Basket. Kanelle Mahobah veut faire d’Ifs un tremplin

04 novembre 2017 Ecrit par 

Le Club Basket d’Ifs est resté fidèle à ses principes cet été en basant son recrutement sur de très jeunes joueuses. Parmi ces espoirs en devenir, Kanelle Mahobah a traversé la France en quittant le centre de formation de Toulouse. L’arrière de 19 ans lance sa carrière dans le monde senior.

 

Le léger accent fleure bon le soleil du Midi-Pyrénées. Kanelle Mahobah pourrait difficilement renier ses origines. La native du Lot a traversé la France pour vivre sa passion jusque dans le petit gymnase du Club Basket d’Ifs. « Je savais que ça allait être compliqué d’avoir du temps de jeu en Ligue 2 à Toulouse, mon club formateur, donc j’ai émis le souhait de partir ailleurs, explique-t-elle. J’ai eu quelques propositions et le projet sportif d’Ifs m’a convaincue. » Attirée par la politique résolument jeune des dirigeants ifois, la meneuse reconvertie arrière la saison dernière n’a pas hésité à prendre le virage sportif et humain. « C’est la première fois que je pars loin de chez moi. Au début, ce n’était pas toujours facile, mais c’est quelque chose que je fais avec plaisir. Je ne le ressens pas comme une contrainte. »

 

Étudiante en STAPS, un peu par défaut, un peu parce qu’elle se verrait bien coach sportive dans le futur, Kanelle Mahobah avait anticipé la Nationale 1 comme une étape incontournable. Cette fille de basketteuse, très tôt mise au parfum des gymnases, a de la suite dans les idées. « J’aimerais faire deux-trois années en N1 pour essayer de devenir une joueuse cadre de ce niveau-là et passer le cap vers la Ligue 2, voire la Ligue féminine », explique-t-elle. En attendant, le premier palier à franchir est celui menant d’un centre de formation au monde adulte. Et ce n’est certainement pas le plus simple à maîtriser. « La grande adaptation à avoir est dans l’attitude, estime Morgan Debrosse, entraîneur du CB Ifs. Pendant trois ans, les jeunes filles ont entendu : "ce n’est pas grave si vous perdez, l’important est que vous progressiez". En seniors, ce n’est plus du tout le même raisonnement. »

 

« Une démarche quasi-professionnelle »

 

Parfois minoré en formation, l’aspect compétitif prend une toute autre place en Nationale 1. Mais ce n’est pas la seule particularité. « Personnellement, je sens vraiment la différence de niveau, précise Kanelle Mahobah. La saison dernière, je jouais en espoirs et en N2. Il y a une vraie marge. La N1 est plus physique et plus technique. Pour s’y faire, tout passe par l’entraînement. On doit être tout le temps à 100 % et prêt au combat. » Cette mentalité, c’est une des forces de la jeune fille. Quand il évoque sa joueuse, Morgan Debrosse commence par sa « vraie volonté de progresser » naturellement associée à une « démarche quasi-professionnelle ». « Elle sait qu’elle doit bosser dur et que chaque minute passée sur le terrain est importante », souligne-t-il. Après avoir fréquenté le pôle espoir et le centre de formation de Toulouse, de 15 à 19 ans, Kanelle Mohabah a conscience des impératifs lié à la quête du haut niveau.

 

Ce qui fait foi n’en reste pas moins les performances réalisées en compétition. Et le début de saison de Kanelle Mahobah laisse surtout apparaître un potentiel pas encore pleinement exploité. « Il y a un peu de stress », admet celle qui a commencé au club de Pradines Lot Basket. « Elle a de grosses qualités offensives qui seront décuplées quand elle aura acquis de la confiance », ajoute Anaïs Deyres, sa vice-capitaine. Celle qui se présente comme « une joueuse plutôt agressive en attaque, pas maladroite et ayant une assez bonne lecture du jeu » ne manque pas d’atouts pour s’affirmer au fil des rencontres, à en croire son entraîneur. « Kanelle, c’est beaucoup d’énergie des deux côtés du terrain, en défense comme en attaque. Il y a une vraie qualité de tir, une vraie qualité de drive. Après, elle reste une jeune joueuse et il va falloir qu’elle apprenne quand utiliser ces qualités. Il y a quand même de très bonnes bases psychologiques et athlétiques pour perdurer à ce niveau-là et voir plus haut si elle travaille bien. »

 

Un gros morceau ce soir

 

Pour l’instant, l’écart demeure toutefois conséquent entre les joueuses expérimentées du CB Ifs et les jeunes pousses en post-formation. C’est sûrement une clé du début de saison assez mitigé (deux victoires et trois défaites). « Si tout le monde arrive à prendre le train des cadres, on peut espérer aller haut dans ce championnat, pronostique Morgan Debrosse. Si les jeunes n’ont pas plus d’impact, cela risque de compliquer les choses. J’attends plus d’elles. Mais on progresse, et on se sert de nos erreurs pour apprendre. » Ce soir, les Ifoises devront cependant être au diapason pour espérer rivaliser avec Aulnoye, prétendant annoncé à la montée en Ligue 2. « On a l’occasion de se remettre dans la bonne direction mais ça va être un match compliqué, anticipe Kanelle Mahobah. Il va y avoir un gros défi physique à l’intérieur comme à l’extérieur. »

 

 

Ifs devra répondre présent dans l’intensité, mais pas seulement. Les progrès sont attendus sur le plan collectif. « On est encore en train d’apprendre à jouer ensemble. Quand on aura davantage de repères, on pourra faire tomber pas mal d’équipes. » Après deux défaites de suite, le CB Ifs serait bien avisé de ne pas laisser s’installer une spirale négative. Kanelle Mahobah et ses camarades y veilleront. 

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