. KB peut l’être, mais Ingrid est souvent en tête de ce classement. En plus, elle en prend ! Elle est au top, mais il lui manque ce petit truc de leader en meneuse de jeu. Il ne lui manque que ça pour être une meneuse à la Dumerc. Elle en serait capable. Mais balle en main, elle gère très bien son équipe. Elle sait où donner les ballons. Notre défense l’a gênée, mais à la fin du match, Ana est deux fois en retard, et elle met les deux paniers. C’est une super joueuse. Elle nous l’avait prouvé à Mondeville. Elle a évolué, c’est vraiment une chouette personne. Je suis content qu’elle soit dans le projet de Lyon parce qu’elle mérite de grandir dans un projet comme celui-là.

 

Ce match met-il en confiance avant Bourges ?

 

Oui, mais on ne va pas aller se griller là-bas. Certaines joueuses ne sont pas sorties du tout en deuxième mi-temps contre Lyon. Il faut qu’on fasse très attention à ne pas aller se griller à Bourges. Ça va être compliqué là-bas.

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