Basket. Bastien Vautier grandit (très) vite

21 août 2017 Ecrit par 

Désireux de s’inscrire dans la stabilité, le Caen Basket Calvados n’a recruté que deux joueurs français cet été, aux côtés de trois étrangers. Parmi ces deux JFL (joueurs formés localement) de moins de 23 ans figure Bastien Vautier. À 18 ans, l’intérieur de 2,10 mètres n’a que cinq ans de basket derrière lui. C’est pourtant un des grands espoirs du basket français.

 

 

Bastien Vautier n’a pas pour habitude de gravir les échelons un par un, mais de sauter les marches quatre par quatre. Un an après sa découverte du basket au dernier niveau départemental minime, il se frottait au championnat de France cadets. Deux ans après sa rencontre avec la balle orange, il intégrait le très réputé centre de formation de Nancy. Trois ans plus tard, il lance à Caen sa carrière professionnelle.

 

Bastien Vautier est un jeune homme pressé à qui rien n’a résisté jusqu’à présent. Champion d’Europe U18 la saison dernière avec l’équipe de France, septième du Mondial U19 cet été avant de décrocher le bronze à l’Euro U20 où il était surclassé, le grand échalas avance à toute vitesse dans le paysage basketballistique français. Sa formation est un condensé de cinq ans, qui intègre même une dernière année passée au contact des pros nancéiens, et un match en Pro A. L’histoire a débuté à l’âge de 14 ans, quand un camarade de classe lui a proposé une place dans la raquette de son équipe. « Il m’a dit : "t’es grand, on a besoin d’un intérieur, viens avec nous" », se remémore l’étudiant en STAPS.

 

Foot, tennis, natation…

 

Jusqu’alors, les seules raquettes que Bastien Vautier avaient connues étaient celles qu’il utilisait pour jouer au tennis. Issu d’une famille sportive, mais très éloignée du basket, il avait joué sept ans au tennis, pratiqué la natation pendant quatre ans et signé trois licences de foot. « J’ai fait jusqu’à quatre sports en club au même moment, s’amuse-t-il. Quand j’étais au collège, chaque jour je changeais de sport. » Grand sportif et grand garçon, Bastien Vautier attendait son premier rendez-vous avec le basket pour connaître le grand coup de foudre. « Quand j’ai commencé le basket, je n’arrêtais plus. Jusqu’à 22h00, j’étais au stade en train de jouer. »

 

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Un gabarit, un vécu déjà solide dans le sport et beaucoup d’envie : tel était le profil du néo-basketteur à l’orée de sa carrière carrière. « Comme j’étais grand, on m’a proposé de venir faire un stage à Paris, raconte-t-il. J’y suis allé. Là-bas, on m’a dit qu’il fallait que j’aille en centre de formation. J’y suis allé. Au début, j’avais beaucoup de mal. Je suis arrivé sans les fondamentaux, alors que les autres faisaient du basket depuis toujours. Il a fallu bosser plus que tout le monde. » Bastien Vautier a aussi travaillé hors du terrain, lui qui pesait 75 kg pour 1,95 mètres à son arrivée en Lorraine. « Dès ma deuxième année à Nancy, je ne sentais plus mon retard. »

 

« Plus grand-chose à faire » chez les espoirs

 

Trois ans après sa signature au centre de formation, Bastien Vautier remet le cap à l’ouest, mais pas pour la Seine-et-Marne où il a enfilé ses premiers paniers. C’est à 250 kilomètres de sa ville natale, Noisy-le-Grand, qu’il a posé ses bagages. Bastien Vautier, toujours contractuellement lié à Nancy, s’est engagé en prêt pour une saison à Caen. Une histoire d’opportunité qui puise ses racines dans l’été bleu blanc rouge du pivot. « Nancy descendait, donc l’ambiance était bizarre là-bas, raconte-t-il. En espoir, on a terminé champions de France en perdant un seul match l’année dernière. Je pensais que je n’avais plus grand-chose à y faire, même si c’est un bon niveau. Je me suis dit que j’avais passé un cap et qu’il fallait que je continue dans ce sens. » Celui qui tournait à 12,6 points et 8,6 rebonds la saison dernière en championnat de France espoir aspirait à plus haut.

 

L’international voulait découvrir le monde des grands, plus petits que lui, mais bien plus expérimentés. Pro B ou N1, le choix n’était pas arrêté. La rencontre avec Hervé Coudray, sélectionneur de l’équipe de France U19, a alors fait la différence. « Quand j’en ai parlé avec lui, il m’a dit qu’il avait une place pour moi. » De leur côté, les dirigeants et coachs nancéiens s’étaient montrés favorables à un prêt de leur poulain. « J’avais plus de chances de jouer à Caen qu’à Nancy. C’est la raison pour laquelle je suis venu ici. » Le gros secteur intérieur proposé par le Caen Basket Calvados, où cinq joueurs tenteront de gagner leur place sur le parquet, promet toutefois une concurrence de taille. Mais le profil différent de Bastien Vautier, plus grand que tous ses nouveaux coéquipiers, constitue une chance à saisir. « S’il pouvait avoir dix minutes de temps de jeu, ce serait une bonne chose pour lui », estime Hervé Coudray.

 

« Être à 100 % »

 

Bastien Vautier, lui, ne pense qu’à « grappiller des minutes ». « À 18 ans, tu n’as pas trop le choix, il faut commencer quelque part », sourit-il. Pour éviter de commencer trop longtemps sur le banc, l’espoir du basket français a un plan très clair : « il faut que je me donne à fond. Je dois être à 100 % à chaque entraînement et à chaque séance de musculation ». Une volonté qu’il entend aussi traduire dans sa vie quotidienne via la fameuse préparation invisible. « J’essaye toujours d’être au max, de bien manger, de bien dormir… On verra où cela me mènera. »

 

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Avec la fraîcheur de celui qui a commencé sur le tard et pour qui tous les rêves sont possibles,  Bastien Vautier refuse de se mettre des limites. Les plus grandes compétitions sont dans un coin de la tête, mais la sagesse n’est jamais très loin. « Forcément, tu penses à la NBA, à l’Euroligue, mais tout ça c’est encore loin. Je suis en Pro B pour le moment. Il va d’abord falloir que j’arrive à être un bon joueur de Pro B, puis de Pro A, et prouver au fur et à mesure ce que je peux faire. Je veux aller aussi haut que possible. » À Caen, Bastien Vautier espère « prendre quelques kilos (il pèse 105 kg, ndlr), gagner en explosivité et en vitesse, et améliorer [son] tir », domaine qui apparaît toutefois parmi ses points forts. Réputé pour ses bonnes mains et une mobilité intéressante compte tenu de ses 2,10 mètres, Bastien Vautier est plus en difficulté sur le plan de la vitesse. Pas illogique au regard de son gabarit. La marge de progression laisse à elle seule entrevoir de belles promesses.

 

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