craf2s sportacaen v2 4

Hervé Coudray entre soulagement, fierté et ambition

10 avril 2017 Ecrit par 

Le Caen Basket Calvados a appris samedi soir en temps réel sa montée en Pro B. Pour ce club jadis parmi les plus grands de France, ce retour dans le monde professionnel, sous l’égide de la Ligue Nationale de Basket, est un accomplissement. Hervé Coudray, à la tête de l’équipe depuis quatre ans, a joué un rôle majeur dans les deux promotions obtenues.

 

Hervé Coudray ne savait plus où donner de la tête, samedi soir. Devant ses yeux, il y avait un Mondeville – Villeneuve qui, malgré l’intérêt qu’il revêtait, ne pouvait capter totalement son attention. Derrière le téléphone portable de l’entraîneur caennais, deux autres matchs se disputaient à distance et exigeaient un passage constant de l’un à l’autre sur le live stats de la FFBB. Il y avait d’un côté Souffelweyersheim – Vitré, futur adversaire du CBC en quête de maintien, de l’autre, Sorgues-Avignon – Quimper, autre candidat à la survie en Nationale 1. « Les deux matchs étaient extrêmement serrés. Le pire scénario était que Vitré gagne à Souffel’ et que Quimper fasse de même à Sorgues-Avignon. Vitré aurait eu le couteau entre les dents samedi prochain contre nous. Mais le plus important était Quimper. » Cela, Caen l’avait d’autant mieux perçu que le déplacement des Finistériens à Avignon prenait toutes les apparences du match piège, entre une différence motivationnelle évidente et quelques absences majeures dans les rangs visiteurs.

 

« C’est un peu bizarre de monter de cette manière »

 

C’est donc dans cette Halle Bérégovoy qu’il connaît si bien qu’Hervé Coudray a appris la promotion de son équipe en Pro B. Un beau symbole et un superbe succès accueilli d’abord avec « soulagement » et, forcément, une pointe d’émotion. « On réalisera vraiment quand on aura fait le dernier match, précise l’entraîneur caennais. On pourra alors communier avec nos supporters. Là, c’est un peu bizarre de monter de cette manière. On a fêté ce titre sans avoir fait de match. » Hervé Coudray voulait éviter de se faire coiffer sur le poteau, conscient qu’il aurait été « difficile de relancer la dynamique si on n’avait pas terminé premier », il a été exaucé. Le contexte caennais, avec le nez cassé de Thomas Cornely et le poignet en vrac de BJ Monteiro, l’incitait à une certaine méfiance. « Il fallait faire gaffe. » Le souvenir de 2014 et la N1 manquée sur un incroyable tir au buzzer ne sera jamais oublié par le breton. « On a été marqué… »

 

Le CBC a pourtant rattrapé allègrement le temps perdu cette année-là, année du grand contraste entre une saison régulière parfaite (une seule défaite) et des playoffs ratés. La saison suivante fut celle de l’accession en Nationale 1. Deux ans plus tard, Caen frappe aux portes de la Pro B. « Je suis d’abord soulagé parce qu’on nous avait donné l’étiquette de favoris cette saison, il y avait une pression supplémentaire. On savait qu’on avait les armes, mais il fallait arriver à jouer ensemble. Dans tous les sports collectifs, les meilleurs joueurs ne forment pas forcément la meilleure équipe. » Caen l’a bien constaté en première partie de saison, notamment au travers des six défaites concédées entre septembre et décembre. Il a suffi d’un coup de dé ou presque pour que tout change. Le remplacement de Darko Cohadarevic par Justas Sinica a été le point de départ d’un renouveau spectaculaire. Derrière, Richie Gordon et Thomas Cornely sont sérieusement montés en régime, et le CBC n’a plus présenté le même visage.

 

« On n’a pas volé notre titre »

 

« Depuis janvier, on a montré qu’on méritait de finir premiers. Notre seule défaite a été subie à l’extérieur de quelques points et en terminant le match sans Thomas Cornely. Contre Quimper, on a ensuite parfaitement contrôlé. Après cela, l’équipe a été capable de jouer sans son coach, en étant juste et en maîtrisant. Elle a fait du bon boulot. On n’a pas volé notre titre. » Qui aurait pu attendre le Caen BC dans ces hauteurs il y a seulement trois mois de cela ? Critiqué en première partie de saison, Caen suscitait plus de doute que d’espoir. Le jeu n’était pas là, les résultats non plus. « Tout le monde a le droit d’avoir son avis, poursuit Hervé Coudray sans sourciller. Si on a fait ces choix, c’est qu’on avait des idées bien précises. Elles ont été vérifiées. » Le meilleur symbole est peut-être BJ Monteiro, fantomatique en préparation, inarrêtable en compétition. L’Américain s’est même fendu d’un énorme match face à Rueil (22 points, 7 passes, 7 rebonds) avec une fracture au poignet (os pyramidal) et, de ce fait, une main droite partiellement bloquée par le strap. « C’est un guerrier. Il a décidé de ne pas se faire plâtrer pour pouvoir jouer la fin de saison. » À son image, les Normands ont su trouver les ressources pour alimenter la flamme.

 

coudray quimper 1617

 

Hervé Coudray pourtant le reconnaît lui-même : « l’objectif n’était pas de jouer les playoffs. On n’avait pas directement pensé qu’on allait finir premiers. On voulait terminer en haut de tableau dans l’optique des playffs. Finir premier, c’est au-dessus de ce qu’on avait imaginé. On a commencé à y penser quand on a commencé cette fabuleuse série (treize victoires consécutives, ndlr), grignoté notre retard et vu que nos rivaux laissaient des points en route. » Caen revient en Pro B vingt ans tout pile après l’avoir quittée sur une relégation sportive et administrative qui l’avait mené jusqu’en Nationale 3. Les Caennais s’en étaient extraits deux ans plus tard, avant de végéter de longues années à l’étage du dessus. L’arrivée d’Hervé Coudray, dans le sillage du rapprochement entre Nicolas Batum et Thierry Godfroy, a tout changé. Le CBC a de nouveau eu les moyens de ses ambitions et un homme pour les conduire. « La Pro B, c’était le projet, rappelle l’ancien mondevillais. On ne voulait pas s’éterniser en Nationale 2 ni en Nationale 1. Deux ans en N2, c’était beaucoup trop. Deux ans en N1, c’est la partie haute de l’objectif. Si on avait fait une troisième année, ça n’aurait pas été scandaleux. On a fait le taf, avec un peu de chance aussi. C’est la récompense du travail accompli. »

 

« L’ambition est de rejoindre la Pro A »

 

Une récompense collective, d’abord, mais aussi personnelle. Travailleur acharné, Hervé Coudray voit apparaître une ligne de plus dans son palmarès. « Il y a de la fierté d’avoir été capable de faire remonter ce club en Pro B après vingt ans, concède-t-il. Faire monter Rennes de Nationale 2 à la Ligue féminine, faire évoluer Mondeville, passer de la Nationale 2 à la Pro B avec Caen, c’est bien. Je suis content, mais j’ai été accompagné par les dirigeants dans cette démarche. Ils m’ont donné les moyens de réaliser ça. » Rêvent-ils déjà de nouvelles ambitions ? « Je pense que pour les dirigeants, la Pro B est encore une étape. L’ambition est de rejoindre la Pro A. » Passé sous le giron de la LNB, Caen sait toutefois que la priorité est de « structurer le club pour se stabiliser à ce niveau ». Le nouveau cahier des charges qu’il a probablement commencé à décortiquer est extrêmement dense. Dès lors, la montée rapide en Pro B, deux journées avant la fin de la saison et sans passer par la case playoffs, est un gain de temps précieux. « C’est un avantage vis-à-vis de la recherche de budget de l’organisation du club. Il y a une tonne de travail à faire. Plus on s’y prend tôt, mieux c’est. »

 

Dans cette "to do list", la question du futur staff est peut-être la première à régler. Hervé Coudray est en fin de contrat. Aucune discussion n’a encore été engagée, mais cela ne devrait plus tarder désormais. Derrière, la construction de la future équipe pourra suivre. « Il faut voir comment le budget va évoluer, et donc quelle équipe on pourra bâtir, pour se fixer des objectifs réalistes. » Après les efforts accomplis par les joueurs et leur staff sur le terrain, c’est aux dirigeants de mouiller la chemise. Cette saison, le budget moyen des clubs de Pro B est d’un peu plus de deux millions d’euros. Mais être dans la moyenne, Caen n’aime pas beaucoup ça depuis quatre ans.  

Parrain Rubrique - CBC

case septembre15    

Qui sommes-nous ?

Lancé en novembre 2009 par Aline Chatel, Sport à Caen est animé par une équipe de passionnés. Retrouvez bientôt le trombinoscope. 

Rejoindre l'équipe

Vous êtes passionné(e) de sport et souhaitez rejoindre l'équipe rédactionnelle de Sport à Caen ?

Contactez-nous : recrutement@sportacaen.fr

Devenir Annonceur

Vous êtes une entreprise et vous souhaitez communiquer sur le site Sport à Caen ?

Contactez-nous : commercial@sportacaen.fr

Nous contacter

Une demande de renseignement, une question, un commentaire, des idées à partager ? N'hésitez pas à prendre contact avec nous !

contact@sportacaen.fr