Basket. Euzhann Lerandy veut faire d'Ifs un tremplin

30 août 2017 Ecrit par 
Euzhann Lerandy mardi à l'entraînement dans un exercice de proprioception.

Euzhann Lerandy, 19 ans pour quelques jours encore, est l'une des cinq recrues ifoises de l'intersaison. Et ce n'est pas la moins prometteuse. Passée quatre ans par le centre de formation de Bourges, l’intérieure martiniquaise d’1,87 mètre aspire à faire d'Ifs une étape importante dans sa jeune carrière.

 

 

Elle doit son prénom à la réalisatrice martiniquaise Euzhann Palcy, mais son film à elle reste à écrire. Euzhann Lerandy va faire à Ifs ses grands débuts dans une équipe première, en même temps qu’elle découvrira le championnat de Nationale 1. Quelques mois après avoir obtenu en Angleterre sa licence de droit, la jeune fille prend un nouveau départ dans l’agglomération caennaise. « J’étais restée en bons termes avec Didier Godefroy, qui a été mon entraîneur lors de ma troisième saison à Bourges, explique-t-elle. Quand je suis rentrée en France, je lui ai demandé s’il pouvait m’aider à trouver un club. » Le technicien allait quitter Ifs pour La Glacerie, mais il avait perçu l’intérêt mutuel qui pouvait exister entre le récent finaliste du Trophée Coupe de France et la joueuse martiniquaise.  

 

Désireux d’insister sur la voie de la jeunesse privilégiée depuis plusieurs années, les dirigeants ifois n’ont pas mis longtemps à voir le potentiel qui résidait dans cette joueuse au parcours de formation exemplaire. Section sportive, pôle Martinique, pôle Outre-Mer puis centre de formation de Bourges, qu’elle a intégré après avoir été détectée par une certaine Cathy Melain : Euzhann Lerandy a suivi le cursus d’excellence jusqu’à être pré-convoquée dans les différentes équipes de France jeunes. Si elle a échoué à passer ce cap-là, elle a en revanche réussi son cheminement en club jusqu’à apparaître sur des feuilles de match de Ligue féminine et d’Euroligue avec le grand Bourges. C’est aux côtés de Céline Dumerc and co qu’elle a inscrit son premier panier dans l’élite française. « J’ai vécu de grandes choses, souligne-t-elle. Bien sûr, la Ligue féminine reste un objectif. Pas à court terme, mais pourquoi pas après mes études. » L’exemple tout proche d’une certaine Myriam Djekoundade, qui fut sa coéquipière chez les Berruyères, a de quoi inspirer…

 

Devenir d’abord « une vraie joueuse de Nationale 1 »

 

Pour l’heure, Euzhann Lerandy doit d’abord se frayer une place au troisième échelon français. « Je dois encore me former parce que je ne suis pas une vraie joueuse de Nationale 1. C’est cette optique-là qui m’a amenée à Ifs, dans la mesure où le club mise beaucoup sur la jeunesse. » Sur le papier, la transition n’en sera que plus simple avec la Nationale 2 qu’Euzhann Lerandy a fréquentée durant deux saisons. « Ifs est un club qui prolonge la formation. C’est idéal de découvrir le niveau ainsi. » C’est toutefois un nouvel univers qui s’ouvre à l’intérieure, après un long passage dans le petit cocon d’un centre de formation. « On était couvées, tout était très bien organisé. » L’expérience restera un très beau souvenir d’ensemble, même si aucun titre n’est venu l’agrémenter. Avant de signer à Ifs, Euzhann Lerandy connaissait surtout Mondeville, bourreau en finale d’un championnat de France cadettes…

 

lerandy ent2 aout17

 

Avant de passer d’un monde à l’autre, la néo-ifoise s’est offert une année en Angleterre. Le basket n’était pas très loin, mais il n’était momentanément plus placé au rang des priorités. « J’avais mis l’accent sur mes études. J’ai eu une opportunité de partir, j’ai voulu la saisir. Je me disais que j’allais pouvoir reprendre le basket plus tard. J’ai quand même continué de m’entraîner, mais l’intensité n’était pas la même que celle que j’avais connue à Bourges. C’était une belle aventure, je ne regrette pas. » La demoiselle avait cependant « hâte » de reprendre le fil de sa carrière naissante, en continuant de la concilier avec ses études. À la rentrée, elle débutera un master de droit à l’université de Caen. « Pour l’instant, je tiens à mon double projet. Je vais d’abord finir mes études, et je verrai ensuite. » L’emploi du temps est rythmé, mais tout semble être une question d’habitude pour celle qui se verrait bien avocate ou juriste d’entreprise.

 

« Un poste 4 moderne » selon son entraîneur

 

Partie de son île natale à 14 ans pour se lancer dans le basket, pourvue d’une année d’avance dans sa scolarité, Euzhann Lerandy ne perd pas de temps. Elle n’a pas tardé à le démontrer aussi au CB Ifs. « Elle prend sa place dans le groupe petit à petit, précise l’entraîneur Morgan Debrosse. Elle commence à montrer à l’équipe ce qu’elle est capable de faire. En passant d’un championnat espoir à un championnat senior, il y a une marche à franchir. » Euzhann Lerandy pourra s’appuyer sur les qualités qui la distinguent pour y parvenir. Intérieur mobile, au goût prononcé pour le shoot à mi-distance, elle tournait à quasiment dix points et six rebonds par match lors de sa dernière saison de Nationale 2, en 2015-2016. « C’est une poste 4 moderne, qui a un vrai tir à deux-trois mètres et qui sait aussi shooter à trois points, poursuit son entraîneur. Elle a une grande envergure en défense, où elle met beaucoup d’intensité, et une présence intéressante au rebond. »

 

Ce soir (20h00 à Cagny), la Martiniquaise se frottera à une solide équipe de Nationale 2, Alençon. Pour elle comme pour ses coéquipières, la rencontre amicale constituera un premier révélateur quant au chemin parcouru depuis la reprise. « On a fait le gros du travail physique lors des deux premières semaines, indique-t-elle. C’était très lourd mais ça a fait du bien. Là, on travaille plutôt l’explosivité sur le plan physique. En parallèle, le projet défensif commence à se mettre en place. » Cette saison encore, il sera un leitmotiv dans les rangs verts. Et la base de l’ambition discrète mais bien présente chez les Ifoises. « Une bonne saison, ça serait de réussir à jouer collectivement et de gagner tous les matchs. » Pour Euzhann Lerandy, le scénario parfait ressemblerait à des playoffs, un rôle important dans le groupe ifois, et un Master 1 à l’issue de la saison.

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