Basket. L’Orléanais Thomas Cornely a bien grandi

02 décembre 2017 Ecrit par 

Ce soir, le Caen Basket Calvados défiera le leader invaincu de Pro B, Orléans. Formé en partie chez le club relégué de Pro A, Thomas Cornely s’attend à des retrouvailles particulières dans le Loiret. Devant famille et amis, le meneur de jeu caennais tentera de confirmer son excellent début de saison.


En six matchs, un seul joueur de Pro B a délivré plus de passes décisives que lui. Thomas Cornely est le meilleur symbole de l’épatant début de saison réalisé par son équipe. Le meneur de jeu du Caen Basket Calvados tourne à 7,8 assists par match depuis le coup d’envoi de la saison, auxquels s’ajoutent 10,8 points et 5,1 rebonds. Tout bonnement exceptionnel. En comparaison, Thomas Cornely s’était limité la saison dernière à un peu plus de 4 passes décisives, 8 points et 3 rebonds à chacune de ses sorties. Certes, la phase aller relativement quelconque avait terni l’ensemble, mais même dans sa meilleure période le joueur de 26 ans n’était pas aussi performant. « C’est une petite surprise, mais en fait je suis dans la continuité de la saison dernière, précise l’intéressé. Même en étant monté de niveau, je reste sur cette lancée. Ce qui me fait plaisir, c’est que mes débuts d’année sont souvent plus compliqués. J’aime bien voir où je mets les pieds, j’essaie de ne pas être trop imposant d’entrée dans mon jeu... C’est généralement en deuxième partie de saison que je suis vraiment bien, y compris physiquement. Ça fait plaisir d’avoir ce rendement directement. »

 

Une surprise ? « Oui et non », répond Hervé Coudray

 

En laissant les rênes du jeu à Thomas Cornely malgré l’accession en Pro B, Hervé Coudray prenait un petit risque. Mesuré certes, puisqu’il avait pu voir le garçon à l’œuvre pendant un an, mais bien réel toutefois. Thomas Cornely, très tôt informé du statut de numéro 1 qui lui était octroyé, rend pour l’instant à merveille la confiance qui lui a été accordée. « Est-ce que c’est une surprise de le retrouver là ? Oui et non, répond l’entraîneur caennais. Oui parce qu’on a changé de division, non parce qu’il avait déjà passé plusieurs caps de janvier à avril. Je ne regrette pas de lui avoir donné sa chance. Il emmène l’équipe dans son sillage. » Le CBC a vérifié le gagnant-gagnant qui lui sied si bien ces dernières années. En se voyant confirmé au poste de meneur titulaire, Thomas Cornely a puisé des ressources supplémentaires. « Il y a toujours un petit doute en fin de saison, dit-il. C’est plus facile de prendre un américain. Mais non, le staff et les dirigeants sont restés sur leur ligne de conduite. Quand ils me l’ont annoncé, j’ai senti une vraie bouffée d’oxygène. "P…, c’est cool ! C’est peut-être mon tour, c’est mon moment." Je leur suis vraiment reconnaissant. »

 

Cette reconnaissance, Thomas Cornely en a fait une force. Le carburant du meneur, c’est l’affectif. « Je suis très famille, peut-être que j’ai la même approche dans mon équipe. Quand t’as des bons gars comme ça… Je me dis tous les jours que c’est incroyable de vivre du basket. Pourquoi se prendre la tête ? Autant venir avec le smile, et ça se passera bien. » Le sourire, Thomas Cornely l’a et le donne. L’ancien joueur de Blois, deux fois champion de France de Nationale 1 avant de revenir par la grande porte en Pro B, montre la voie à suivre sur le terrain comme en-dehors. Il se nourrit aussi de l’atmosphère générale. « L’état d’esprit collectif m’aide. Si tu fais un shoot ou une passe un peu dure, personne ne va te regarder de travers et te faire une réflexion. Tout le monde a confiance en tout le monde. On se sert les coudes. » Les Caennais jouent libérés et surfent sur la superbe dynamique qui est la leur en 2017. Thomas Cornely le démontre match après match, lui qui s’est fendu de 14 passes décisives contre Roanne d’après la feuille de statistiques. « C’est ouf ce que je vis cette année. Comme quoi, ça va vite… Mais justement, je garde la tête froide et je ne me repose pas sur mes lauriers. C’est allé vite dans ce sens-là, mais j’ai galéré avant. Les périodes noires arrivent souvent sans qu’on sache pourquoi. À moi de rester concentré. »

 

« Un bonheur de vivre ça »

 

Ce soir, Thomas Cornely affrontera le club phare de son Loiret natal, Orléans. Il y a dix ans, il en était recalé aux portes des cadets France. Trop petit, lui avait-on dit. Le numéro 8 du CBC a bien grandi depuis, mais les retrouvailles au Palais des Sports d’Orléans auront un goût forcément particulier. « Ça fait bizarre de revenir à Orléans dans ce contexte. Je reçois plein de messages. Mes amis, ma famille seront là. Ils savent d’où je viens. Ils suivent ma saison. On est troisième, on va jouer contre les premiers, à Orléans. Il y a une petite attente, mais il ne faut pas que je me mette trop de pression. En tout cas, j’espère que ce sera de la bonne pression. » Dans le public, Thomas Cornely cherchera des yeux sa « petite maman », qui l’emmenait voir les pros jouer quand il était encore enfant. « C’est un bonheur de vivre ça », glisse-t-il l’œil pétillant. Mais comme l’appétit vient en mangeant, Thomas Cornely ne s’en contente pas. « Si on pouvait gagner, ça serait ouf. Les premiers qui feront tomber Orléans, surtout là-bas, feront parler d’eux. On a un peu parlé de nous après notre victoire sur Roanne. Si on arrive à faire pareil à Orléans, il peut y avoir un petit "buzz" autour de Caen, le promu qui bat les gros. Pourquoi pas ! »

 

Pour gagner, surtout sans BJ Monteiro – dont la moyenne de passes décisives par match est supérieure à la sienne –, Caen aura de nouveau besoin d’un Thomas Cornely performant. Serein depuis le début de l’exercice, très solide dans le money time, le jeune homme est le baromètre de son équipe. « Il peut encore améliorer certaines choses, mais s’il est capable de conserver le même niveau sur toute la saison, ce serait quelque chose d’exceptionnel », juge Hervé Coudray. Thomas Cornely s’en satisferait aisément mais ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. Il aspire à poursuivre sa progression. « Je dois être plus constant dans mon shoot à trois points. Plus on monte de niveau, et plus on est mis dans des petites cases : lui va être un joueur un peu plus défensif, lui est capable de driver fort, lui est capable de shooter… Je pense être un peu bon partout, mais j’aimerais bien avoir une force. J’aimerais bien qu’on se dise "lui, si on le laisse à trois points, c’est dedans". Ça se travaille, mais ce n’est pas facile. » Le chemin parcouru laisse à penser que Thomas Cornely aurait tort de ne pas continuer à regarder toujours plus haut.

 

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