Loreen Kerboeuf : « Je prends plus de responsabilités »

24 février 2017 Ecrit par 

Peut-on concilier le sport de haut niveau et des études exigeantes ? Pour Loreen Kerboeuf, la réponse est oui ! La meneuse de l’USO Mondeville, championne d’Europe U18 l’année dernière avec l’équipe de France, s’offre quotidiennement des journées à rallonge. Cela ne l’empêche pas de jouer un vrai rôle dans une équipe à qui tout sourit. Avant d’affronter Montpellier demain, elle reste sur un match à douze points contre Angers samedi dernier.

 

Loreen, Mondeville réalise  une saison assez exceptionnelle pour beaucoup d’observateurs. Est-ce aussi ton sentiment ?

Oui, cette année encore plus que l’année dernière, on arrive à battre de grosses équipes en mettant beaucoup d’intensité. Contre Angers, on a failli faire un faux-pas, mais on a réussi à gagner en prolongation. Cette saison, dès qu’on arrive à faire deux ou trois bonnes actions, le reste s’enchaîne vite. Tout part de notre défense. Plus on met d’intensité en défense, et plus on arrive ensuite à développer notre jeu en attaque.

 

C’est une surprise, tout de même, de se retrouver ici ?

En début de saison, je ne pensais pas qu’on atteindrait ce niveau-là et qu’on allait pouvoir battre Basket Landes, Bourges, Villeneuve d’Ascq. Dès qu’on a battu Villeneuve d’Ascq au premier match, je me suis dit que tout pouvait arriver. On voit aussi presque chaque week-end des résultats un peu aberrants. Tout le monde peut battre tout le monde dans ce championnat.

 

Montpellier samedi, tout est possible aussi, ou c’est encore un cran au-dessus ?

Je pense que c’est un cran au-dessus. A priori, cela fait sept ans que Mondeville n’a plus  battu Montpellier. C’est encore plus dur là-bas, c’est compliqué de les battre à domicile. Tout peut arriver, mais on attend de voir la tournure du match.

 

Cette fin de saison, une fois les playoffs, ce n’est que du plaisir, ou l’appétit vient en mangeant ?

Il y a encore de l’ambition. On veut se faire plaisir en playoffs, mais étant donné qu’on a déjà battu des grosses équipes, on se dit qu’on est en capacité de le refaire. Même sur trois matchs, c’est possible d’en gagner deux.

 

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Loreen Kerboeuf la saison dernière, l'année de la révélation.

 

Personnellement, on t’a vue en évidence contre Angers, et en forme lors des précédents matchs. Tu montes en puissance ?

Je prends plus de responsabilités au fur et à mesure des matchs. Au début, quand je commençais à jouer avec les pros, j’étais surtout là pour bien défendre et jouer pour les filles de l’équipe. Je prends plus de responsabilités maintenant, mais je sais que si je rate mes premiers tirs, je vais davantage jouer pour les autres. Par contre, si je les mets, j’hésite moins à retenter ma chance.

 

Tu t’es révélée la saison dernière. On dit souvent que le plus dur est ensuite de confirmer. Comment juges-tu cette confirmation ? Y a-t-il eu une frustration en début de saison quand le temps de jeu était plus modeste ?

Je prends les matchs les uns après les autres. Des fois, c’est frustrant de ne pas avoir plus de temps de jeu, mais la plupart du temps, c’est mérité. Soit je ne fais pas le travail qu’il faut, soit je ne suis pas dedans. J’ai vraiment progressé depuis l’année dernière. Avant, je stressais beaucoup avant les matchs. Désormais, ça se déroule tout seul. J’ai vraiment progressé sur ce point-là, en tout cas.

 

On devine un rythme soutenu pour toi, entre ta scolarité en IUT et le basket…

C’est sûr que ça l’était en première partie de saison, mais je viens juste de faire un aménagement pour poursuivre mes études en trois ans au lieu de deux ans. Au début, j’étais présente à tous les cours, je n’avais aucun temps de repos. J’enchaînais IUT et entraînement. Je vais maintenant avoir plus de temps pour me consacrer au basket et pour travailler mes cours, et avoir ainsi de meilleures notes. Ça va mieux se passer.

 

Compliqué d’être performant dans les deux quand on a la volonté comme toi d’être toujours la meilleure…

Oui ! Je faisais souvent 8h00-17h30 à l’IUT, puis entraînement dans la foulée. C’est compliqué d’être dedans. Les jambes ne suivent plus trop. J’étais parfois à bout de souffle alors que les autres filles étaient plutôt tranquilles. Je me demandais ce qui se passait, mais je sais que c’était lié aux cours. Avec l’aménagement, ça va aller mieux. En match, je ne le ressentais pas, j’avais eu le samedi pour me reposer.

 

Suivre de front études et basket à haut niveau, c’était nécessaire pour toi ?

La question ne s’est pas posée d’arrêter mes études. Si j’ai une blessure ou si je n’arrive pas à évoluer plus que ça au basket, j’aurai toujours mes études à côté. Et arrêter le basket, ce n’était pas possible, c’est ma passion.

 

Comment envisages-tu la suite ?

Je me pose la question. Je ne vais pas brûler les étapes. Je vais d’abord voir comment vont se passer les deux prochaines années. J’envisage de faire une pause après mon IUT pour voir ce que je peux faire dans le basket en ne faisant que ça. J’aimerais ensuite faire une école d’ingénieur. 

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