Julie Legoupil, une pige pour le plaisir

05 septembre 2016 Ecrit par 

C'est un joli coup qu'a réalisé le Club Basket d'Ifs. Quelques jours après la blessure de Kirsten Jeter, victime d'une rupture partielle du tendon d'Achille, il annonçait le recrutement pour trois mois de Julie Legoupil. Bien connue du basket régional, l'arrière vient boucler la boucle en Nationale 1.

 

Neuf ans après son départ de Normandie, Julie Legoupil est de retour ! La pétillante arrière d'1m73 s'est engagée pour trois mois en faveur du CB Ifs. Elle va remplacer, durant ce laps de temps, Kirsten Jeter. Pour les dirigeants ifois, qui n'étaient pas en capacité financière de trouver un joker médical à leur américaine, c'est une superbe aubaine. Pour la joueuse, qui avait décidé de raccrocher à l'issue de la saison passée, c'est l'occasion de vivre une nouvelle aventure humaine. « Je n'avais pas forcément envie de repartir sur une année complète, mais tout s'est bien goupillé pour que je vienne dépanner, puisque j'étais en vacances dans la région et que je n'avais pas encore de travail », explique la néo-ifoise. Son arrivée, pourtant, ne s'est pas produite d'un coup de baguette magique. Élodie Pelissou a fait le lien, et la brune n'a eu aucun mal à convaincre la blonde. L'envie a vite pris le pas sur le reste. « J'avais décidé d'arrêter le basket parce que j'avais l'impression d'avoir fait le tour de tout, confie l'intéressée. Mais je retrouve ici ce que j'ai toujours aimé, le travail dans la bonne humeur et une équipe saine. »

 

À 31 ans, la native de Caen a une idée précise de ses priorités. Celles-ci ne sont contenues ni dans les statistiques, ni même dans les performances individuelles. « Je n'ai jamais joué au basket pour ça, affirme-t-elle. Je joue pour vivre des bons moments avec mon équipe. » Par chance, talent, ou travail, à moins que ce soit un peu des trois, l'un n'a pas été sans l'autre. Quand elle a cru refermer sa carrière à Charnay au printemps dernier, Julie Legoupil pouvait observer avec fierté le chemin parcouru depuis ses débuts à Ouistreham jusqu'à ses années de Ligue féminine. « Je n'ai aucun regret quant aux choix que j'ai faits », souligne-t-elle. Lancée très tôt dans le grand bain de l'élite par Hervé Coudray quand elle était encore lycéenne, Julie Legoupil s'est d'abord fait remarquer sur le parquet de la Halle Bérégovoy. La pensionnaire du centre de formation y a gagné ses galons, doucement mais sûrement. C'est pourtant à Mondeville qu'elle a pris sa première décision forte. Ça ne serait pas la dernière.

 

« Le plaisir avant l'ambition »

 

Malgré un temps de jeu en constante progression et des responsabilités accrues, qui lui valent de tourner à 5,6 points de moyenne en 2005-2006, la demoiselle décide de tout plaquer. Retour à la case départ. Ouistreham, ses longues plages de sable fin, ses touristes par milliers, sa pêche à la moule et... ses basketteuses, vainqueurs du Trophée Coupe de France en 2007. Le projet de montée en N1, également visé, n’ayant pas abouti, Julie Legoupil donne un nouveau tournant à sa jeune carrière. Elle prend la direction de Lyon, où elle connaîtra deux montées en Nationale 1 et Ligue féminine. « Lyon, c'est le club que je retiendrai dans ma carrière. Et Pierre Bressant, l'entraîneur. » La page se tourne en 2012. Direction la Ville Rose, mais pas la Ligue 2 imaginée (« j'avais signé en février-mars et elles avaient trouvé le moyen de monter », s'amuse-t-elle). À Toulouse, Julie Legoupil passe une année de plus dans cette LFB qui ne lui correspond pas tout à fait. Le rôle majeur qu'elle joue avec le TMB n'y change rien. « Jouer en Ligue 1 n'a jamais été un objectif pour moi. J'ai fait passer le plaisir avant l'ambition. »

 

Après une saison à Toulouse, comme co-capitaine, l'arrière décide de retourner en Ligue 2 du côté de Charnay. Elle y passera trois années, tournant à 12,1 points de moyenne en 2013-2014 avant de diminuer son rendement et de connaître même une première relégation. « La saison dernière a été ultra-compliquée compte tenu des résultats. Cela a engendré un cercle vicieux. » Et la fin prévue de longue date n'est pas sans laisser un petit goût amer. « Terminer sur une descente me laisse beaucoup de regrets, mais ça fait des années que je sentais que je n'avais plus la même passion qu'avant. C'est la vie de groupe qui m'a fait continuer. Et c'est le groupe d'Ifs qui me fait reprendre. » Atypique jusque dans son shoot, consciente d'avoir été « au bon endroit au bon moment », Julie Legoupil reste finalement fidèle à elle-même, promenant sa joie de vivre là où on ne l'attend pas forcément. L'hyperactive qu'elle est a su se frayer son propre chemin. « J'ai toujours eu besoin de faire autre chose que du basket, ce qui s'est parfois ressenti dans mes performances. » Après avoir été professeure d'EPS pendant deux ans, et avant d'y revenir, la trentenaire a changé de direction en se lançant dans la rénovation d'appartements. Et si elle se tâte sur la suite immédiate qu'elle donnera à sa carrière professionnelle, elle sait déjà que c'est à Lyon qu'elle l'écrira.

 

De l'ambition pour Ifs

 

La parenthèse ifoise n'en reste pas moins prise très au sérieux. « J'ai envie de me concentrer sur le basket et de le faire correctement. Je viens dans l'optique d'aider l'équipe à réaliser le meilleur début de saison possible. Je sais que je championnat est assez relevé. Beaucoup d'équipes joueront le haut de tableau, dont Ifs. Il faudra se battre pour atteindre les playoffs. » Julie Legoupil, elle, sera attendue dans son registre de shooteuse, sa lecture du jeu et son expérience du haut niveau. « Je vais devoir retrouver le sens du panier. Cependant, l'équipe est dangereuse à tous les postes. C'est très homogène et tout le monde sera capable d'apporter en matière de scoring. J'ai confiance. Le jeu est ultra-plaisant, avec une grande liberté offensive, et le recrutement a été intelligent. Les petites jeunes sont talentueuses et bosseuses. » Des "petites jeunes" sûrement moins fofolles que leur aîné, qualifiée de « rayon de soleil » par Anaïs Deyres, et jamais la dernière lorsqu'il s'agit de s'amuser. Presque une décennie après son départ de Normandie, Julie Legoupil est de retour. La boucle est bouclée.

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