Regrets et fierté pour Ifs

22 avril 2017 Ecrit par 

Il y a deux semaines, le Club Basket d'Ifs était encore en lice sur deux tableaux, bien placé pour atteindre les playoffs et fraîchement qualifié pour la finale de la Coupe de France. Vendredi soir, le décor du prestigieux AccorHotels Arena n'a pas été le théâtre des rêves espéré mais celui d'une grande désillusion.

 

Le rêve ifois a fini par se transformer en petit cauchemar. Une deuxième mi-temps de trop faible facture a eu raison de Normandes pourtant bien entrées dans la rencontre. Neuf points marqués dans le troisième quart, onze dans le dernier, plus le moindre panier inscrit après la 34ème minute... les chiffres en disent long sur le manque d'efficacité ifois après la mi-temps. Les 23 points du premier quart, qui avaient rapidement permis de combler le handicap de sept points correspondant à la division d'écart, étaient déjà très loin. Ifs, si solide en défense en cette saison, est retombé dans des travers parfois observés sur le plan offensif. C'est bien sur ce plan que la différence s'est opérée. « Leur défense 2-2-1 nous a beaucoup dérangées, estime Didier Godefroy. Elles étaient très agressives. » Résultat, Ifs n'a pas été en mesure de déployer son jeu habituel, tombant dans un faux rythme à mesure que le match avançait. Mais avant toute chose, c'est bien l'adresse qui a fui les Vertes. Le 0/14 observé à trois points est on ne peut plus révélateur des maux du jour. « Dans un match où on est aussi peu adroit – une catastrophe dans ce domaine – il faut pouvoir proposer une autre forme de basket », poursuit l'entraîneur ifois.

 

L'autre forme de basket évoquée qu'Ifs n'est pas parvenue à appliquer ? « Être plus agressif, provoquer les fautes, aller chercher des paniers faciles. On a été en difficulté par rapport à ça. On est resté dans nos standards, on a voulu continuer à faire confiance en notre adresse qui nous a fui tout le match. L'adresse est quelque chose de réversible. Malheureusement, tout le monde a été touché. » Ifs n'est allé chercher que huit lancers-francs (5/8) quand Monaco, pas non plus exceptionnel d'adresse, en a obtenus 21. L'autre différence, c'est bien sûr à trois points qu'elle s'est faite. Au 0/14 d'Ifs en la matière, Monaco a répondu par un 7/16. Les Monégaques ont été presque aussi adroites à trois points (36 % contre 37 %). Ifs s'en sort avec un 46 % respectable à deux points, mais insuffisant au regard des autres paramètres. C'est bien l'adresse qui lui a fait défaut. « J'ai eu beau leur demander de faire preuve d'agressivité, ce n'était pas l'idée majeure. On a plutôt remis la balle à l'arrière. Mais quand une position de tir est ouverte, je comprends qu'elles la tentent. » C'est bien là que le bât a blessé : des tirs ouverts, Ifs en a eus. « On peut être maladroit, ça arrive, mais ça ne doit pas jouer sur le résultat final, déplore Anaïs Deyres. On a fait quelques petites erreurs défensives, ça pèse lourd à la fin. »

 

djekoundade monaco 1617

 

« Arriver ici est déjà une grande fierté »

 

Son entraîneur ne partage pas totalement le point de vue. Ce n'est en tout cas pas dans ce secteur que le match a basculé. « On s'est appliqué à défendre au maximum tout au long du match. Globalement, les joueuses ont su répondre assez rapidement aux problématiques de Monaco. Malgré cette difficulté en attaque, le match s'est joué dans les trois dernières minutes. On s'est mis à jouer très court. Monaco a mis deux paniers qui ont fait qu'on ne croyait plus en notre capacité de gagner. » C'est bien dans ce money time mieux géré par les Monégasques, et surtout très mal maîtrisé par les Vertes, que Monaco l'a emporté. « Dans le dernier quart, on est resté sept minutes à égalité ou presque, rappelle Anaïs Deyres. On était dans l'idée de défendre fort, de rester sur ce qu'on avait mis en place et qui avait plutôt bien marché. En attaque, on se dit qu'on doit prendre le temps mais on prend les tirs ouverts. À trois minutes de la fin, c'est frustrant. Des petites erreurs, ça paye cash, parce qu'il y a de sacrées joueuses en face. On y croit jusqu'à vingt secondes de la fin. On n'a jamais lâché mais ça ne l'a pas fait. La force du groupe fera qu'on se relèvera et qu'on reviendra ici. »

 

Anaïs Deyres, malgré la déception, essayer de relativiser. « Arriver ici aujourd'hui est déjà une grande fierté. Il ne faut pas l'oublier. C'est dur de perdre aujourd'hui mais on a fait une excellente saison. On s'est battues jusqu'au bout. On mettra du temps à l'oublier parce qu'on est passées tellement près que c'est très frustrant, mais dans quelques mois on se souviendra de la très belle aventure humaine qu'on a vécue. » Et l'intérieure aux seize points hier soir de poursuivre : « au début de l'année, personne ne nous voyait là. Il ne faut pas l'oublier. C'est dur mais c'est le sport. Ce sont les montagnes russes de l'émotion. » Il n'empêche, ce match, « tout le monde va le refaire une vingtaine de fois au minimum. On aura toutes des regrets, des actions où on aurait dû faire autre chose, d'autres choix, mais malheureusement on ne le rejouera pas ce match... » La saison est terminée pour Ifs, troisième de sa poule en championnat, à égalité de points avec les deux premiers, et donc finaliste malheureux de la Coupe de France.

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