Ludovic Chelle : « On a toujours Quimper sur le dos »

14 mars 2017 Ecrit par 

Le Caen Basket Calvados s’est ouvert une voie royale vers le titre et la Pro B le week-end dernier. Au lendemain de sa large victoire sur Gries (95-68), Quimper s’inclinait d’un point à Andrézieux. Les Bretons sont désormais à deux victoires du leader caennais. Ludovic Chelle garde toutefois la tête froide, même s’il affiche aussi sa confiance dans l’équipe.

 

 

Ludovic, le rouleau compresseur a fait son effet contre Gries ?

Oui, le rouleau compresseur… On a réussi à faire des stops défensivement. Ils ont un peu le même plan de jeu que beaucoup d’équipes contre nous, garder la balle, nous empêcher de prendre du rythme. Sur le début de match, ils étaient présents physiquement. Nous, on avait du mal à les stopper. Ils ont mis quelques paniers avec un peu de chance ou au bout des 24 secondes. Dès qu’ils ont été un peu moins adroits, qu’on a pu courir un peu plus, on a réussi à faire l’écart.

 

Dès que la différence est faite, on sent que le match devient vite plié…

Sans se prendre pour plus beaux qu’on ne l’est, aujourd’hui notre équipe est meilleure que la leur. On a dix joueurs, eux n’ont pas un si bon banc, et c’est ce qui fait la différence. Quand ils ont commencé à être fatigués en face, nous on a pu faire entrer les joueurs du banc, et ils ont fait un très bon match, à l’image de Seb (Cape), Bryson (Pope) ou Mouss (Diarra). Ils ont été hyper bons. Derrière, on fait l’écart. Ce qui est dur contre nous, c’est que ceux qui rentrent sur le terrain derrière le cinq majeur sont aussi forts voire meilleurs. C’est compliqué à jouer.

 

On vous sent sereins, comment le perçois-tu de l’intérieur ?

C’est vrai qu’on est sereins, alors qu’on n’est pas tous toujours très bons. Après, on a quand même Richie (Gordon) sur un nuage en ce moment. Il joue un super basket. Il a enfin trouvé son rythme après les petits problèmes de dos qu’il a connus. Dès qu’on est dans le dur, Richie nous met un petit panier qui nous fait du bien. Si ce n’est pas Richie, c’est BJ (Monteiro). On sait que, quoi qu’il arrive, ça va passer à un moment. En début de match, j’étais un peu frustré parce que je n’avais pas de shoot ouvert. Mais je savais qu’à un moment, ils allaient m’oublier et que ça allait passer. On connaît notre basket, on ne stresse plus, on ne force plus grand-chose, on arrive à être patients et on reste sur nos bases défensives. Après, il n’y a plus qu’à attendre que l’adversaire craque.

 

Lors de notre dernière interview en décembre, tu appelais les supporters à la patience en disant qu’il était normal que la mayonnaise ne prenne pas immédiatement. La série actuelle te donne raison !

Oui, on a trouvé notre jeu, notre état d’esprit, cette ligne directrice. On s’y tient. On joue notre basket, on n’essaie pas de surjouer. Il suffit juste qu’on soit intenses en défense. Si c’est le cas, on sait que ça va aller en attaque. C’est vrai que j’ai demandé à ce qu’on nous laisse du temps. C’était alors brouillon. Chacun se cherchait. Tout le monde a trouvé ce qu’il voulait et ça nous réussit pour l’instant.

 

Treize victoires de suite dans un championnat aussi dense que la N1, ce n’est pas rien…

C’est vrai que c’est bien, mais je ne suis pas de ceux qui comptent les victoires d’affilée. J’ai envie de dire qu’on en est à zéro et qu’il faut gagner à Get Vosges. Si on continue, tant mieux, mais il faut se focaliser sur Get Vosges et pas sur les treize qu’il y a eues avant. C’est malheureux mais c’est la loi du sport. Ce que vous faites avant, tout le monde l’oublie. On l’a vu avec le PSG, tout le monde les décrie alors qu’ils ont fait un super match avant. Chaque match est un nouvel examen. Ces treize victoires nous mettent dans cette position, donc c’est bien, mais l’important reste le match qui vient.

 

« J’avais dit en début de saison qu’il faudrait sept défaites au plus pour monter. »

 

La défaite de Quimper pour permet de faire le break pour la première fois cette saison. Quel regard portes-tu là-dessus ?

On a deux victoires d’avance mais la situation reste un peu la même. Si on perd à Get Vosges et que Quimper gagne ensuite contre nous, on repassera deuxièmes. On ne va pas cracher dans la soupe, c’est bien pour nous que Quimper ait perdu, mais les choses peuvent aller très vite dans un sens comme dans un autre. Il ne faut pas qu’on pense à ce petit coussin. Tout ce qu’on a à faire, c’est de prendre match après match. Il en reste six, le challenge est de tous les remporter.

 

As-tu regardé le calendrier de Caen et Quimper en essayant de faire des pronostics ?

Sincèrement, non. Les gens vont penser que je m’en fous, mais j’essaie de contrôler ce que je peux, mon jeu et celui de mon équipe. Sincèrement, je ne pense pas que Quimper perdra beaucoup de matchs. J’avais dit en début de saison qu’il faudrait sept défaites au plus pour monter. À la trêve, on en était à six. On avait un joker. On reste dans notre plan de marche. Si Quimper perd une fois encore, la donne aura vraiment changé, mais là on les a toujours sur le dos. Tout ce qu’il faut, c’est garder notre basket, continuer à être sérieux, continuer à être appliqués, et ça devrait le faire.

 

Le Get Vosges n’a perdu que deux fois chez lui. Vous allez affrontez une des meilleures équipes de N1 à domicile…

Avec nous et Quimper, c’est une des meilleures équipes du championnat à domicile. Le dicton dit "jamais deux sans trois", j’espère qu’on sera le troisième ! Cela fait partie des matchs les plus durs qui nous restent. J’ai l’impression qu’on rencontre beaucoup d’équipes en forme en ce moment, à l’image de Gries chez nous ou d’Orchies là-bas. C’est une motivation supplémentaire. On a confiance en notre basket, les derniers résultats montrent qu’il est bon. Il faut faire ce qu’on a à faire sans ajouter plus de pression que celle d’un finish.

 

Un dernier mot sur le public, avec ce match encore à guichets fermés vendredi soir. Toi qui as connu beaucoup de choses dans ta carrière, est-ce que cela t’étonne ?

On m’a dit qu’ils refusaient des gens parce que c’était plein, c’est quelque chose. C’est impressionnant et ça fait plaisir. En fait, je ne m’en étais pas rendu compte avant [vendredi] soir. J’ai regardé les tribunes à un moment donné et me suis dit « wouah, ça fait du monde ! ». Il y a des gens qui m’appellent déjà pour avoir des places contre Quimper. Tant mieux s’il y a cette affluence. Nos résultats y contribuent, et les gens nous le rendent bien. Il faut continuer comme ça, continuer de le rendre sur le terrain. Je suis agréablement surpris. Même en Pro A, tout le monde n’a pas ça. Idem en Pro B. C’est une chance. On montre sur le terrain qu’on réalise cette chance. Et comme on le dit à Marseille, on mouille bien le maillot. 

Parrain Rubrique - CBC

case septembre15    

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